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Visiteurs curieux



16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 18:08

 

« Milord, la chambre de Milord est prête ! Il y a un bon feu dans la cheminée et aussi… une bouteille de très vieux brandy, juste au cas où Milord ne trouverait pas le sommeil tout de suite. »

- Merci, mon ami. Comment vous nomme-t-on ?

- Jenkins, Milord.

- Eh bien, Jenkins, votre attention me touche. Mais je pense que je n’aurai pas besoin de somnifère. Cette journée de voyage m’a littéralement épuisé, et je n’ai qu’une pensée, c’est de me glisser entre les draps !

- C’est que, Milord, de tels déplacements ne sont plus de nos âges, si je peux me permettre de donner mon opinion…

- Vous pouvez, Jenkins, vous pouvez ! Et je vous approuve totalement ! Le bateau, passe encore, car un véritable Anglais se doit d’avoir le pied marin… Mais les chemins de fer sont une invention du diable, en vérité ! Les banquettes semblent avoir été faites pour des galériens plutôt que pour des honnêtes gens et je me suis pris une escarbille dans l’œil !

- Je compatis, Milord, mais je puis assurer Milord que le climat de la verte Irlande saura lui faire rapidement oublier ces moments pénibles. Déjà, après une bonne nuit de repos, je suis persuadé que Milord se sentira bien mieux ! Quant à moi, je m’efforcerai de faire autant que possible comme mon maître l’a souhaité avant son départ.

- Ah ? Et qu’a donc souhaité de particulier mon vieil ami Trelawney ?

- Il a dit très exactement ceci, Milord : « Pendant mon absence, Lord Dufferin va venir séjourner ici. Son poste d’ambassadeur à Paris lui a donné tout le temps de se ruiner la santé à coups de bons repas, de champagne et de galantes compagnies. Il est urgent pour lui de mener une vie saine et reposante. »

- Tiens, tiens… Il a dit cela ?

- Il l’a dit, Milord, sauf votre respect ! Il a ajouté : « Lord Dufferin est pour moi comme un frère, en conséquence j’entends qu’il se sente ici chez lui et, à mon retour, si j’apprends que l’on a manqué à devancer un seul de ses désirs, je vous en tiendrai pour personnellement responsable, Jenkins, et je me ferai un devoir de vous botter les fesses ! »

- Diantre, Jenkins, il a vraiment dit cela ?

- Pour être précis, Milord, mon maître a employé une expression… plus rude. Il faut dire que, depuis tant d’années que je suis à son service, Monsieur a acquis avec moi un certain… franc-parler, si Milord voit ce que je veux dire !

- Je vois, Jenkins, je vois. Mais je suis tout à fait certain que tout ira pour le mieux ! Et maintenant, allons nous coucher.

- Bonne nuit, Milord !

- Bonne nuit, Jenkins !

Lord Dufferin, qui a effectivement tenu le difficile poste d’ambassadeur de la Couronne d’Angleterre à Paris, est venu, comme l’on dit, se refaire une santé dans la somptueuse demeure que son ami Trelawney, gentleman-farmer, a mise à sa disposition. Une magnifique propriété au milieu de la campagne irlandaise. Et, ainsi que vous venez de l’entendre, après une journée de voyage assez éprouvante pour quelqu’un qui n’est plus un jeune homme, Lord Dufferin vient de prendre congé du maître d’hôtel, un digne homme aux cheveux blancs. Ils se sont souhaité mutuellement une bonne nuit. Mais pour l’ex-ambassadeur, elle ne va pas être bonne, la nuit qui vient. Elle va même, autant vous le dire franchement, elle va même être abominable. La pire nuit que Lord Dufferin connaîtra jamais…

Ayant procédé aux ablutions d’usage pour un lord – qui doivent, sauf erreur, ressembler à celles du commun des mortels -, Sa Grâce revient dans la chambre. S’attarde devant la cheminée. Guigne du coin de l’œil la carafe de cristal plein d’un liquide ambré où les flammes jettent des reflets fauves. Sa Grâce se décide à céder à la tentation. Sacré Jenkins ! Il n’a pas menti : pour du vrai brandy, c’est du vrai vieux brandy ! Sur un dernier claquement de langue, Lord Dufferin se couche et s’endort presque aussitôt avec un sourire satisfait. Il se réveille en sursaut au milieu de la nuit. Il s’assied dans le grand lit et réalise qu’il est trempé de sueur. Il ne sait pas pourquoi son sommeil s’est interrompu, mais il se sent oppressé. Une allumette craquée au de-dessus de la table de chevet lui permet de lire trois heures au cadran de sa montre. Trois heures. Il faut absolument se rendormir. C’est sûrement ce verre de brandy. Il n’aurait pas dû le boire. Comme dirait Jenkins : « Ca n’est plus de nos âges ! » Lord Dufferin se rallonge et enfouit sa tête dans l’oreiller.

Le sommeil revient. Et avec lui, juste au moment de se rendormir vraiment, revient l’image qui a fait se réveiller Lord Dufferin en sursaut. Une image floue mais terriblement angoissante. L’image d’un homme qui vient du lointain et qui s’approche lentement. Lord Dufferin sait qu’il ne dort pas. Il ne dort pas, mais il est engourdi. Juste assez engourdi pour ne pas pouvoir bouger, et juste assez conscient pour avoir peur. Il se demande en même temps pourquoi il a si peur de cette image. Ce n’est après tout qu’un rêve. Lord Dufferin sait qu’il est en train de rêver. Dans son rêve, la silhouette ne cesse d’avancer – lentement. C’est peut-être cette lenteur qui me fait peur, pense le vieux lord. Pourquoi cet homme avance-t-il si lentement ? On dirait… on dirait qu’il porte quelque chose… Mais oui : il porte quelque chose ! Dans une seconde, guère plus, l’homme sera assez près, dans le rêve, et Lord Dufferin pourra distinguer ce qu’il porte ainsi sur son dos, et savoir ce qui lui fait si peur, instinctivement. Mais non, il ne le saura pas, car il vient de se réveiller à nouveau, de se rasseoir dans le grand lit, encore plus trempé de sueur que la première fois…

Lord Dufferin est plutôt soulagé d’être sorti de ce cauchemar, mais, au fond, il ressent une sorte de regret de n’avoir pas rêvé tout à fait assez longtemps pour distinguer ce que cette silhouette transportait sur son dos. En maudissant ce verre de brandy qui est probablement la cause de tout, le vieux lord se lève, revêt une robe de chambre molletonnée pour éviter un refroidissement, et donne un peu de lumière. Et puis, sans trop réfléchir, il tire les rideaux et ouvre la fenêtre. Il fait aussitôt un pas en arrière : le paysage du parc, qu’il aperçoit pour la première fois sous cet angle… : c’est exactement ce qu’il voyait dans son cauchemar, à l’instant ! Et la silhouette est là aussi, qui avance avec la même lenteur effrayante ! Le lord a beau se dire de toutes ses forces qu’il refuse cela, qu’il doit refermer cette fenêtre donnant sur l’absurde, quelque chose l’empêche de bouger. Maintenant, il voit en quoi consiste le fardeau : l’être qui est là, en bas, porte sur son dos… un cercueil ! Un vieux cercueil moisi… Lord Dufferin sait que le cercueil est moisi à cause de l’odeur prenante qui monte vers lui.  

A l’instant où elle passe sous la fenêtre, la créature lève la tête. Mais quelle tête ! Jamais Lord Dufferin n’a vu une telle laideur. C’est un amalgame de toutes les tares et de toutes les disgrâces que l’on peut imaginer, réunies sur une face humaine. A tel point que, plus tard, lorsque le vieil aristocrate racontera à quelques proches sa vision nocturne, il sera incapable de donner de ce visage une description cohérente. De même qu’il sera dans l’impossibilité de dire combien de temps l’apparition l’a regardé, ni comment elle s’est éloignée, ni encore de quelle manière il a regagné son lit. Il se souvient juste s’être éveillé au matin, avec dans la bouche un goût de cendres. Jenkins  lui souhaitait le bonjour en servant le petit déjeuner. Un rayon de soleil automnal entrait par la fenêtre et le parc ne ressemblait plus du tout à ce dont il avait l’air dans la nuit.

Lord Dufferin a posé au maître d’hôtel des questions détournées, mais il était pour ainsi dire certain à l’avance des réponses.

- Un cimetière dans les environs ? Certes non, Milord !... Un homme de peine ? La nuit ? Dans le parc ? Transportant quoi donc, Milord ? Une sorte de grosse caisse de bois ? Certes non, Milord : personne ne se risquerait dans le parc la nuit, à cause des chiens ! Oui, Milord : de gros chiens de garde, particulièrement féroces, que nous lâchons dans la propriété pour dissuade les rôdeurs !

Après les questions bizarres que Lord Dufferin pose ce matin-là, Jenkins ne s’étonne qu’à moitié de l’entendre demander que l’on prépare ses bagages et de le voir renoncer à son séjour à la campagne. L’ex-ambassadeur va rester plusieurs mois à tourner et retourner le souvenir de cette nuit sans oser en parler à qui que ce soit. Tant par crainte du ridicule que par une sorte d’inexplicable appréhension, assez inattendue chez un personnage peu enclin à la superstition et qui a beaucoup roulé sa bosse. Puis, un soir, chez des amis intimes, la conversation en vient à tourner sur les histoires de surnaturel, et Lord Dufferin, enfin, se délivre en quelque sorte de son secret. Tout se termine sur un grand éclat de rire, et des considérations très humoristiques du Lord lui-même sur les dangers du vieux brandy. Débarrassé de cet encombrant souvenir par cette confession, Lord Dufferin oublie son cauchemar…

Ou du moins le croit-il. Car voici qu’un jour ses activités diplomatiques l’amènent à Paris. On a réservé pour Lord Dufferin une suite dans un des palaces des plus confortables. Lord Dufferin, sa serviette de maroquin noir à la main, attend l’ascenseur que le bagagiste vient d’appeler. Autour du Lord, d’autres diplomates en chapeau melon ou en turban hindou emplissent le grand hall de marbre d’un brouhaha de voix distinguées. Mais soudain, pour Lord Dufferin, tout s’estompe, devient flou, comme éloigné d’une année-lumière… C’est que l’ascenseur est là.

Les portes sont ouvertes et le liftier regarde Lord Dufferin. Lord Dufferin est face au liftier. Face au visage du liftier. Un visage qu’il connait. Un visage qu’il n’a pas pu oublier. Un visage d’une invraisemblable laideur. Un amalgame de toutes les tares et de toutes les disgrâces. Le visage même qui a fixé Lord Dufferin une nuit, dans un parc, en Irlande. Personne ne semble remarquer ce visage et sa laideur. Plusieurs diplomates sont déjà dans l’ascenseur. Lord Dufferin reste figé sur place, comme il était figé à la fenêtre la nuit du rêve. Le liftier au visage affreux ébauche quelque chose qui doit être un sourire. Il fait un geste du bras pour inviter Lord Dufferin à monter. Puis, voyant qu’il ne se décide pas, le liftier referme les grilles avec comme un air de regret…

La suite ? Certains d’entre vous se souviendront peut-être l’avoir lue dans les journaux de l’époque : la rupture brutale du câble, la chute de la hauteur des cinq étages, les hurlements, les débris de la cabine pulvérisée que l’on retrouve dans le sous-sol… les quatre cadavres que l’on en retire… Quatre cadavres : trois diplomates étrangers et le liftier.

Lord Dufferin a essayé de savoir qui était ce liftier. On n’a pas su lui répondre exactement. Ce n’était qu’un pauvre garçon, probablement un peu simple d’esprit, qui traînait devant l’hôtel et que l’on avait engagé pour une journée, en remplacement. Il n’avait pas de papiers sur lui, son signalement ne correspondait à celui d’aucun disparu, et personne n’a jamais réclamé le corps.

Nul ne pourrait dire s’il était aussi laid que Lord Dufferin le soutenait : la tête du malheureux a été complètement écrasée dans l’accident.

 

L’INCROYABLE VERITE 

 

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 18:47

 

Depuis 10 mois que je vis avec mon compagnon il se passe des choses étranges.
En février alors que comme j’en ai l’habitude, j’avais mis une rose dans un vase près de la photo de sa mère décédée, elle a séché ainsi qu’une autre rose du bouquet duquel je l’avais prise. Je ne sais pourquoi, je l’ai mise avec l’autre près du cadre.
Environ deux semaines plus tard, le frère de mon ami et son épouse sont venus dîner chez nous et m’ont offert un bouquet de fleurs. Deux des roses de ce bouquet ont également séché. Je les ai ajoutées aux premières. Je ne comprends pas ce phénomène alors que je connais bien les fleurs étant horticultrice de métier.
Nous avons décidé de faire un « test » et avons acheté 10 roses de 2 variétés différentes et les avons placées cette fois-ci près de la photo de son père défunt. Elles ont toutes eu droit au même sort.
Mais ce qui est encore plus bizarre c’est qu’une fois sèches toutes ces roses se sont ouvertes !
Mais ce n’est pas tout !
J’ai l’habitude d’allumer des bougies de temps en temps (toujours la même marque et la même taille). Depuis environ 3 mois celles-ci mettent de plus en plus de temps à se consumer. Alors qu’elles duraient d’habitude 8 à 10 heures, selon qu’une fenêtre soit ouverte ou non. Le record a été battu la semaine dernière. Elle s’est éteinte 84 heures plus tard !!!!
A cela s’ajoute un autre fait étrange. Un soir nous étions couchés depuis près de dix minutes quand mon ami m’a demandé d’écouter. Il entendait des bruits de pas feutrés dans la pièce voisine. Je n’entendais rien. Perplexe, il s’est levé et n’a plus rien entendu à partir du moment où il a ouvert la porte.
Le dernier fait date de ce matin. J’ai été réveillée à 4 heures par une chanson qui venait de mon ordinateur portable qui est dans le salon. Il était fermé et arrêté. Pour arrêter la musique dont le son allait crescendo, j’ai du le rallumer et taper les deux mots de passe différents. Et au moment où il s’est mis en marche, la musique s’est arrêtée. Lorsque je suis entrée dans la pièce, il y avait un genre de brouillard qui ressemblait à un nuage de fumée de cigarette mais blanche. Quand je l’ai traversé j’ai ressenti une sensation de chaleur agréable.
Je ne sais si cela a un rapport avec le fait que la fille de mon ami, qui n’habite pas avec nous, ne supporte pas ma présence ni le fait que son père veuille refaire sa vie. Elle nous cause de gros problèmes et hasard ou non ces faits ont commencé en même temps que « sa déclaration de guerre ».
Quelqu’un pourrait-il m’expliquer ce qu’il nous arrive, nous aider à comprendre ?
Je vous en remercie à l’avance.

Cathy

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 15:41

 

Le professeur Mortis était un grand et bel homme, au visage pâle et osseux barré d’une fine moustache et dont la silhouette mince et élancée se prêtait au port altier des capes noires doublées de satin rouge. Le professeur Mortis était magicien. Avec la complicité de sa femme, Ludivine, il se produisait dans la région marseillaise dans le courant des années trente.  Certes, la gloire ne l’avait pas hissé au rang des Houdini et autres magiciens internationaux, mais le professeur était célèbre dans son pays et partout on lui témoignait la considération et le respect que l’on réserve à ceux que l’on admire ou que l’on craint. Avaleur de sabres et de tisons enflammés, fakir, manipulateur, le professeur avait, comme on dit, plus d’un tour dans son sac. Il n’avait pas son pareil pour décapiter son épouse à la hache, savait la mettre en transe et la faire voler sur scène, jouait à merveille du haut-de-forme et de la baguette magique pour faire apparaître et disparaître une foule de choses qui encombraient ses lourdes malles. C’était un bon illusionniste, qui présentait à un public moins blasé qu’il ne l’est aujourd’hui des tours spectaculaires et très appréciés. Il sillonnait les routes du Sud de la France du printemps à l’automne et avait acquis un public vaste et fidèle parmi les amateurs de sensations fortes.

Au bout de quelques années, le professeur Mortis, qui avait le sens du spectacle, comprit qu’il devait renouveler ses tours et présenter une magie plus sophistiquée, mieux élaborée, à une assistance qui se montrait de plus en plus difficile. Il chercha donc de nouvelles idées et demanda de l’aide à un de ses amis qui possédait dans sa bibliothèque plusieurs volumes de magie introuvables en France. C’est ainsi qu’il apprit l’existence d’un tour très spectaculaire qui n’avait encore jamais été présenté : le cercueil sanglant ! Le principe était original pour l’époque : on allongeait dans un cercueil de cent quarante centimètres environ une patiente dont la tête et les jambes dépassaient à la vue du public. A l’intérieur du cercueil, trois carcans immobilisaient le cou, les cuisses et les mollets de l’assistante. Un système était prévu pour montrer au public qu’il n’existait ni double fond, ni trucage visible : le couvercle du cercueil était démontable et la caisse reposait sur des roulettes suffisamment élevées pour qu’on puisse voir ce qui se passait dessous. Au milieu du cercueil et sur toute sa largeur, était aménagée une fente qui permettait le passage d’une scie destinée à couper en deux le corps de l’assistante. La sinistre tâche achevée, on mettait côte à côte les deux moitiés du cercueil pour présenter le tronc et les jambes séparés. L’assistante coupée en deux souriait d’aise, étant bien entendu qu’elle demeurait en parfaite santé et qu’elle survivait joyeusement à la pénible opération. C’était un tour vraiment spectaculaire, dont on allait beaucoup parler !

Le professeur Mortis partit donc en tournée avec son cercueil sanglant. Il visita les départements du Sud-Ouest, traversa la Provence, s’arrêtant dans chaque village pour présenter son nouveau tour à un public plus naïf que celui des grandes villes, où sévissait déjà le cinéma. Chaque soir le même scénario se renouvelait : le professeur en habit noir présentait Ludivine habillée en cosaque, puis découvrait le cercueil, prouvait l’absence de double fond et de trappe. Chaque soir, le professeur Mortis invitait un spectateur à monter sur scène pour contrôler le cercueil. Le spectateur s’allongeait à la place qu’allait occuper Ludivine. Les spectateurs qui se prêtaient à cette inspection étaient tous des jeunes gens gouailleurs, en pleine force et n’ayant peur de rien, qui décochaient des clins d’œil aux copains et souriaient vaniteusement en regagnant leur place. Et chaque soir, le cercueil sanglant valait au professeur Mortis et à Ludivine un énorme succès.

Le temps passa et l’année suivante, le professeur reprit sa tournée. Dans le souci de ne pas lasser ses spectateurs, il changea ses tours et ne présenta plus son fameux cercueil. Le magicien et sa femme étaient accueillis dans la plupart des villages comme un ami, mais dès la première ville visitée au cours de cette deuxième tournée survint un étrange évènement. Les gens du pays parlèrent de la pluie et du beau temps, et soudain, l’un d’entre eux secoua tristement la tête :

- Vous savez, professeur, il nous est arrivé un bien grand malheur ! Vous vous souvenez de Louis, le gros garçon qui est monté dans votre cercueil l’an dernier ?

Le professeur Mortis se souvenait parfaitement de ce gaillard aux joues rouges et aux cheveux coupés en brosse.

- Eh bien, continua son interlocuteur, quelques jours seulement après votre départ, il est mort. Un accident idiot.

On accusa la malchance, le sort funeste qui avait brutalement ravi ce jeune homme en pleine santé, et le professeur partit préparer son spectacle. Deux jours plus tard, dans la seconde ville de la tournée, il reçut le même accueil.

- Bonjour, professeur, nous sommes heureux de vous revoir. Mais nous avons une nouvelle bien triste à vous annoncer. Vous savez, Jeannot, le jeune homme qui est monté dans le cercueil, eh bien, un mois après votre passage, il est mort ! Un accident de moto inexplicable ! Quel malheur, professeur !

Impressionné, le professeur Mortis regarda sa femme, s’apitoya sur l’accident et repartit le lendemain après avoir remporté un vif succès.

On l’attendait avec impatience dans la troisième ville :

- Ah, professeur, quel plaisir de vous voir ! Qu’allez-vous nous présenter cette année ? Du sensationnel, sans doute ? Mon Dieu, êtes-vous au courant… Le petit Maurice, celui qui vous suivait à vélo tellement il appréciait vos tours et que vous avez allongé dans votre cercueil, eh bien, figurez-vous qu’il s’est noyé, quelques semaines seulement après votre spectacle ! Il s’est noyé, lui qui nageait si bien !

Cette fois, le professeur sentit une angoisse le gagner, et sitôt le spectacle terminé, il repartit vers la ville suivante. Là-bas, Henri, qui s’était allongé dans le cercueil, était mort emporté par la thyphoïde. Plus loin, ce fut Roger, qui s’était couché dans le cercueil, et qui était mort dans un incendie. Ailleurs, c’était Antoine, qui était tombé d’un arbre, Marius, qui s’était fait écraser par un camion ; Bastien, qui s’était électrocuté…

Le bilan était effrayant, incroyable. Tous les jeunes gens qui s’étaient allongés dans le cercueil du professeur Mortis étaient morts de mort violente dans le courant de l’année ! Traumatisé, le professeur interrompit sa tournée et regagna Marseille où il habitait. Avec Ludivine, il se rendit dans l’entrepôt où le cercueil maudit était rangé avec les autres accessoires. C’était pourtant un cercueil banal, quatre planches de bois neuf, que le professeur avait assemblées lui-même. Il regarda Ludivine consternée et murmura :

- Nous ne ferons plus jamais ce tour ! Il faut que cette malédiction cesse… Bien sûr, ce n’est qu’une suite invraisemblable de hasards malheureux, mais il vaut mieux arrêter !

Pendant six ans, le cercueil maudit resta dans l’entrepôt où il se recouvrit peu à peu de poussière. Mais le souvenir de toutes ces morts hantait encore le professeur Mortis.

L’étrange histoire aurait pu se terminer là, si un confrère du professeur n’avait pas rendu visite à ce dernier à la suite d’un accident d’automobile dans lequel il avait perdu tout son matériel. Le pauvre homme, qui se faisait appeler Mysterios, se trouvait dans l’impossibilité d’honorer un contrat qu’il avait passé avec la municipalité de Salon-de-Provence.

- Il faut absolument que tu me dépannes, dit-il au professeur, prête-moi ton cercueil !

Mortis se leva d’un bond :

- Non. Il n’en est pas question. Tout, mais pas cela ! Je ne veux pas que ce cercueil ressorte du hangar ! Tu sais pourquoi ! Tu es le seul à qui j’ai confié mon terrible secret ! Tu ne veux tout de même pas qu’il y ait de nouveaux… accidents ?

- Mais enfin, se risqua Mysterios, tu n’es pas sérieux, tu ne vas pas me dire que tu crois à ces sornettes ? Il n’y a ni malédiction, ni mauvais sort, il n’y a que le hasard, mon ami, un malheureux hasard ! Voilà six ans que tu n’as plus utilisé ton cercueil ! Prête-le-moi pour un soir… Je te promets de n’allonger aucun spectateur dedans. J’y ferai coucher Emile, le petit garçon qui me sert d’assistant ! Tu connais Emile, il est familiarisé avec la magie ! Ludivine n’a été la victime d’aucun accident, pourquoi veux-tu qu’Emile en ait un ? Je t’en prie, n’aie pas peur et prête-moi ton cercueil !

Résigné, le professeur Mortis laissa Mysterios emporter le cercueil maudit.

Quelques jours plus tard, on sonna à la porte du professeur. Il ouvrit à un Mysterios effondré, en larmes. Emile, le petit garçon en parfaite santé, qui s’était allongé dans le cercueil, venait d’être foudroyé par une pneumonie !

Le professeur Mortis, aidé par Ludivine et Mysterios, traîna le cercueil au milieu de l’entrepôt et le brûla.

Depuis, un peu partout dans le monde, le tour du cercueil à la femme sciée a été repris par un grand nombre d’illusionnistes. Il ne fit plus jamais de victimes. La malédiction était partie en fumée avec les cendres du cercueil du professeur Mortis. Cette histoire a été rapportée à Jimmy Guieu, spécialiste des évènements surnaturels, par la femme du professeur elle-même. Et elle tremblait encore en la lui racontant.

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 17:55

 

En pénétrant dans le jardin du Luxembourg, nous abandonnons avec plaisir la foule, le bruit et la circulation parisienne. Nous allons pouvoir goûter à un peu de tranquillité, condition essentielle pour chasser le spectre.
Notre joie est de courte durée.
Il va être difficile de traquer le fantôme aujourd'hui car il fait chaud et, de ce fait, les espaces verts de la capitale sont envahis par les Parisiens et les touristes, en mal de calme et de soleil.
Cependant, ce n'est pas parce que nous ne le croiserons peut-être pas qu'il n'existe pas !
Quelques témoignages font état de sa présence. On peut donc penser que l'homme à la redingote, comme on le surnomme, hante toujours les jardins du Luxembourg.
Le témoignage le plus troublant fut sans doute celui de Jean Romier, jeune étudiant en médecine.
Au moment des faits, c'est-à-dire en 1925, il avait 24 ans. Un beau matin de juin, le jeune homme décida de réviser ses cours en profitant du parc. Il était 10 h quand un vieil homme, affublé d'une redingote, s'installa sur le banc où révisait l'étudiant.
La conversation s'établit très vite entre les deux hommes. Au cours de celle-ci, ils s'aperçurent qu'ils avaient quelque chose en commun : la musique de chambre.
La discussion tourna donc autour de ce sujet. L'homme à la redingote, qui s'appelait en réalité Alphonse Berruyer, confia à Jean Romier qu'il organisait de temps en temps, chez lui, des concerts intimistes.
Il invita d'ailleurs l'étudiant à se joindre au prochain concert.
Le jeune homme se présenta donc à l'appartement de M. Berruyer, au troisième étage d'un immeuble, rue de Vaugirard.
Le vieil homme l'accueillit et l'invita à se joindre au cercle d'amis qui attendait, avec impatience, dans le salon, le commencement du petit concert.
L'endroit était charmant bien qu'un peu désuet car meublé à l'ancienne. Au cours de la soirée, Jean se rendit dans le fumoir jouxtant le salon et fit la connaissance d'un jeune séminariste qui l'entretint du rapport étroit entre la musique et le spirituel.
Il était minuit quand le jeune homme quitta l'appartement. Sur le chemin du retour, il voulut allumer une cigarette mais ne trouva pas son briquet. Il prit alors conscience qu'il l'avait oublié dans le fumoir de l'appartement. Il fit demi-tour, monta les marches de l'immeuble et frappa à la porte. Pas de réponse.
Il réitéra ses coups mais en vain ! Alerté par le bruit, un voisin sortit sur le palier et lui expliqua que l'appartement était inhabité et que M. Berruyer était... mort depuis 20 ans maintenant !
"Impossible !", répliqua Jean Romier, puisqu'il était là il y a quelques minutes avec plusieurs amis.
Le ton monta et attira le concierge de l'immeuble.
Prenant l'étudiant pour un cambrioleur, toute l'équipe se retrouva au commissariat.
Le père vint y chercher son fils et se porta garant de sa bonne foi. Pour éclaircir cette affaire, on fit venir l'actuel propriétaire, un certain M. Mauger qui, d'ailleurs, n'habitait pas l'appartement en question.
Toute l'équipe se rendit donc à cette adresse pour lever le voile sur cette mystérieuse affaire.
En pénétrant dans l'habitation, Jean Romier fut frappé par le spectable qui s'offrit à ses yeux :
L'appartement était complètement désert. Non seulement, il n'y avait personne, mais plus étrange encore, il n'y avait plus aucun des meubles qui, quelques heures auparavant, garnissaient l'endroit.
Cependant, le regard de l'étudiant fut attiré par une photo jaunie par le temps et encadrée au mur.
Elle représentait le séminariste avec qui il avait discuté un long moment ! Plus étonnant encore :
Le jeune séminariste n'était, ni plus ni moins, que le grand oncle de l'actuel propriétaire, mort en Afrique ! M. Mauger se souvint également que M. Alphonse Berruyer organisait des petits concerts privés ici-même.
Mais le plus extraordinaire fut pour la fin : le jeune étudiant entra dans la pièce qui faisait office de fumoir et se dirigea vers la cheminée.
A la stupéfaction générale, il trouva sous une épaisse couche de poussière ce qu'il avait oublié plus tôt dans la soirée : son briquet !
En guise de conclusion, j'ajoute que cette histoire fait penser aux deux Anglaises du château de Versailles qui ont rencontré Marie-Antoinette au Trianon en 1901...
En quelque sorte, ce jeune homme a trébuché dans le temps... comme d'autres ratent une marche d'escalier...
Et si vous voulez croiser le fantôme de l'homme à la redingote, préférez la visite du parc à son ouverture ou juste avant sa fermeture.
 
Guy Breton et Louis Pauwels, Les histoires magiques de l'histoire de France

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 17:15

 

J'avais 25 ans à l'époque des faits, et je rendais visite, chaque vendredi, à mes parents. Comme ils étaient en mal de verdure, ils cherchaient un terrain pour y stationner leur caravane, et c'est dans la grande cour d'une ferme, située à 15 ou 20 km de chez eux qu'ils trouvèrent leur bonheur. Ils s'y rendirent donc plusieurs fois.

Le vendredi après-midi, j'allais voir ma mère, et toutes deux nous allions là-bas, bientôt rejointes par mon père sitôt son travail terminé. Nous soupions ensemble, et je repartais ensuite avec mon deux-roues. 

Quelques incidents commencèrent pourtant à faire tâche dans ce tableau idyllique et bucolique.

Il y eut d'abord cette histoire de picots (petites dindes) qui s'étaient fait dévorer par un renard. Pas moins de 25 (bigre, quel appétit) !

Mes parents avaient un berger allemand, et cela donna une idée aux fermiers, qui espéraient être dédommagés par les assurances. Et c'est ainsi que mes parents virent débarquer dans leur appartement la fille de ces derniers, âgée d'une trentaine d'années, venue chez eux les supplier d'accuser leur chien.

Lorsque le vendredi suivant, je fus mise au courant, mon sang ne fit qu'un tour. J'expliquai à ma mère que s'ils cédaient à leur requête, d'une part c'était malhonnête, mais d'autre part le chien serait placé en quarantaine, le temps de vérifier s'il n'était pas porteur de la rage. La pauvre bête (vaccinée) aurait été déclarée dangereuse, car sujette à des accès de folie, et en conséquence abattue. Impensable pour moi, qui avais élevé et dressé cet adorable toutou !

Dès que mon père revint du travail, je lui demandai des explications. Il me confirma les propos de ma mère. Eux qui affichaient d'habitude une grande prudence, quand ils n'étaient pas carrément soupçonneux, étaient comme paralysés. Je poussai donc mon père à téléphoner. Il me paraissait à ce moment-là ferme et décidé. Quelle ne fut pas ma surprise de l'entendre parler d'une voix mielleuse, si éloignée de sa vraie nature, franche et déterminée ! Il se contenta de rapporter bêtement mes propos.

Terriblement déçue, je décidai de rester jusqu'au retour de mon jeune frère. Je le mis en garde, et lui arrachai la promesse qu'il me confierait le chien si les choses prenaient un tour fâcheux.

Le vendredi suivant, je décidai de rendre visite à la propriétaire du terrain. J'y allai avec ma mère. Elle qui, de nature égoïste, était indifférente au sort des autres, s'était prise de "faiblesse" pour cette pauvre fermière. Elle lui offrait des écharpes, allant jusqu'à lui acheter des produits de sa ferme à des prix exorbitants. Mon sentiment fut très mitigé à l'égard de la "pauvre femme".

Et puis, dans les semaines qui suivirent, ma mère me raconta des choses bizarres : la fille aînée qui se battait violemment avec son mari dans l'autre caravane, des vaches qui se détachaient seules, la nuit, la seconde fille se postant à l'angle du chemin aux heures précises du retour de mon père (sur le terrain), et ce quel que soit le temps ! J'étais bien obligée de constater étant donné que nous étions dans la caravane et que mon deux-roues était caché sous la bâche de l'autre côté.

Un vendredi, je vis la mort de près lors d'un accident que je résume brièvement. Je roulais sur la route menant à la ferme, il y avait une auto derrière moi, une en face, et une à gauche. Alors que je me trouvais au milieu de la route, prête à tourner à gauche, une quatrième auto percuta les autres. J'ai vu la scène au ralenti. Le choc fut si violent qu'il immobilisa les autres voitures. Et ce fut moi, avec mon deux-roues, qui dus faire demi-tour afin d'appeler les pompiers. La ferme était si proche que ma mère entendit les sirènes. Etant donné l'heure, elle pensa immédiatement à moi.

Une autre fois, elle me dit en tremblant que mon père, d'ordinaire si soumis, s'était mis à lui crier dessus. De peur, elle avait cassé son bracelet, qui s'était retrouvé coïncé dans la poignée de la porte. Elle qui ne pleurait jamais, paraissait au bord des larmes, tandis que mon père était indifférent. Leurs rapports se dégradaient de semaine en semaine. Jusqu'au jour où je reçus un coup de fil de mon père : ma mère était à l'hôpital car elle avait tenté de se suicider. Lui ne ressentait aucune émotion.

Elle y resta huit jours. Elle pleurait la plupart du temps, tout en se balançant et fixant le mur de sa chambre. Mon père craignait qu'elle ne recommence, mais il devait aller travailler. Il fallait occuper ma mère, et un vendredi après-midi, une idée me vint à l'esprit : lui organiser un planning de rendez-vous. Tel jour, visiter Mme T, tel jour Mme K, etc... lesquelles étaient ses amies. Puis, cherchant dans ma mémoire, je me souvins d'une gentille dame âgée, Mme D., qui lui rappelait quelque peu sa grand-mère. A ma grande surprise, elle accepta !

Je fus encore plus surprise, le vendredi suivant, de voir ma mère debout, sur le seuil, babillant, et m'attendant impatiemment, tellement il lui tardait de me faire part de sa visite à Mme D. Elle était métamorphosée. "J'approchais de la barrière", me dit-elle, "lorsque Mme D. est sortie en courant, et elle s'est exclamée : "Ma fille, comme je suis contente de te voir ! Je craignais qu'il t'arrive un grand malheur ! Viens, entre, et raconte-moi."

La brave dame lui avait demandé une photo, ainsi qu'un fichu, de façon qu'elle puisse renvoyer le mal. Elle lui avait reproché, entre autres, de s'être laissée aller à lui donner des objets personnels. Le changement qui s'était opéré chez ma mère nous étonnait tous.

Une fois rentrée chez moi (après le dîner), je brulai les plumes (qui servaient à confectionner des masques) que l'on avait prélevées sur les poules de la fermière, après les avoir mises au préalable dans une boîte de conserve. J'appelai ma soeur, et la mettai en garde. Ce à quoi elle répondit stoïquement : "T'inquiète ! Nous avons un oeil qui veille sur nous ici, sur mon fils et moi !" Je recommandai la prudence à mon frère, et je pus enfin aller me coucher.

Le vendredi suivant, ma mère m'accueilit, surexcitée, et me raconta qu'au cours de la semaine, mon père s'était levé la nuit pour aller boire. En allumant la lampe de chevet, il avait découvert du sang sur le lit, à l'endroit où elle dormait. Pris de frayeur, il l'avait secouée. Même son oreiller était maculé de sang, et chaque tâche était marquée en son centre par une tâche plus sombre comme si elle était coagulée ! Il y en avait jusque sous l'oreiller, et les draps n'étaient pas épargnés ! Mon père me confirma ses dires, en apparté. Il avait examiné ma mère de pied en cap, s'attendant à voir une trace de blessure ou de griffure, mais rien !

Elle retourna voir Mme D. le lendemain, et cette dernière lui affirmait avoir renvoyé le mal. Le week-end suivant, je proposai à mes parents d'ôter la caravane du lieu, et de payer leur dû. Je dus les accompagner car aucun des deux ne se sentait le courage d'aller la voir.

Mon père redevint lui-même dans les jours qui suivirent, c'est-à-dire l'homme ferme et déterminé que je connaissais.

Le vendredi suivant, ma mère me montra un article du journal local. Pendant la semaine où le "choc en retour" avait eu lieu, il s'était produit un drame, impliquant l'usage d'une arme à feu, dans cette fameuse ferme. Si je ne l'avais vécue moi-même, cette histoire m'aurait amusée, et je l'aurais considérée comme une mauvaise blague. Aujourd'hui encore, j'ai parfois peine à y croire.

 

Masquerytte    

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 17:24

 

 

Bonsoir,

Je suis ravie d'avoir découvert votre site et de pouvoir enfin m'exprimer sans avoir peur d'être prise pour une folle.

Tout a commencé il y a une vingtaine d'années. Pour être précise, au décès de mon grand-père. Je vivais dans sa maison avec Grand-mère qui ne voulait pas affronter la solitude après son décès, et c'est alors que tout a commencé.

Je ne pouvais pas rester seule dans la maison, car j'avais toujours la sensation d'être surveillée. J'entendais des bruits, j'apercevais des ombres et cela me faisait très peur. Puis un jour que je me trouvais seule dans la maison, il m'est apparu et cela a cessé.

Quelques années plus tard, je suis partie vivre chez ma soeur, dans une ville où je ne connaissais personne. Une fois, la nuit, j'ai entendu une voix qui m'appelait par mon surnom, et depuis ce jour-là, c'est reparti.

Une nuit, alors que je dormais, je fus réveillée par une caresse sur le bras. En ouvrant les yeux, je vis trois boules lumineuses au pied du lit, et bizarrement je n'avais pas peur. Bien au contraire, je me sentais bien, et en sécurité. 

Parfois j'aime à croire que ce sont mes grand-parents qui viennent me rendre visite, en compagnie de ma soeur qui est morte à la naissance et que je n'ai pas connue. Je ne sais pas si c'est un don ou autre chose, mais j'ai appris à vivre avec.

 

Laetitia

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 14:51

 

 

Je souhaitais vous faire part de "quelque chose" d'étrange qui est arrivée il y a maintenant plus de 13 ans... J'ai mis longtemps avant d'en parler, de peur de passer pour une folle, et nous en avons très peu parlé, sauf à quelques proches, longtemps après. Heureusement, il y avait mon mari à mes côtés lors de cet évènement, et il a été tout aussi surpris. Nous étions incrédules mais nous avons dû nous rendre à l'évidence ! Il y avait vraiment "quelque chose" . Voilà :
Mon mari et moi avions gonflé quelques ballons de baudruche pour notre fille qui avait alors un an et demi. C'était au printemps, à 11 h du matin, nous attendions que le repas soit cuit en jouant sur la terrasse. La météo était étrange, il y avait du vent, un vent tournant et rasant, un peu comme lorsqu'il va faire de l'orage... mais il faisait soleil et doux. Nous jouions avec notre petite fille avec ces ballons. Tout à coup l'un d'entre eux, bleu, prit de drôles de trajectoires entre mon mari et ma fille (pas avec moi). Avec le vent, c'était improbable...  
Cela dura 20 minutes ! Hop, le ballon allait droit sur ma fille, ou sur mon mari, hop, il repartait dans l'autre sens... alors que les autres ballons avaient déjà disparu, dans le pin à côté, ou dans les rosiers, aucune chance d'en sortir entiers !
Mon mari, qui au départ prenait ça à la légère, se mit à appeler le ballon : "Ballon, viens !" et le ballon allait directement se loger entre ces pieds !!! Puis retournait vers ma fille.  
Là, nous nous regardâmes, l'air interrogateur et surpris... et mon mari dit : " Tu vois ce que je vois ?" Oui, je voyais bien sûr. Comment, avec ce vent, ce ballon se déplaçait-il sur de telles trajectoires ? Et il répondait aux appels de mon mari !  
Tout à coup, le ballon bleu disparut... Il n'était plus là. Nous attendîmes un peu, tout en jouant avec notre fille. Et là, un quart d'heure plus tard, le ballon réapparut ! Il venait du côté de la maison et avait sans doute fait le tour de celle-ci... Mais comment cela était-il possible ? Avec tous ces rosiers, les pins ?
Le jeu dura encore un peu. Nous savions alors qu'il y avait "quelque chose dans ce ballon"... Nous rentrâmes faire déjeûner la petite. Et nous n'avons plus jamais revu ce ballon.  
Il faut dire que nous habitons près d'un cimetière.

Cette étrange "chose" ne s'est jamais reproduite, même après avoir essayé de regonfler des ballons pour retenter l'expérience !
A aucun moment nous n'avons eu peur. Nous étions au contraire très émus... et surpris bien sûr.  

Voilà l'histoire du ballon bleu. J'espère qu'elle vous plait. Je vous assure que c'est tout à fait réel. Je n'ai rien inventé. D'ailleurs, si mon mari n'avait pas été là, je me serais posé des questions sur mon intégrité psychique !
Je n'oublierai jamais ces moments...    
Avec toutes mes amitiés.
Et merci pour votre blog super intéressant.


4ine.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 07:50

 

 

Bonsoir,

Moi c'est Jérôme et je voudrais avoir des témoignages de personnes qui ressentent des présences le soir ou la nuit, je voudrais juste comprendre.    
Alors voilà, déjà petit, j'étais somnambule et envahi de terreurs nocturnes, maintenant je fais de insomnies et lorsque j'arrive à dormir je suis réveillé par cette drôle de sensation qu'il y a quelqu'un à coté de moi qui m'observe, cela m'arrive chaque soir depuis une vingtaine d'années.    

Je vois une sorte de flou invisible passer devant moi, me tourner autour, je la sens me toucher, j'ai l'impression de sentir des mains se poser sur certaine parties de mon corps.

Une fois je me suis réveillé avec une de mes mains qui flottait en l'air puis mon bras s'est reposé délicatement sur le lit, mes oreilles bourdonnaient comme s'il y avait des fréquences ultra-sons.      

Ma chienne qui dort avec moi se réveille à chaque fois que ça arrive et part se coucher dans une autre pièce. Plusieurs fois lorsque je suis allongé je ressens une énergie passer à travers moi comme si le corps de quelqu'un d'autre s'ajoutait au mien, et j'en passe...    

Souvent j'ai l'impression que l'on me pique avec une aiguille dans le cou et une sensation de bien-être fou m'envahit d'un coup.     Un matin je me suis réveillé à moitié nu à coté de mon lit avec deux petites tâches rouges sur mon bras gauche, deux petits cercles symétriques et identiques comme des petites brûlures où il me manquait une fine couche de peau.  
J'évite de parler de tout ça par peur du ridicule et de me faire passer pour fou. Cela ne m'effraie absolument pas vu que ça m'arrive depuis toujours mais je souhaiterais beaucoup avoir des réponses... Alors si quelqu'un vit la même chose que moi...

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 09:35

 

Bonjour,

 

Je viens de découvrir votre blog et je le trouve super. Vos témoignages et diverses explications sont vraiment très bien et réconfortants.    

Je souhaite avoir des conseils concernant ma fille âgée aujourd’hui de 3 ans et demi.

Nous avons emménagé dans une nouvelle maison en location il y a un an maintenant.   

Nous avons deux filles, et je vous parle de la plus petite, Julie.

Elle a été victime d’une âme malveillante qui l’a hantée pendant 7 mois, c'était un homme qui lui disait : "Dégage !" Il lui tirait les cheveux, tirait la langue, la tapait sur le bras et lui a même montré ce qu'il allait lui faire (mettre sa langue sur son sexe).    

Heureusement, une passeuse d’âmes a fait partir cette âme à temps !!!!

Bref, nous avons emmené notre fille chez un kinésiologue, qui l’a aidée à se protéger des âmes. Mais cela va faire 6 mois à présent, et après être passée par des phases d'hyper sensibilité, terreurs envers les insectes, pleurs, peurs des voitures, divers traits de caractère, etc.    

Aujourd’hui, bien évidemment, Eglantine dort avec sa sœur car elle continue à voir des âmes donc elle se sent plus rassurée avec elle. Elle s’arrache les cheveux, se ronge les ongles et reste très très sensible surtout sur le physique des gens.      

Nous comprenons que notre fille vit quelque chose de différent, mais nous souhaitons encore plus l’aider. Nous lui avons donné des fleurs de bach (ça l’a beaucoup aidée), on lui parle beaucoup, mais elle est si petite et pourtant si bouleversée...

Quand va-t-elle arrêter de se faire du mal ? Que pouvons-nous faire ?
Merci beaucoup pour votre aide.

 

Coraline

 

 

 

 

 

>> Les enfants sont beaucoup plus sensibles que nous, qu'ils voient des entités, car ils ne sont pas encore pollués par le matérialisme.
 
Si les âmes qu'elle continue de voir ne sont pas méchantes, tant mieux. Mais elle reste traumatisée par l'expérience avec ce fantôme. Il lui faudra encore un peu de temps, et peut-être envisager de voir un pédo-psychologue si cet état de choses persiste (l'arrachage de cheveux, ongles rongés...).

 

En attendant, n'hésitez pas à la rassurer, dites-lui dire qu'elle ne craint rien maintenant...
 
J'aimerai vous demander votre autorisation afin de mettre sur mon blog votre témoignage. Cela aiderait d'autres parents qui peuvent être dans le même cas que votre enfant et qui seraient rassurés de savoir qu'ils ne sont pas seuls.
 
A bientôt,
Courage,


* Van Fée

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 07:49

 


Je voudrais vous parler de plusieurs choses, que j'ai vécues dans ma courte existence. Aujourd'hui, j'ai 19 ans. Je vais commencer par le début. Un enfant normal ne peut pas se rappeler de lui quand il était un bébé, cependant moi je peux.

Ce n'est pas un sentiment d'être "moi", de me sentir en vie, c'est une personne qui me regardait et qui m'envoyait ces flashes. Par là, je veux dire que je me souviens de certains moments avec tous les détails. Je vous rappelle que ce ne sont pas des souvenirs inventés, je viens d'un pays qui était en guerre, donc je n'ai aucun support matériel, tout a brulé.

Quand je décris ces flashes à ma mère, elle s'étonne. Elle dit que je suis étrange, que comme j'étais très petite et que je ne parlais même pas, c'est impossible que je m'en souvienne. Par la suite, durant mon enfance, j'étais une enfant solitaire, dans un monde à part. Une personne me parlait, elle disait des choses, me montrait des scènes, des images. Et ces mots se transformaient en poèmes.
 
Alors que je ne savais ni lire ni écrire, j'inventais des poèmes, d'après les dires de mes parents. Cependant je n'inventais rien, c'était cette personne qui parlait et qui me disait de répéter ce qu'elle disait. Par la suite, elle me prédisait certaines choses qui allaient arriver. Un jour, elle me dit : "Quelqu'un va mourir", avec cette voix indifférente et presque moqueuse.

Par la suite, je rêvai que je devais emprunter l'escalier pour sortir de mon immeuble, alors je descendais, et descendais... sans jamais arriver en bas. Epuisée, je décidai de m'approcher de la rampe pour regarder par dessus, alors là je vis, tout en bas, un cercueil noir dont le couvercle était ouvert; à l'intérieur, était étendu le corps de mon père, mort. Ce rêve m'a beaucoup effrayée.

A cette époque j'avais 8 ou 9 ans. Alors que j'avais 10 ans, mon père quitta la maison. Il est mort deux ans plus tard. Un autre rêve m'a beaucoup choquée aussi, je perdais toutes mes dents sans saigner.
 
Une fois réveillée, j'allai le raconter à ma nounou. Elle me dit : "Quelqu'un qui ne fait pas partie de ta famille mourra". Le téléphone sonna, elle alla décrocher, raccrocha et revint, le visage pâle, et dit : "Une de mes amies est morte ce matin". Ma mère faisait aussi ce genre de rêves, des rêves qui annoncent la mort des gens.

J'allais quelquefois à la campagne chez ma grand mère maternelle, et il y avait deux maisons. Tout d'abord cette maison blanche. Je n'osais jamais y entrer. Des portraits inquiétants étaient pendus aux murs, je ne m'y sentais pas bien, comme si quelque chose de mauvais était là, quelque chose d'insupportable; chaque fois que je passais à coté j'étais envahie par un mal-être. Personne n'y habitait. Je veux dire que, bien que dans un très bon état elle était déserte. Plus tard, l'année de mes 12 ans, on détruisit cette maison; et à cette occasion, on découvrit sous les marches un crâne de mouton ou de bouc. On a depuis construit, à la place, une nouvelle maison. Celle-là même où, âgée d'à peine 3 ans, j'allai voir mon grand-père malade et lui dis : "Grand-père, si tu ne guéris pas, tu mourras". Cette phrase le fit beaucoup souffrir. Il s'éteignit peu après.

Nous habitions dans l'autre maison. Une nuit, alors que je dormais dans mon lit avec ma soeur, je sentis tout à coup quelqu'un me soulever et me remettre dans mon lit. Je m'accrochai au lit. Je me mis à pleurer, et mes tantes sont venues me voir. Elle me disaient de me calmer. Mais cette sensation continuait. Mon corps était bien allongé mais c'est comme si on soulevait mon âme. J'ai vraiment eu peur.

Une autre fois quand j'avais 10 ans, je me promenais dehors la nuit dans cette campagne. J'étais en compagnie de ma sœur et mes tantes. Soudain je levai la tête, et je vis les branches d'un arbre au-dessus de moi, ses feuilles vertes, et je baissai la tête. Soudain, des frissons me parcoururent le corps. IL N Y AVAIT AUCUN ARBRE nulle part, je paniquai, je crus que c'était une mauvaise blague. Mais c'était bien réel. Un autre souvenir me revient aussi, à cette époque j'étais à peine âgée de 7 ans. Mes grands-parents m'emmenèrent avec eux ramasser des plantes et autres dans un marécage. J'étais très contente. J'avais mes bottes en plastique rouge, mon petit sceau rouge. Je voulais ramasser plus de plantes que mes grands parents pour "gagner". Ainsi je m'éloignai de plus en plus de mes grands-parents. 
Je sentis sous mes pieds la fine couche de mousse. On m'avait prévenue de ne pas marcher ailleurs que sur la mousse, car si je tombais dans l'eau on ne pourrait pas me sauver, les marécages m'engloutiraient. Petit à petit, je m'approchai d'une zone dépourvue de mousse, j'y voyais des insectes, des bêtes nager dedans. L'eau était pure.

De l'autre côté de ce petit "étang", je vis un garçon brun vêtu d'un pantalon noir et d'une chemise blanche; c'était un adolescent, il y avait un chien avec lui. Le garçon était tout seul, avec des chaussures de ville. Il me regarda et dit : "Viens, il ne faut pas avoir peur". Je lui dis alors : "Mais je vais me noyer". Il répliqua : "Non, viens, tout ira bien". Naïve, je mets un pied dans l'eau, et tout à coup, je sens quelqu'un me saisir le col du tee-shirt ! Mes grands-parents me rattrapèrent juste à temps, me demandant ce que je faisais,  hurlant que j'étais folle, que j'aurais pu mourir, etc... Quand je regardai à nouveau vers l'endroit où le garçon se tenait, un instant auparavant, IL N'Y AVAIT PERSONNE. Personne à l'horizon, ni ailleurs ! PERSONNE ! Je compris que ce garçon me voulait du mal, mais j'ai refoulé. Plus tard, j'allai chez ma grand-mère maternelle, et là je vis le portrait d'un garçon, chemise blanche, pantalon noir, l'air grave... C'était son fils. Il est mort à 13 ans, il m'aimait beaucoup; je n'étais qu'un bébé, il jouait avec moi, parait-il.

Une autre fois, chez moi, j'étais dans la salle de bains, et j'eus soudain envie de regarder sous la baignoire. Sans trop comprendre je me mis à genoux, et je vis cette bassine jaune en acier, qui était toujours là. Je la tirai vers moi. Il y avait plein de noeuds faits avec des fils et autres. J'appelai aussitôt ma mère. Elle emporta le tout et le brûla à l'extérieur. 

Récemment, il y a deux ans, au retour des vacances et dans le TGV, je m'ennuyais énormément, et donc je m'amusais à me prendre en photo en faisant des grimaces. Une fois rentrée chez moi, je continue ma petite vie. Quelques jours plus tard, je décide de transférer les photos sur mon ordinateur. Je regarde les photos en rigolant et une photo attire mon attention.
Une tache étrange se trouve au niveau de mon coeur. Je zoome et la peur m'envahit, cette tache était un doigt, un index, un doigt de femme, avec une bague trop petite pour ce doigt. J'avais beau regarder mais ce n'était pas mon doigt, ni celui de quelqu'un d'autre, c'était du flou qui se transformait en doigt, j'ai toujours la photo.
 
Voilà, j'ai l'impression que la malchance me suit, que quelque chose de mauvais me poursuit. Je suis dépressive et impulsive. Je suis très lunatique, c'est comme s'il y avait plusieurs personnes en moi. Rien ne marche pour moi dans la vie, comme si j'étais maudite.
 
P.S.: J'aurais besoin d'une prière contre le mal, si vous en connaissez, n'hésitez pas. J'espère que vous m'aiderez à savoir ce qui m'arrive car ça m'inquiète beaucoup, j'ai l'impression que quelque chose ou quelqu'un pourrit ma vie et celle de mes proches. Je vous remercie. B.



>> Chère B,

Tout d'abord, les flashes où vous vous êtes revue quand vous étiez petite, peut-être est-ce une sortie astrale. Et de ce fait, votre inconscient a enregistré ces images et cela a ressurgit en flashes. C'est une possibilité.

Cette "personne" qui vous parlait, vous prédisait des événements serait une entité.

La maison qui a été détruite et où on a trouvé un crâne de mouton ou de bouc. Les anciens habitants ont sans doute pratiqué de la magie noire. En tout cas, ce n'est pas quelque chose de positif qui s'est passé là bas. D'où vos sensations désagréables.

Ce garçon que vous avez vu et qui est votre oncle, si c'était vraiment ce dernier, pourquoi vous aurait-il entrainer vers une mort certaine alors qu'il vous aimait ? C'est bizarre, et la question que l'on peut se poser est : est-ce vraiment votre oncle ou bien est-ce une entité qui aurait pris le visage, la voix de ce jeune garçon ?

Pour cette tâche au niveau du coeur, cela peut être un reflet ou autre...




Chers lecteurs, j'aimerai beaucoup avoir votre avis sur ce qui arrive à cette jeune fille. N'hésitez pas à poster un commentaire !


* Van Fée

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