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Visiteurs curieux



26 août 2016 5 26 /08 /août /2016 13:38

 

L’orage éclata au milieu de la nuit. Le tonnerre secoua la campagne trempée par l’averse, et un éclair aveuglant déchira les ténèbres. On apercevait au fond du parc les arbres tordus par la tempête, on entendait gémir leurs branches dépouillées. Et, perdu en ce lieu reculé de la Floride, au fond des marécages d’Okefenokee, un hôpital. Un hôpital vétuste, pour les pauvres et les fermiers. C’était un vendredi 13. Cette nuit-là, au plus fort de l’orage, trois femmes étaient étendues sur des lits misérables. Trois femmes aux visages ravagés par la douleur. Elles se tordaient les mains, elles gémissaient. Elles allaient accoucher.

Tapie contre une fenêtre, une infirmière aux cheveux gris fixait les parturientes d’un regard dur. La première de ces femmes était une jeune servante, blonde et douce comme une poupée, qui avait épousé quelques mois auparavant un garçon de ferme courageux et travailleur. La seconde, une rousse un peu plus âgée, était fermière, et son corps fatigué portait les traces de plusieurs accouchements. La troisième était d’une troublante beauté. Une peau noire, de longs cheveux, noirs aussi, de grands yeux en amande d’où coulait de la tristesse. L’infirmière s’approcha de ces trois femmes, couchées dans la même salle, et psalmodia :

-Vendredi 13… 1943… Orage… Malheur… Naissances…

Puis une litanie curieuse s’échappa de ses lèvres. La jeune femme noire se signa. Elle venait de reconnaître une prière vaudou, le culte des sorciers et de la mort. Elle redoutait les sorcières vaudou, qui pouvaient tuer quelqu’un à distance en piquant une photo ou une poupée avec une épingle. L’infirmière se redressa avec un hurlement :

« Ce vendredi 13 est un jour maléfique ! Vos enfants seront maudits ! Oui, maudits les enfants né ce vendredi 13 ! »

Elle désigna la première femme, la blonde :

« Tu auras une fille, mais elle mourra avant son seizième anniversaire ! »

Elle se tourna ensuite vers la femme rousse qui semblait bouleversée :

« Toi aussi tu auras une fille, ce sera ton dernier enfant ! Mais elle sera maudite et n’atteindra jamais ses vingt et un ans !

« Quant à toi, dit-elle en pointant un doigt vers la troisième femme, celle à la peau noire, tu auras une fille qui mourra la veille de ses vingt-trois ans ! Vos enfants seront maudits !

Et elle disparut, abandonnant les trois malheureuses terrifiées.

Dans le courant de la nuit, alors que l’orage s’abattait avec plus de violence encore sur les marécages d’Okefenokee, la première jeune femme, la bonde, accoucha d’une jolie petite fille qu’elle baptisa Lisa. La femme rousse accoucha d’une petite fille, rousse comme elle, qu’elle appela Maureen. Et à la fin de la nuit, tandis que l’aube se levait sur la campagne dévastée, la jeune maman noire donna le monde à une adorable petite fille qui fut appelée Jane.

Les années passèrent. Dans la région des marécages d’Okefenokee, trois petites filles grandissaient au milieu des autres. L’une devenait toute blonde et toute frisée, c’était Lisa. L’autre avait des cheveux de feu et un sourire espiègle, c’était Maureen. Quant à Jane, la jeune Noire, elle devint une grande fille mince et gaie.

Quand par hasard les mères se rencontraient, elles s’adressaient des regards étranges, angoissés, sans oser dire une parole sur le souvenir horrible qu’elles gardaient de leur accouchement. Elles baissaient la tête avec un sourire forcé et s’éloignaient en portant leur terrible secret.

En 1959, Lisa entra dans sa seizième année, et sa mère redoubla de soins et d’attentions pour elle. Son mari avait beaucoup travaillé, et maintenant ils possédaient leur petite ferme. Certes, elle n’était pas bien luxueuse, mais ils y étaient chez eux. Lisa, belle, enjouée, était adorée par ses camarades, filles et garçons, qui recherchaient sa compagnie. Sa mère, obsédée jour et nuit par la malédiction lancée par l’infirmière, surveillait le moindre rhume, le plus petit malaise. Mais Lisa était robuste. Comme son seizième anniversaire approchait, sa mère lui interdit de sortir pendant quelques jours, décision évidemment inexplicable pour Lisa ; très contrariée, elle se plaignit à Bob, son meilleur ami. Celui-ci eut un sourire complice :

« Ecoute-moi, Lisa, demain c’est ton anniversaire. Pour le fêter, je t’offre une promenade en voiture ce soir ! Quand tes parents seront couchés, tu m’attendras derrière la ferme et nous irons faire une balade du tonnerre ! »

Lisa accepta joyeusement et désobéit à sa mère. Le jeune homme l’emmena donc dans la voiture décapotable qu’il avait empruntée. Il ne possédait qu’une maigre expérience de la conduite. Aussi, quand la voiture dérapa sur les gravillons, il ne sut rien entreprendre pour la redresser. Les policiers retirèrent les deux corps du ruisseau où l’auto était tombée. Lisa avait été tuée sur le coup. Le jour de son seizième anniversaire.

Lorsqu’elle apprit l’accident, la mère de Maureen crut devenir folle. Du coup, elle préféra dire la vérité à sa fille qui en fut effrayée. Pendant les cinq ans qui suivirent, entre 1959 et 1964, la jeune Maureen trembla pour sa vie, craignit les accidents, les maladies. Elle se réfugia dans la religion, pria beaucoup avec sa mère. Le temps passa et Maureen devint chaque jour plus jolie. Hantée par la terrible menace, elle restait le plus souvent près de ses parents. Maureen se prépara à fêter l’année 1964. Dans quelques semaines, elle aurait vingt et un ans ! La date fatidique serait-elle atteinte ? Le jour de l’anniversaire arriva. Pendant toute la nuit, les parents veillèrent, une arme à portée de la main. Mais cette fois, le cauchemar sembla vaincu, la malédiction surmontée ! Délivrés, ses parents emmenèrent Maureen dîner en ville. Le père arrêta sa voiture devant un restaurant. Au moment où la jeune fille sortait de la voiture, deux hommes sortirent en courant d’un bar. Ils se battirent sur le trottoir. Soudain, l’un des deux sortit un révolver et tira sur son adversaire. Maureen poussa un petit cri et s’effondra en avant. Une balle perdue l’avait frappée en plein front.

La mère de Jane crut perdre la raison ! Non, c’était impossible, c’était le hasard, seulement le hasard ! Elle prit Jane dans ses bras et la serra très fort contre elle. D’une voix entrecoupée de sanglots, elle lui raconta l’incroyable histoire des malédictions. Jane parut troublée et pendant plusieurs jours resta enfermée dans sa chambre. La mère devenait comme folle et cherchait un moyen pour briser ce sortilège. Elle se confessa à un prêtre, parla à des amis, mais personne ne voyait le moyen de sauver la jeune Noire. Alors les parents de Jane prirent une décision : ils vendirent tous leurs biens, y compris la ferme, et quittèrent les marécages désolés d’Okefenokee. La famille erra de ville en ville et finit par s’établir à Baltimore. Là, le père de Jane trouva un emploi de pompiste, la mère travailla dans un supermarché. Mais chaque jour qui passait accentuait leurs craintes. Ils fêtèrent du mieux qu’ils le purent le jour de l’an 1966. Jane embrassa ses parents et demanda d’une tout petite voix :

 « 1966… C’est cette année que « cela » doit se produire ? »

Les parents, les larmes aux yeux, baissèrent la tête.

Dès les premiers jours de l’année nouvelle, Jane se montra moins gaie, plus silencieuse, renfermée sur elle-même. Vers la fin mars, elle perdait l’appétit et ne trouvait plus le sommeil. Elle restait des heures à fixer le vide. Effrayée par ce début de schizophrénie, la mère de Jane consulta un médecin et obtint que sa fille fût hospitalisée sur-le-champ à l’hôpital de la Cité de Baltimore. Les jours passaient sans que l’était de la jeune fille s’améliorât le moins du monde.  Un jeune médecin, ému par la beauté et la détresse de la jeune fille, s’intéressa à son cas, la mit en confiance et entendit, un jour d’octobre, l’incroyable histoire qui la faisait mourir d’angoisse. Le médecin secoua Jane, lui exposa que tout cela n’était que sornettes, qu’elle était, elle, en parfaite santé, dans un bon hôpital et que rien ne pouvait indiquer qu’elle allait mourir. Il activa le traitement pour lui redonner des forces, mais la jeune fille s’éteignait lentement, minée pas sa peur :

« Je sais que je vais mourir… Je sais que je dois mourir, ce n’est pas la peine de lutter, il n’y a rien à faire… »

Le médecin retrouva la mère de Maureen, puis celle de Lisa. Les femmes, murées dans leur drame, ne surent ou ne voulurent parler. Le médecin voulait à tout prix retrouver aussi la trace de l’infirmière qui avait lancé la triple malédiction.

A la fin d’une nuit du mois de novembre 1966, Jane mourut dans son lit d’hôpital, deux jours avant son vingt-troisième anniversaire.

On ne put jamais expliquer ce décès.

Aujourd’hui, on se souvient seulement qu’au moment de sa mort, un orage éclata sur la ville.

 

L’'INCROYABLE VERITE 

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 17:20

 

Claude Brown, 16 ans, travaillait dans un magasin de chaussures à Chicago, où il s'occupait de la gestion des stocks et dont j'étais la co-gérante, en cette année 1979. Il était au courant de mes activités, découlant de ma passion pour la parapsychologie et la métaphysique, qu'il préférait qualifier de sorcellerie.
En plus de ses tâches quotidiennes, il avait pris l'habitude de me taquiner au sujet de mes croyances. Il déclarait n'être absolument pas superstitieux, et allait même jusqu'à me narguer : "Allons ! Essaies de me faire quelque chose pour me le prouver."
C'était tous les jours que nous en plaisantions, mais je refusais de mordre à l'hameçon. Je tentais de lui expliquer la différence entre sorcellerie et psy, mais cela tombait dans l'oreille d'un sourd.
Un beau jour il se pencha sur mon bureau, et arborant un sourire malicieux, il insista pour que je fasse quelque chose afin de le convaincre de mes dons de sorcière.
Nous nous regardâmes fixement pendant quelques secondes et j'acquiesçai de la tête.
- C'est d'accord, Claude, dis-je, en prenant un crayon et du papier. Je vais écrire quelques mots sur cette feuille, la mettre dans une enveloppe, et la ranger dans un tiroir de mon bureau fermé à clé. Nous verrons bien ce qui arrivera.
Il s'éloigna en gloussant. Il croyait sans doute avoir gagné la partie.
Plusieurs semaines passèrent. Et les provocations de Claude dans ce domaine se faisaient au fil des jours moins virulentes. Je remarquais que certains jours, il arrivait au magasin avec des bandages aux mains, ou bien ailleurs. Il me regardait quelquefois avec un air interrogateur, sans rien dire. Ce jour-là, il faisait un froid mordant comme seul Chicago pouvait en connaître lorsque Claude, qui s'activait dans la réserve, se fit piquer par une abeille à la main.
Il entra en trombe dans mon bureau.
- C'est bon, Mme K. J'ignore ce que vous avez écrit, mais depuis ce jour j'ai des blessures aux mains. Quoiqu'il en soit, auriez-vous l'amabilité d'y mettre fin ?
J'ouvris le tiroir du bureau et lui tendis l'enveloppe fermée. Après l'avoir ouverte, il me jeta un regard bizarre et ressortit.
Voici ce qu'il y avait écrit sur le papier : toutes les fois qu'il te viendra une pensée injuste ou mauvaise, cela se traduira par une blessure aux mains. Tu contrôles pleinement la situation.
Je crois que nous fûmes tous deux plus que surpris par le résultat.
 
Irene Krawitz, Glenview, Illinois, avril 1991
Compilé par Fate Magazine
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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 18:57

 

De nos jours encore, l'ouest de l'Angleterre est le royaume de la superstition, de la sorcellerie, de la magie, et de toutes sortes de choses bizarres. La plupart des villages a sa propre Dame grise, son cheval fantôme, et sa sorcière locale.

Le village de Pacham où j'habitais ne faisait pas exception, et souvent, lorsque j'étais enfant, j'écoutais, les yeux écarquillés, les histoires du loup fantôme. Elles racontaient que, certaines nuits, le loup hurlait autour du village, et on pouvait le voir dans la clarté de la lune, bondissant le long du Green Walk qui menait depuis chez moi jusqu'au cottage d'un jardinier en bordure du bois.

L'un des anciens du village, un type jovial nommé Tapp, affirmait que du vivant de son père, le loup avait reçu une balle dans la patte et le jour suivant, on avait vu la vieille Amy Prouse, une sorcière qui habitait le village voisin, marcher en clopinant. Interrogée sur le pourquoi du bandage qui recouvrait sa jambe, elle répondit qu'elle s'était blessée en coupant du bois !

Tapp racontait aussi que, petite fille déjà, on avait vu Amy en train de cueillir des herbes dans les haies. Quand on lui avait demandé pourquoi, elle avait répondu : "Je collecte des victuailles pour les crapeaux de ma mère."

Sa mère était considérée comme la dame sage d'Aston, le village voisin. Tapp avait été la voir à cause de ses verrues, et pour sûr elle savait comment s'en débarrasser : avec du suc de couleur orangée, extrait d'une herbe qui pousse en abondance dans le Somerset. Il trouvait que son cottage était un endroit fascinant. Des bouquets d'herbes sèches étaient suspendus aux vieilles poutres en chêne. Des crapauds desséchés, des pots contenant des peaux de serpents réduites en poudre, et des sacs de plumes calcinées garnissaient les étagères. Sur la cheminée, au-dessus d'un foyer large et ouvert, se tenaient de nombreuses et étranges figures d'argile. On pouvait voir, suspendu à l'intérieur même de la cheminée, tellement grande que l'on pouvait y jeter un oeil pour voir le ciel, un assortiment de coeurs d'animaux séchés fichés d'épingles. Le ramoneur du coin en attestait aussi la véracité, étant donné que ces choses mystérieuses étaient enlevées et soigneusement mises de côté pendant qu'il ramonait la cheminée.

Des envoûtements amoureux et des rituels étaient au nombre des étranges activités de la vieille dame. L'un de ces rituels consistait à percer avec une aiguille l'omoplate séchée d'un lapin. Il fallait répéter huit fois l'opération et à chaque fois ce refrain :

Je n'ai pas l'intention de transpercer cet os

Mais par ce moyen, je veux que mon véritable amour pense à moi

Et qu'il ne jouisse ni du repos ni du sommeil

Jusqu'à ce qu'il vienne à moi pour me parler.

 

A la suite de quoi on jetait cet os dans le feu, dans l'attente fébrile du résultat.

Elle faisait aussi commerce de produits de beauté, et il fallait bien reconnaître qu'elle et sa fille Amy avaient un teint sublime, qui n'était pas flétri ni jauni malgré les années, et, chose étonnante, sans une ride. Aujourd'hui encore au village, on applique sur le visage un de ces masques qu'elle a concoctés.

Au fil des ans, j'ai interrogé beaucoup de gens au village, et il semblait qu'Amy Prouse et le loup fantôme étaient, d'une certaine manière, liés. Tapp était persuadé qu'elle était capable de se changer en loup lorsque cela lui convenait. Bien sûr, cela faisait longtemps qu'elle était morte, et les raisons pour lesquelles elle prenait l'apparence d'un loup étaient un mystère, mais, d'après beaucoup de gens, elle se changeait bien en animal, et toujours en loup. Ceux qui en avaient été témoins juraient qu'il était tellement puissant qu'il pouvait même traverser la rivière en marchant sur l'eau.

On m'avait raconté que le loup parcourait en bondissant de nombreux miles à travers le pays, par delà les vallées et les vallons, en partant du village d'Aston, où Amy Prouse avait vécu, pour arriver au Green Walk près de chez moi. J'affectionnais tout particulièrement cet endroit de mon jardin. En été, quand il faisait beau, mon ami Tom Turner et moi avions l'habitude d'y passer la nuit. L'endroit était très agréable. Un vaste espace envahi par les herbes, abrité par les branches de chênes, et pas du tout inquiétant. A l'autre bout, se trouvait une vieille bicoque blanchie à la chaux avec un jardin non entretenu, envahi par de hautes herbes. Il était à l'abandon depuis de nombreuses années, car les villageois juraient que l'eau du puits attenant n'était pas bonne. Le rebord du puits était couvert de ronces, et le mécanisme du dessus avait disparu depuis belle lurette.

Le dernier jardinier à avoir habité dans cette bicoque était Ted Prouse, un lointain cousin d'Amy. C'était un gars bizarre et radin, qui vivait seul avec pour seule compagnie Nelly, sa chienne colley. Un soir, cette dernière avait mystérieusement disparu. On ne la retrouva pas, et quelques semaines plus tard, Ted mourut.

Tapp m'avait dit qu'Amy était venue d'Aston pour nettoyer le cottage et emporter le peu de meubles qu'il contenait. Il se souvenait de son père lui parlant de la rage qui s'était emparée d'elle de ne pas trouver d'argent dans la maison, et qu'elle était très ennuyée de n'avoir pu mettre la main sur ce pot d'un litre à trois anses qui lui venait de sa mère.

Un soir d'été de 1912, je buvais un verre avec Tapp et, comme à l'accoutumée, évoquais Amy et sa sorcellerie, lorsque j'émis l'idée, pas si mauvaise d'après moi, de faire du camping au Green Walk. Le temps était au beau, bien qu'un orage semblât se préparer, et qui sait, pensais-je, j'aurais peut-être la chance de voir le loup fantôme. Dès que j'eus fini de boire ma bière, je sortis précipitamment pour aller voir Tom Turner. Il était très content à la perspective de dormir sous la tente pour quelques nuits, et ensemble nous allâmes chercher notre matériel de camping. Nous finîmes par nous installer confortablement pour la nuit, en rabattant vers l'extérieur un côté de la tente. Malgré tout, je ne pouvais pas dormir. Il faisait très chaud, et nous étions à l'étroit. De temps en temps, des éclairs étaient visibles au loin. Des formes gris argenté et noires dansaient sur l'herbe. Non loin de là, un hibou ulula plaintivement.

J'étais couché sur le côté et je regardais par le côté resté ouvert de la tente, lorsque je pris soudainement conscience que quelque chose se déplaçait le long du Green Walk. Ma peau se tendit et mon cuir chevelu fut parcouru de fourmillements. Croyant que je rêvais, je me tournai vers Tom. Il était éveillé lui aussi.

"Tom, regarde", dis-je dans un souffle. "Là, le long de l'allée. Est-ce que ce ne serait pas lui, le loup fantôme ?"

Tom se mit à rire et dit : "Bon Dieu ! J'espère que tu ne crois pas à ces sottises !" Mais en regardant dans la direction que je lui indiquais, la peur lui fit écarquiller les yeux. A cet endroit, s'avançant lentement vers nous et se détachant nettement sur un fond lumineux, il y avait un loup gigantesque. De la salive phosphorescente semblait dégouliner de ses mâchoires. Au fur et à mesure qu'il approchait, une odeur méphitique se répandit dans l'air. Je me mis à réciter à haute voix le Notre Père. Tom ne tarda pas à se joindre à moi. Aux mots de "délivre-nous du mal", il y eut un éclair aveuglant, suivi par un roulement de tonnerre. Au même instant, le loup changea de direction et marcha sur le sentier menant à la maison. Nous pûmes observer une autre silhouette émerger des ronces près de la tête du puits. Elle avait l'aspect macabre d'un vieux colley de couleur grisâtre. Une lutte silencieuse mais des plus horribles s'engagea alors entre le loup et le chien. Ils grognaient, roulaient ensemble et sautaient, tantôt sur la margelle, tantôt autour du puits. A la fin, le loup parut soulever le chien dans les airs, et ce dernier atterrit dans le puits.

Frappés d'horreur, nous vîmes le loup, toujours entouré d'un halo verdâtre, s'éloigner en bondissant vers la chaumière, pour y entrer en traversant la porte.

Un autre éclair mit fin à notre torpeur hébétée. Nous constatâmes que la chaumière avait été foudroyée et qu'elle était déjà la proie des flammes. Le toit de chaume et le bois de construction étaient très secs. Nous enfilâmes à toute vitesse nos pantalons, et courûmes chercher de l'aide. Mais à cette époque, il n'y avait pas de téléphone au village. Lorsqu'enfin les pompiers arrivèrent, il ne restait plus rien de la maison.

Quelques années plus tard, on construisit un autre cottage non loin du site. On rasa le puits, pour en rebâtir un autre. Pendant les travaux, on découvrit dans une des parois du vieux puits, à l'intérieur d'une niche, un curieux pot d'un litre à trois anses, plein de pièces, ainsi que le squelette de ce qui ressemblait à un colley, que l'on repêcha au fond du puits.

Je n'ai jamais eu le courage de dormir de nouveau sur le Green Walk, histoire de voir si le loup s'y promène toujours.

 

Compilé par Fate Magazine 

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13 juin 2006 2 13 /06 /juin /2006 08:01

Tout comme son nom l'indique, la tradition Wicca est un dérivé du mot "Witchcraft" en anglais qui signifie "sorcellerie". Ce courant s'est popularisé à partir de 1939 en Grande Bretagne, mais a été élaboré en 1930 environ.

 
Le Wicca est une forme religieuse païenne, vouée au culte de la Grande Déesse Mère Terre.
Il regroupe à lui seul un mélange de croyances celtes, égyptiennes, romaines et grecques.

Il existe plusieurs courants de traditions Wicca:

- Gardnerienne (celle à l'origine du Wicca, du nom de son "créateur", Gerald Gardner),

- Alexandrienne,

- Dianique,

- Pictish.


 
Le Wicca ne possède ni texte sacré ou maître investi de grands pouvoirs, ni hiérarchie ou obligation quelle qu'elle soit.
Elle se calque sur le panthéisme qui est lui même base de toutes les religions païennes.

 
Le panthéisme repose sur deux aspects sacrés qui sont considérés comme le début et la fin de tout: La Sacralité de la Terre et la Communion entre les Hommes et la Nature.

 
Huit fois par an, ils célèbrent le Sabbat, qui symbolise le passage des saisons, le déclin et le repos de la Nature.

Le sabbat est, pour les Wiccains, la fête du Renouvellement perpétuel de la Nature et non pas comme certains le croient une messe noire...


 
Les Wiccains croient aux pouvoirs des plantes et des pierres minérales et la divination n'est pas pour eux un moyen de voir l'avenir mais un exercice de méditation et de connaissance.

Ainsi les cristaux permettent la purification de l'âme avant de procéder à un rituel...

 
 
Maintenant qu'est abordé le thème du rituel, je vais vous faire part des instruments de  la Tradition Wicca, nécessaires pour toute cérémonie, qu'il s'agisse de sortilège, potion, communion, ou encore de Sabbat...

 
- L'Autel: table de cérémonie Wicca appelé Altar, recouvert d'une nappe.

Devront être placés dessus une image de la Déesse au centre, les symboles des quatre éléments qui sont l'eau, l'air, le feu, la terre ; une assiette pour les offrandes.


- Le Chandelier: de forme, couleur, matière ou nombre de bougies quelconque et non imposé. La tradition opte au plus simple, un traditionnel bougeoir.

- Le Balai: non pas pour le symbolisme de la sorcière le chevauchant mais simplement parce qu'il rejette les ondes négatives.
Symboliquement utilisé pour "nettoyer" l'endroit où se trouve l'autel.
Il est recommandé d'avoir un balai en sorgho et de le personnaliser à sa façon.
Quand il n'est pas utilisé, le placer derrière la porte d'entrée de votre maison, il éloignera problèmes et convoitises de votre habitation.

- L'Encensoir: ou à défaut des bâtons d'encens, car un encensoir est un produit relativement coûteux.

- Le Sel : de préférence du gros sel gris. Utilisé depuis toujours pour éloigner les ondes négatives et le mauvais esprit. Le sel est d'une grande valeur si l'on se réfère au passé.
Au XVI ième siècle, on se faisait payer son travail en sel (-> salaire, mot dérivé de sel).

- L'Athamé: couteau à manche noir et à double lame symbolisant la Vie et la Mort.
Utilisé pour tracer des cercles sacrés et effectuer différents sortilèges.

- La Coupe: en cristal, terre cuite ou métal.
Son utilisation est uniquement pour les bénédictions les purifications.

- Le Pentacle: Etoile à 5 branche, circonscrite par un cercle avec une pointe tournée vers le haut, pour symboliser le pouvoir mental.
Le pentacle a été rendu complexe à cause de l'utilisation par les Satanistes. Les Wiccains s'en servent peu mais il est toutefois nécessaire.

- La Cloche: la magie du son de la cloche sert à communiquer harmonieusement avec la musique de la Nature.

- Le Livre des Ombres: journal où sont notés les rites, prières, formules, et invocations à employer dans les rituels.

- Le Chaudron : de petite taille (pas plus grand qu'une casserole), de préférence en cuivre ou en fer.
Son usage se limite à la préparation de décoction, de tisane ou pour brûler les herbes.
 

 
Certains considèrent la tradition Wicca comme une secte, mais il est nécessaire je crois, de préciser qu'il n'en est rien.

Si pour les non Wiccains, savoir apprécier la Nature à sa juste valeur et sans cesse la remercier des richesses qu'elle nous apporte chaque jour est un acte sectaire, alors on pourra affectivement parler de secte.

Mais pour les autres ayant l'esprit plus ouvert, ils penseront tout simplement qu'il subsiste encore des communautés capables d'apprécier le bonheur de vivre en harmonie avec tout ce que la Nature a à nous offrir... A méditer !!!
 
 

Rappelons encore le crédo Wiccain "Harm None" qui signifie "Ne fais de mal à personne, pas même à toi", une belle pensée philosophique que beaucoup de monde devrait s'employer à exercer....


 
 
Petite Sorcière

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15 novembre 2005 2 15 /11 /novembre /2005 00:00

Culte magique et morts-vivants

Le vaudou, aujourd'hui encore, est très vivace en Haïti surtout dans les couches les plus populaires de la société.

Il fascine par ses rituels magiques et par la création des zombis, morts que des sorciers, les "boko", prétendent pouvoir tirer de leur tombe pour en faire des esclaves.

En 1980, l'étrange cas d'un paysan haïtien dénommé Clairvius Narcisse attire l'attention de chercheurs sur un thème jusquà présent relégué au rang de superstition.

Revenu à la vie

Narcisse, qui se plaint de fièvres et de douleurs, se présente dix-huit ans auparavant, le 30 avril 1962 à l'hôpital Albert-Schweitzer à Deschapelles.

Son état empire et, le 2 mai, il est déclaré mort par deux médecins en présence de sa soeur Angéline.

Le corps demeure dans la chambre froide de l'hôpital avant d'être inhumé, le 3 mai, dans un cimetière de son village.

Dix jours plus tard, une dalle est posée sur la tombe.

En 1980, Angéline rencontre un homme qui se présente à elle comme étant son frère décédé.

Il lui dit avoir été transformé en zombi à cause d'une querelle de succession avec un autre de ses frères ; celui-ci aurait payé un "boko" à cet effet.

Il se souvient de son "agonie", des pleurs d'Angéline et de l'impression qu'il avait de flotter au-dessus de son corps.

Il est ensuite extrait du cercueil, et après sa "résurrection", emmené dans les environs de Cap-Haïtien et contraint à travailler pendant deux ans comme ouvrier agricole dans une plantation avec d'autres zombis.

Bien qu'il se rende compte alors de sa situation, il ne peut pas réagir et vit comme dans un rêve avec l'impression que les événements se déroulent au ralenti.

Il mange normalement, mais le sel lui est totalement interdit.

Le décès de leur maître libère les zombis de la force qui les maintenait en quelque sorte prisonniers.

Narcisse ne songe cependant à revenir dans son village natal qu'à la mort de son frère, la crainte que lui inspire celui-ci étant toujours très forte.

Il ne veut d'ailleurs toujours pas nommer ceux qui l'ont extrait du cimetière et maintenu en esclavage.

L'affaire a un tel retentissement qu'en 1981 une équipe de la BBC est dépêchée sur les lieux pour y mener une enquête. 

Lamarque Douvon, directeur du centre de psychiatrie et de neurologie de Port-au-Prince, qui s'intéresse depuis les années 50 au vaudou, décide de vérifier les dires de Narcisse.

Il prépare avec les membres de la famille de celui-ci une série de questions dont les réponses ne peuvent être connues que d'eux-seuls.

elles sont destinées à confondre l'éventuel imposteur.

Or, Narcisse répond correctement à tout.

Douvon est alors convaincu de la réalité de ce phénomène.

Cependant, comme sa famille ni les habitants de son village ne veulent plus le revoir, Narcisse est admis dans la clinique de Douvon, puis dans une mission baptiste.

Le culte vaudou

Selon le culte vaudou, Dieu (le "Grand maître") est au-dessus de tout et a créé les esprits, les "loa", qui sont au service de l'homme.

Après le baptême catholique, l'adepte est placé sous la protection de son "loa racine", sorte d'esprit tutélaire de la famille.

Plus tard, il revêt une nouvelle personnalité au cours d'une inititaion et doit servir le "loa maître-tête", qui assume la direction de sa vie.

La prise de possession par ce maître se fait au cours d'une cérémonie où des animaux, des volailles le plus souvent, sont immolés.

Les officiants sont le "uga", prêtre vaudou, ou "mambo" s'il s'agit d'une femme, le "boko", magicien qui peut indifféremment faire le bien ou le mal, et le "loup-garou", le sorcier.

Ils sont inséparables.

 

Un pélerinage vaudou à la cascade du "Saut d'eau", à Ville-Bonheur, en Haïti

Les zombis

L'un des aspects les plus controversés du vaudou est naturellement l'existence de "zombis".

Bien des scientifiques traitent les personnes atteintes comme les malades mentaux.

Sur place, le zombi est un objet de crainte mais aussi de pitié, son calvaire est vécu comme une malédiction.

Il arrive d'ailleurs que des défunts aient  la tête tranchée pour qu'ils ne deviennent pas des zombis.

Il semble qu'il y ait trois sorte de zombis.

Le "zombi astral", élément de l'âme qui peut être transmuté selon la volonté de celui qui la possède ;

Le "zombi cadavre", un zombi de chair que l'on peut faire travailler, et

Le "zombi savane", ancien zombi qui est ensuite revenu à l'état de vivant.

Des études récentes, telle celle du Dr Wade Davis de l'université Harvard (auteur d'un ouvrage complet sur cette question, Vaudou ! 1985), ont démontré qu'il est possible à l'aide de certaines substances de ralentir presque totalement le rythme cardiaque d'un être vivant afin de donner l'apparence de la mort.

Il n,e reste plus alors au sorcier et à ses assistants qu'à attendre le départ de la famille après l'enterrement pour exhumer le corps du cercueil et s'emparer du défunt.

Davis a aussi remarqué que ceux qui deviennent des zombis sont des gens à qui certains comportements répréhensibles (affaires de terres, ambition excessive, enlèvement de la femme d'un autre homme, difffamation...) ont été reprochés et qui sont jugés par des sociétés secrètes haïtiennes, les Bizango.

Ainsi Narcisse était-il effectivement lié à un litige successoral, et son frère semble le lui avoir fait chèrement payer.

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14 novembre 2005 1 14 /11 /novembre /2005 00:00

Des chercheurs ont supposé que les sorciers haïtiens utilisaient une poudre spéciale pour transformer leurs victimes en zombis.

Ce poison est versé le plus souvent dans la chaussure ou sur le dos de la personne visée afin qu'il imprègne la peau.

Selon le Dr Wade Davis de l'université Harvard, il contiendrait des ossements humains réduits en poudre (prélevés sur un cadavre), deux lézards récemment tués, les carcasses séchées d'un gros crapaud, un Bufo marinus (très venimeux), et d'un ver polychète.

Des plantes seraient aussi ajoutées, une sorte d'albizzia qui contient de la saponine (qui peut perturber la respiration), le pois gratter et deux poissons de mer dont le poisson-globe (qui contient de la tétrodotoxine).

Les animaux sont grillés puis placés dans un mortier où ils sont écrasés avec le reste des ingrédients.

Le tout est ensuite passé au tamis.

La tétrodotoxine provoque une paralysie entraînant une immobilité totale durant laquelle la frontière entre la vie et la mort devient incertaine, même pour des médecins expérimentés.

Pour Davis, le "boko" utilise donc un support matériel, le poison, qui amplifie subtilement les terreurs de la victime mais qui fonctionne d'autant mieux que celle-ci est persuadée des pouvoirs de son tortionnaire et de la réalité du vaudou

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12 novembre 2005 6 12 /11 /novembre /2005 00:00

Au Togo et dans l'ancien Dahomey, le terme vodu désigne des divinités représentant les forces de la nature.

Ce sont elles que les hommes invoquent pour obtenir une vie heureuse.

Elles jouent également un rôle important dans la prévention ou la guérison des maladies.

Au XVIe siècle commence le commerce d'esclaves africains en direction de Haïti.

Ils emportent avec eux traditions et coutumes.

En dépit des campagnes menées par l'Eglise, les cultes africains demeurent vivaces, également au Brésil (où ils sont nommés cansomblé et macumba) et aux Caraïbes.

Le vaudou a cependant été influencé par le christianisme, ou du moins s'est adapté, et, ainsi, différents esprits correspondent à des saints catholiques.

Ces modifications l'ont éloigné du culte originel d'Afrique.

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