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Visiteurs curieux



19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 15:02

 

Le 28 mai 1972, le vieux Sammy Clifford vint s’installer à Sierra Cruz. Non pas que ce minuscule village ait présenté le moindre intérêt touristique, mais le vieux Sammy y était venu, vingt ou trente ans plus tôt. Et tout le temps qu’il avait mis à vieillir, dans la cafétéria crasseuse de New York où il passait ses journées à servir des cafés et à réchauffer des pizzas molles comme du carton, il n’avait cessé d’embellir ce village, les maisons basses, l’église de type espagnol, et derrière, le désert poussiéreux qui menait au Mexique. Pendant toute sa vie, Sammy avait économisé pas mal d’argent, et le jour de sa retraite il eut à sa disposition un gentil pécule qui le mettait à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours. Il dit adieu à ses amis new-yorkais, embarqua dans un énorme autocar pullman rouge et traversa la presque totalité des Etats-Unis, les yeux brillants d’excitation, souriant aux enfants, aux femmes, aux vieillards, à tout le monde, même aux flics menaçants, aux Noirs, aux curés. L’autocar arriva à Sierra Cruz le 28 mai 1972, vers dix heures du matin. Le vieux Sammy fut le seul voyageur à descendre, ce qui n’était guère étonnant. Qui voudrait s’arrêter dans ce trou perdu ? Sammy Clifford, son gros sac de voyage à la main, traversa la rue principale. Il ne se doutait pas, le pauvre vieux, que la seule chose qui l’attendait ici, à Sierra Cruz, c’était la mort.

Après avoir visité toutes les maisons à vendre dans le village, le vieux Sammy fixa son choix, à la stupéfaction du marchand de biens qui lui servait de guide, sur une étrange construction, en vérité une gare. Sierra Cruz avait été longtemps desservie par les trains, mais, le trafic devenant chaque jour moins important, la ligne avait été fermée et la gare, désaffectée, mise en vente. En trois ans, il ne s’était pas présenté un seul acheteur pour cette bâtisse longue, basse, aux innombrables portes vitrées. Mais le vieux Sammy était têtu, il voulait sa gare, et il l’acheta. A vrai dire, cette ancienne gare, à l’écart du village, isolée au milieu du décor féérique du désert, ne manquait pas de charme. Repeinte, ravalée, aménagée, entourée d’un jardin, ombragée de quelques arbres, elle n’aurait pas été laide. Oui mais voilà. Le vieux Sammy n’aura pas le temps d’arranger sa petite maison. Moins d’une semaine après son installation, il s’était déjà fait une réputation à Sierra Cruz. Il était assez causant et ne cachait pas un penchant assez prononcé pour le bourbon et quelques autres boissons alcoolisées. Catalogué à tout jamais comme gentil ivrogne, Sammy avait rapidement rassemblé autour de lui la plupart des alcooliques impénitents du village. Toujours est-il que, lorsqu’on le vit ce matin-là arriver au village un peu plus tôt que d’habitude, nul ne s’étonna de lui voir la mine fatiguée, les traits tirés et les yeux cernés. Plus d’un pensa à cet instant : « Aujourd’hui, le vieux Sammy en tient une bonne… » Rien n’était plus faux. Le vieux Sammy n’était pas ivre. Il avait peur.

Il hésita longtemps avant de se diriger vers le poste de police. D’un pas nonchalant, il s’approcha de la petite maison de bois, poussa la porte qui s’ouvrit en grinçant et entra dans le bureau du shérif où il resta debout, triturant son chapeau avec ses grosses mains rouges. Anthony Marden, le shérif, était un homme jovial, aux gros sourcils noirs constamment agités de frémissements très surprenants. Il leva ses yeux par-dessus ses lunettes et aperçut Sammy.

- Tiens, voilà une bonne surprise. Le vieux Sammy est venu me rendre visite… Assieds-toi, mon gars. 

Le shérif leva son imposante carcasse et poussa une chaise branlante vers son visiteur.

- C’est pas la grande forme, ce matin, hein ? 

Le vieux Sammy restait muet.

- Ben, alors, parle , insista le shérif. Il aimait bien le vieux Sammy, c’était un type sans histoire, qui se tenait tranquille, qui aimait boire un bon coup de temps en temps, mais cela, pour le shérif, c’était presque une qualité. Sammy secoua la tête :

- Je ne sais pas comment dire…

- Parle, décidément, je ne t’ai jamais vu comme ça…

- Eh ben voilà, la nuit, je peux pas bien dormir, à cause du bruit.

Le shérif écarquilla les yeux :

- Du bruit, chez toi ? Dans ton coin où il ne passe jamais personne ? Tu veux rire ?

- Non, non, shérif, je ne ris pas du tout, je vous jure qu’il y a un sacré bruit, la nuit…

Anthony Marden ne put s’empêcher de penser que le vieux Sammy avait tout de même un peu taquiné la bouteille avant de venir le voir.

- Je voudrais savoir, dit soudain Sammy, si quelqu’un a déjà entendu des bruits par chez moi…

Marden le regarda avec curiosité.

- Non, ça je dois dire que tu es le premier à entendre des bruits à l’ancienne gare… Mais, dis donc, de quels bruits s’agit-il ?

Le vieux Sammy se mit presque à pleurnicher :

- Mais c’est ça qui est incroyable, shérif, c’est ça, justement…

- Mais quoi, parle, Bon Dieu, en voilà assez, ça fait un quart d’heure que tu tournes autour du pot, alors, c’est quoi, ces bruits ?

Le vieux Sammy prit son courage à deux mains.

- Des bruits de trains, shérif. Des trains qui passent toute la nuit devant MA gare…

L’ancienne gare de Sierra Cruz possédait encore un tronçon de rails. Des rails qui s’étendaient sur une cinquantaine de mètres, juste devant la gare à présent habitée par Sammy Clifford. Au bout de ces cinquante mètres de rails, de part et d’autre, il y avait de l’herbe. Ces rails n’allaient nulle part et ne venaient de nulle part. Il était donc raisonnablement impossible qu’un train pût rouler sur ces rails. Le shérif Marden regarda pensivement le vieux Sammy pendant une longue minute. Sammy avait dû boire un coup de trop, il avait fait un cauchemar, c’était la seule explication possible. En souriant, Marden se leva, tapa gentiment sur l’épaule de Sammy et lui dit :

- Je vais voir cette affaire, mon vieux, pour l’instant, rentre chez toi et repose-toi. Je viendrai te voir.

Sammy salua le shérif, poussa la porte qui s’ouvrit en grinçant et dit sur un ton étrange :

- Je n’aime pas les trains.

Sammy fit quelques courses : du bourbon bien sûr, le journal et des petits oignons dont il était friand. Puis, ayant salué de la main ses amis de comptoir, il reprit lentement le chemin de SA gare. En marchant, Sammy était persuadé que le shérif ne l’avait pas cru. Mais que faire, et maintenant, que penser ? Car maintenant, Sammy savait que personne n’avait jamais entendu de trains depuis que la gare avait été désaffectée. Alors, comment expliquer qu’il avait entendu des trains passer devant la porte de sa maison ? Le soleil se couchait lentement et teintait de rouge le sable du désert. Sammy arriva devant sa maison, regarda si tout était en ordre, jeta un coup d’œil à ses poules, et rentra chez lui. Ce soir-là, il se fit une énorme omelette aux herbes et aux petits oignons dont il ne mangea pas même la moitié. Puis il s’assit sur le vieux rocking-chair qu’il avait acheté par correspondance et lut lentement son journal. La nuit tombait rapidement et il fut obligé d’allumer la lampe qui éclairait ce qui fut jadis la salle d’attente de la gare de Sierra Cruz. Sammy n’avait pas envie d’aller se coucher. Il voulait attendre. Il voulait comprendre. Il voulait voir. Il but un, puis deux, puis trois verres de bourbon. Et, tout doucement, il s’assoupit. Et puis, brutalement, quelque chose le réveilla. Un bruit. Un grondement. Un ronflement qui se rapprochait vite, très vite de lui. Sammy courut jusqu’à la porte, hésita, ouvrit et disparut dans la nuit. Le vacarme était assourdissant. Exactement le bruit que pouvait faire un train en passant devant une gare.

Le shérif Marden claqua la porte de sa voiture, une Oldsmobile bleu ciel, aux portières décorées avec des lettres adhésives formant le mot « POLICE ». Il brancha sa radio, mit en route son gyrophare et reprit la direction de Sierra Cruz. La chaleur le fatiguait, et il avait hâte de se retrouver chez lui pour prendre un bon bain. Soudain, alors qu’il se rapprochait du village, il pensa à Sammy Clifford. Son histoire était décidément incroyable. Marden s’aperçut alors qu’il n’avait pas vu le vieux Sammy de la journée. En souriant, il pensa que le vieux retraité n’avait pas osé se montrer, une fois sa cuite passée. « Bah, je vais aller boire un verre chez lui. » Marden s’arrêta devant la gare et descendit de voiture.

-Hé, Sammy, c’est moi, Marden. Où es-tu ?

Aucun bruit ne se fit entendre dans la vieille gare. Le shérif visita toutes les pièces de la maison, la trouva remarquablement rangée, et finit par conclure que Sammy n’était pas là. Avant de repartir, il décida d’aller jeter un coup d’oeil à cette fameuse voie ferrée, et il sortit sur le derrière de la maison. Le shérif Marden resta pétrifié. Ses yeux refusaient de croire ce qu’il voyait. Sur la portion de rails, vestige de l’ancienne voie ferrée, sur ces rails qui n’allaient nulle part et qui ne venaient de nulle part, était étendu le corps de Sammy Clifford. Et je vous prie de le croire, les rapports de police sont formels : les pieds et la tête du vieux Sammy avaient été sectionnés à l’endroit exact des rails. Et le médecin légiste était catégorique : Sammy Clifford avait été écrasé par un train. L’enquête de police conclut dans ce sens. Et pourtant tout le monde savait qu’aucun train ne passait plus depuis longtemps à Sierra Cruz.

 

L'INCROYABLE VERITE

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 17:59

 

Paul Shaw (mon père) était géomètre chez H. M. Customs and Excise, et en cette année 1906, on l'envoya à Ballyhaunis, une petite ville dans l'ouest de l'Irlande. Il emmena avec lui sa jeune épouse anglaise, ainsi qu'il le faisait souvent lors de ses fréquents déplacements loin de chez eux à Herne Bay, dans le Kent (Angeterre).
Ils ignoraient combien de temps durerait sa mission et au lieu de louer une maison, ils prirent donc une chambre à l'hôtel Mc Crory, l'unique auberge dans cette petite ville tranquille. Contre toute attente, la vie était loin d'y être monotone. On y donnait des réceptions, des bals, et l'on se rencontrait aux courses, sans oublier les longues soirées d'hiver devant un bon feu, propices à se raconter des histoires.
Ma mère se passionnait pour ce pays et ses habitants, tout nouveaux pour elle, mais elle avait tendance à rire à l'écoute des histoires de fantômes et d'esprits, et autres faits paranormaux auxquels les Irlandais adhéraient avec enthousiasme.
Néanmoins, à de multiples occasions, au retour d'une bal ou d'une réception, elle avait bien vu que les chevaux refusaient de traverser un certain pont à l'extérieur de Ballyhaunis. Il reculaient, terrifiés, si on les y obligeait. Pour les amener à le franchir, les hommes devaient descendre de la voiture et leur couvrir les yeux avec un bandeau. On disait couramment que le pont était "hanté".
Pourtant, cela n'empêchait pas ma mère de qualifier ces histoires à dormir debout de "crépuscule celtique". Il arriva qu'un soir au milieu du mois d'avril elle et mon père allèrent se coucher tôt. C'était une nuit étouffante pour la saison et suivant la mode de l'époque les lourdes tentures et les volets sombres des fenêtres procuraient à la pièce une isolation quasiment hermétique. Mon père, après une journée harassante, s'endormit immédiatement mais Mère ne le pouvait pas. Elle était là, allongée à ses côtés, lorsqu'elle entendit soudain un véhicule approcher. Le clip-clop réguler des sabots des chevaux, le grincement des roues du carosse et le tintement du harnais résonnaient distinctement dans la quiétude profonde et le silence de la ville endormie.
"Comme un corbillard", pensa-t-elle.
Elle l'entendit s'avancer avec constance. Comme le véhicule s'engageait dans la place de la ville, les bruits se firent plus distincts. Puis à sa grande stupeur, les chevaux firent halte devant l'entrée de l'hôtel. Curieuse, ma mère ne put résister à la tentation ! Elle sortit du lit, tout en réveillant mon père, et après avoir chaussé ses pantoufles alla à la fenêtre.
Elle ouvrit les volets et plongea son regard dans la rue. Le clair de lune éclairait brillamment la place. Elle vit une grande voiture hippomobile de couleur sombre, le cocher assis immobile sur son siège, tenant haut son fouet, et quatre chevaux noirs attendant sagement entre les limons.
- Que peut-il bien faire là ? se demanda-t-elle à haute voix.
- Quoi qu'il en soit, ça ne te regarde pas, bougonna mon père. Reviens tout de suite te coucher.
Elle obéit à contrecoeur mais elle avoua qu'elle avait dû s'endormir très vite car elle n'avait entendu personne quitter l'hôtel pour être emporté par la voiture ni quelqu'un en descendre et entrer dans l'hôtel.
Le lendemain matin, ne tenant aucun compte des scrupules de Père, elle dévala les escaliers, bien décidée à avoir le fin mot de cette étrange affaire. Qui était cet hôte d'importance arrivé à l'hôtel si tard dans la nuit ? Elle avait vu ce carosse absolument magnifique qui devait appartenir à une personne de haut rang et fortunée.
Saluant Mme McCrory, la femme du propriétaire, Mère demanda innocemment :
- Que faisait cet immense carosse noir devant l'hôtel cette nuit ?
Mme McCrory pâlit et se dépêcha de se signer. Elle marmonna quelque chose d'inintelligible et se retira prestement.
L'auberge McCrory était un modeste hôtel géré en famille et Mère, en tant qu'invitée et bienvenue, participait à sa gestion. Mais maintenant elle sentait que l'ambiance était tendue. Bien qu'on ne l'y ait pas invitée, elle suivit Mme McCrory dans les appartements où logeait la famille, mais elle s'arrêta sur le seuil, sentant pour la première fois qu'elle était de trop.
La famille McCrory était réunie au salon, il y avait le prêtre de la paroisse, et tous étaient agenouillés et priaient. Certains des aînés étaient en larmes. Plus intriguée que jamais, Mère avisa l'aînée des filles, Eileen, avec qui elle s'était liée d'une solide amitié, et insista pour avoir une explication, qu'Eileen semblait étrangement réticente à donner.
- Sûr que ce présage de mort pour les McCrory, c'est juste une vieille superstition, dit-elle, gênée.
Mère savait que beaucoup de familles irlandaises d'ascendance exclusivement milésienne* (celtibère) avaient dans leurs familles des signes annonciateurs de malheurs, telles que la banshee, la sidhe**, ou quelque autre fée. Elle se rendit compte que les McCrory étaient persuadés que le grand carosse noir qu'elle avait rapporté avoir vu était une manifestation surnaturelle et qu'à leurs yeux cela était forcément un présage concernant leur famille. Elle continua d'interroger Eileen et apprit qu'en réalité peu de personnes l'avaient vu et quelques-uns l'avaient seulement entendu. Cela semblait extraordinaire qu'une personne ne faisant pas partie de la famille, et même pas irlandaise (une étrangère, pour ainsi dire) ait pu entrevoir le fantôme.
Pour une fois, Mère était sans voix.
On n'arrêtait pas d'aller et venir toute la journée. Les membres de la famille se rassemblèrent derrière des portes closes pour s'entretenir à voix basse. Enfin, dans la soirée du 20 avril 1906, Mère eut de nouveau matière à réflexion. Les nouvelles n'allaient pas vite à cette époque; les journaux anglais nous parvenaient tard dans la journée après qu'ils aient été publiés. Et quand ils arrivèrent avec le dernier train, ils faisaient leurs gros titres sur le tremblement de terre de San Francisco du 18 avril 1906.
Trois jours plus tard les McCrory reçurent un télégramme et ne manifestèrent aucune surprise. La dépouille de leur fils Andrew, qui exerçait sa prêtrise en Californie, avait été retrouvé dans les décombres.
 
 
*Les actuels Irlandais sont notoirement qualifiés de Milésiens, parce que le peuple authentique, de souche celtique, est censé descendre de Milésius d'Espagne, dont les fils, raconte la légende, ont envahi l'Irlande et l'ont dominée un millier d'années avant Jésus-Christ.
**être surnaturel lié à la mythologie celtique des Gaëls.
 
 
Maureen Wakefield, juin 1970
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 16:21

 

Jim Daniel était originaire de Logan County, dans l'ouest de la Virginie. Il s'engagea dans l'armée au début de l'année 1917, et faisait partie des premiers corps expéditionnaires américains à débarquer en France. Au début, ses lettres parvenaient régulièrement à Darlene Mastin, puis cessèrent brusquement.

Darlene continua d'écrire pendant quelque temps, ignorant que Will Daniel, le frère aîné de Jim, interceptait le courrier; car Will aussi était amoureux d'elle. Il finit par envoyer un télégramme, déclarant que Jimmy avait été tué au combat. Tout en lui montrant le télégramme, il exploita si habilement sa détresse qu'elle consentit à l'épouser.

Will et Darlene se marièrent au mois d'octobre et tout se passa bien jusqu'à la veille de Noël 1917. Darlene préparait le dîner quand elle entendit la porte de devant s'ouvrir, et elle reconnut la voix de Jim Daniel qui disait à son mari, Will : "Je sais ce que tu as fait à Darlene et à moi, et je suis venu te tuer comme tu le mérites." Darlene connaissait les gens de la montagne, et il n'était pas dans leurs habitudes de prononcer des paroles en l'air. Elle comprit que soit Will s'était trompé, soit il lui avait menti délibérément à propos de la mort de Jim. Forcément, puisque ce dernier était de retour, et bien vivant en plus.

Darlene entendit une détonation et se précipita dans la pièce du devant juste à temps pour voir un homme en uniforme sortir par la porte. Will était étendu, mort, sur le sol du salon, un trou dans le front et des yeux fixes où se lisait l'incrédulité.

Combien de temps Darlene était-elle restée prostrée là, à observer son défunt mari, elle fut incapable de le dire. Des coups vifs frappés à la porte la ramenèrent à la réalité. Ouvrant la porte, elle se trouva face à un garçon qui lui tendait un télégramme. Cela venait du Ministère de la Défense, et elle put lire les mots : "À William Daniel. Regret de vous informer que le 21 décembre 1917, votre frère, Jim Daniel, est mort au combat en Allemagne."

Le meurtrier de Will ne fut jamais, non, jamais, appréhendé. Il n'y avait aucune preuve - sauf si l'on tient compte du garçon de la Western Union - que quelqu'un était venu au domicile des Daniel ce soir-là. On n'y trouva aucune arme à feu, et il fut établi que Will Daniel n'en avait jamais eue en sa possession. Darlene persista à dire que le fantôme du frère bafoué était revenu d'entre les morts pour le tuer.

 

Lonnie E. Legge, Lewisburg, West Virginia, août 1958

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 16:01

 

 

C'était l'année 1994. J'étais chauffeur routier pour une compagnie basée à Phoenix. Une nuit, je tractais un chargement de minivans de Louisianne à Phoenix à l'aide d'une Chevy d'onze tonnes, équipée d'une remorque de 14,8 mètres. Ce camion n'arrêtait pas de faire des siennes. Il semblait vouloir me résister et il marchait mal. Je ne pensais pas qu'il tiendrait jusqu'à Phoenix. Lorsque j'arrivai à El Paso, je me garai tant bien que mal à la station-essence réservée aux camions. J'étais fatigué, j'avais mal à la tête, et mon bras "foutu" me lancinait.

Je bus un café et bavardais avec quelques-uns des routiers. Je savais que je devais me reposer, mais le trajet de retour jusque chez moi m'angoissait. En quittant le relais je vérifiai le kilométrage, que j'enregistrai mentalement, et sortis. Je vis un panneau "Sortie 3" pour l'Autoroute 13. Quelque chose me dit que je devais la prendre.

Je n'en croyais pas ma chance. Il n'y avait aucune circulation. La route se présentait telle un ruban, clair et net. La chaussée était lisse et même mon camion roulait impeccablement, on aurait cru qu'il était neuf. Je notai l'absence de décor, de même que des panneaux indicateurs. Tout ce qu'il me fut donné de voir, c'étaient trois vieux cimetières amérindiens. J'estimai que j'avais au moins sept heures de route devant moi; j'étais donc content que la route fût bonne et que mon semi-remorque fût en parfait état de marche.

Comme je n'avais plus mal à la tête, l'absence de relais pour les camions ou quoi que ce soit d'autre ne me posait aucun problème. Malgré tout, je ne pouvais m'empêcher de m'interroger au sujet de l'Autoroute 13. J'avais entendu dire que si un routier allant d'El Paso à Phoenix avait de sérieux ennuis, il se retrouverait sur l'Autoroute 13 et serait protégé jusque chez lui. Je ne pouvais m'empêcher de penser à ces routiers qui disaient qu'ils avaient emprunté "l'autoroute fantôme". L'un d'eux avait été malade à crever en arrivant à El Paso, mais il était fermement décidé à retourner à Phoenix. Une fois à Phoenix, les médecins découvrirent qu'il avait eu une attaque cardiaque, mais il avait pu conduire sans risques les quelques 120 km avant de s'effondrer.

Je regardai par la fenêtre et là, à gauche, assis tranquillement au-dessus d'un rocher plat, se trouvait un loup énorme, d'un blanc immaculé. Il ne bougeait pas d'un pouce, tout en me dévisageant de ses yeux verts perçants. J'avais à peine dépassé le loup que je vis enfin le premier panneau indicateur. Je ne pouvais croire ce qu'il disait : "Etat d'Arizona, 9 miles" (2,7 km). J'avais pris la route moins de deux heures avant !

Je débouchai bientôt sur la sortie de l'Autoroute 13, la seule que j'aie vue. Le panneau indiquait : "Phoenix, 18 miles" (5,4 km). J'arrivai au garage exactement deux heures après être parti pour El Paso, alors que le trajet prend normalement sept heures. Juste après avoir remonté la 35ème avenue de Phoenix, le camion se remit à faire des siennes. Mon mécanicien ne comprenait pas comment j'avais pu parcourir les 123 km, et moi non plus, mais je serai éternellement reconnaissant à l'Autoroute 13, l'Autoroute fantôme.

 

John Gerzabek, Phoenix, Arizona, mars 1997

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 18:17

 

J'ai grandi à Puerto Rico, dans une petite communauté rurale appelée Las Carolinas. A l'époque, en 1991, une série d'incidents se produisit ayant pour cadre le coin de ma chambre.

J'avais alors dix-huit ans, et j'étais un grand fan de rock satanique. Malgré cet engouement, je me faisais un devoir de prier Dieu toutes les nuits sans oublier la Vierge Marie.

La dernière chose que je voyais avant de m'endormir était le coin de ma chambre. Pendant au moins deux semaines, je n'arrêtais pas de rêver de ce coin. Un jour, une étrange silhouette apparut dans mon rêve : celle d'un homme, tout de noir vêtu, et dont le visage était caché par un linceul noir. Au fur et à mesure de mes nuits, les rêves suivaient leurs cours, et à chaque fois, cet homme devenait incroyablement plus violent. Il s'approchait de mon lit, soulevait mes jambes, et les heurtait durement contre le lit.

Je croyais que ce n'était qu'un rêve. Une nuit, cependant, je me réveillai juste après avoir rêvé. Il était 4 heures, je décidai donc de me lever pour la journée. Curieusement, l'étrange silhouette réapparut. L'homme s'arrêta près de mon lit, me regarda, et heurta mes jambes contre le lit. Je paniquai. Je savais que je ne dormais pas. Comme dans les rêves, il disparut.

Au matin, je racontai à mon père ces faits étranges. Il me donna une statuette de la Vierge Marie, que je mis sur le rebord de la fenêtre près de mon lit.

Cette nuit-là, je fis le même rêve, mais la nuit suivante, l'étrange personnage décida de mettre un terme à ses visites nocturnes. "Il va me voler mon âme", pensai-je.

J'essayai d'ouvrir les yeux, mais deux mains m'en empêchaient. Je savais que c'était la Vierge Marie, m'ôtant ainsi la possibilité de voir ce qui se passait.

On se livre un combat pour mon âme, pensais-je. J'entendis des bruits métalliques au-dessus de moi, comme des épées qui s'entrechoquaient. Ce bruit dura à peu près une minute. Puis ces mêmes mains qui m'obligeaient à garder les yeux fermés se retirèrent. Lorsque j'entendis le son des cloches, qui carillonnaient paisiblement, je compris que les visites nocturnes avaient cessé pour de bon.

Cette étrange personnage, j'en suis convaincu, c'était Satan, venu me chercher parce que j'écoutais de la musique satanique. Je remercie Dieu et la Vierge Marie de m'avoir sauvé.

 

Alex Saldana, Caguas, Puerto Rico, Janvier 1996

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 16:47

  

Se souvient-elle alors du tintamarre étrange qui, la nuit précédente, a parcouru ces mêmes rues sur le coup de minuit, juste après le banquet des Amants de la mort ? Alors que toute la ville, dans l'attente des évènements du lendemain, était abandonnée au silence de la peur, on entendit d'un seul coup les clameurs, les chants, les danses d'une procession dyonisiaque, le charivari, sur des stridences de flûtes, d'une de ces cohues d'hommes, de femmes et d'enfants en liesse comme il s'en était trouvé tant, depuis quinze ans, pour se jeter sur le chemin d'Antoine, un de ces cortèges, aussi, comme la ville en avait vu défiler des centaines depuis le premier des Ptolémées.

Les gens d'Alexandrie, alors, avaient couru à leurs fenêtres. Mais pas un lampion dans les rues, pas un seul flambeau, tout était désert, la troupe joyeuse, invisible. Rien, dans le noir, que ces voix innombrables qui criaient le chant du Libre Dieu, entonné à pleine gorge par des poitrines qui n'existaient pas; et, au fond de la nuit, insistante, têtue, cette fantomatique pavane de centaines de pipeaux.

Et, plus bizarre encore, au lieu de rester, comme c'était la coutume, à tourner et virer dans le coeur d'Alexandrie, ce tumulte heureux s'enfuit alors vers les remparts, la porte du Soleil, les sables des faubourgs, le camp d'Octave. À mesure qu'il s'éloignait, le tintamarre devenait insoutenable. À se boucher les oreilles, au moment où il passa la porte [de la ville]. Et là, d'un seul coup, il s'éteignit.

Le signe était clair, elle aurait dû le lire : hier, le Dieu sauveur [(Dyonisos)] a déserté la ville; et, maintenant que le Ciel a gagné sa guerre contre les forces de la Terre, elle se retrouve seule sur scène, à saluer Alexandrie qu'elle perd.

 

Irène Frain, Cléopatre

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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 09:09

 

 

Merci à LPDE pour la vidéo.

 

Cet extrait est tiré de l'émission "Les enquêtes impossibles" présentée par Pierre Bellemarre.

 

 


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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 10:00

 

(Image à venir ainsi que les liens menant vers les articles et vidéos)

 

 

Fantômes, mauvais esprits :

 

- Fantôme d'un accidenté de la route
- Les Fantômes des soldats de Gettysburg
- Histoire de fantôme
- Hantise - Le monde des ténèbres (vidéo) 

 

 


Poltergeist :

 

- Le poltergeist de la famille McCauley 

- Le poltergeist d'Enfield  

- Les poltergeists
- Témoignages de gendarmes
- Esprits frappeurs 

 

 

 

Témoignages :

 

- Poltergeist ? 

 

 

 

Séries :

 

 

* Vrai ou faux (Is it true ?)

 

- Passage à niveau hanté ?

 

 

 

* Les enquêtes de l'impossible

 

- Le fantôme de Grace Brown 

 

 

 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 10:06

 

Merci à LPDE pour la vidéo.

 

Je le cite :

 

"Grâce à des méthodes scientifiques, cette série fait la lumière sur des légendes, des phénomènes étranges, des croyances et parfois, des supercheries..."

 

 



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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 08:41

 

Merci à Introcrate pour la vidéo.

 

 


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