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Jeudi 14 juillet 2005

 

Né de la combinaison de deux anciens mots allemands signifiant « esprit frappeur », le terme poltergeist recouvre les phénomènes de hantise, souvent destructrice, qui peuvent s’acharner sur un lieu ou sur des personnes.

 

 

Les poltergeists ne constituent à peu près que 7 à 8 % des manifestations dites « psi » (se rapportant à la parapsychologie), mais ils présentent l’avantage de pouvoir être étudiés en raison de leur durée.

 

 

Un cas récent, survenu en Angleterre, est devenu un « classique du genre », au point que le chercheur anglais Guy Playfair lui a consacré un livre très documenté : « Cette maison hantée ».

 

 

 

± Premières manifestations de l’hôte inconnu

 

En 1977, à Enfield, Royaume-Uni, vit la famille Harper, qui se compose de la mère, séparée du père, et de quatre enfants : Rose, 13 ans ; Janet 11 ans, Pete, 10 ans ; et Jimmy 7 ans.

 

Le soir du 30 août, les lits de Pete et Janet, qui dorment dans la même chambre se mettent à bouger.

 

Le soir suivant, Mrs Harper découvre la commode de la chambre en train de se déplacer toute seule sur une cinquantaine de centimètres.

 

Elle fait venir les voisins, qui constatent qu’on entend les coups mystérieux, puis elle appelle la police.

Celle-ci ne peut rien faire.

 

Le lendemain, vers la même heure, ce sont les jouets des enfants qui sont lancés par une main invisible.

 

L’entourage avertit alors la presse et la rédaction du Daily Mirror contacte la Society for Psychical Research, laquelle dépêche un de ses membres, Maurice Grosse.

Sous leurs yeux, jets et chutes d’objets se poursuivent.

 

 

 

Une femme médium vient dans la maison.

Au cours d’une transe, elle affirme que la hantise est centrée sur la petite Janet et que plusieurs « entités » puisent leur énergie dans les auras de Janet et de sa mère.

La médium les « soigne » et les manifestations cessent alors presque totalement pour plusieurs semaines.

 

 

 

± Le cas se complique

 

A la fin du mois d’octobre, tout recommence, cette fois avec plus de violence.

Des meubles sont déplacés, des couvertures arrachées aux lits, des flaques d’eau (dont une aux contours de silhouette humaine) apparaissent sur le sol de la cuisine, une grille de cheminée tombe sur l’oreiller de Jimmy, tout près de sa tête, un radiateur à gaz est arraché d’un mur.

 

Grosse et Playfair essaient, au moyen d’un système de bruits, de communiquer avec l’ « entité », qui dit avoir vécu trente ans dans la maison puis se lance dans des discours dépourvus de sens.

 

Plus tard, les enfants voient des silhouettes et des ombres dans la maison.

Devant de nombreux témoins, l’ « entité » malmène un peu les deux fillettes et laisse un message disant qu’elle refuse de partir.

 

Pendant que le poltergeist pourrait être l’œuvre de Rose et Janet, la Society for Psychical Research envoie cette fois une équipe d’enquêteurs sur les lieux, mais leur recherche de la fraude éventuelle demeure sans résultat.

 

En fait, il devient clair que tout tourne autour de Janet.

Celle-ci présente de plus en plus de signes de « possessions » (convulsions, transes, etc.).

 

En décembre, le poltergeist ajoute des sifflements et des aboiements à sa panoplie et l’entité, par l’intermédiaire d’une étrange voix désincarnée, dit s’appeler Joe Watson.

 

Par la suite, elle change plusieurs fois de voix et d’identité ; mais toujours, elle insiste sur le fait qu’elle parle pour une personne morte.

Ses interventions sont, en outre, souvent d’une extrême grossièreté.

 

Le poltergeist montre plus tard d’autres talents et s’attaque de plus en plus violemment à Janet essayant de l’étrangler avec les rideaux et la poursuivant avec un couteau flottant en l’air.

 

Les lieux commencent à sentir mauvais, deux feux se déclarent dans des tiroirs, les deux poissons rouges sont tués dans leur bocal, et des messages obscènes apparaissent sur les murs.

 

Un autre médium vient alors s’occuper du cas en « soignant » les auras de toute la famille, et le calme revient pour quelques semaines.

 

 

 

± La fin du cauchemar

 

La suite des événements prend la tournure d’une hantise plus « banale », avec apparitions fugitives de personnages divers, parmi lesquels un double de Maurice Grosse.

 

Janet fait un séjour à l’hôpital, au cours duquel l’activité du poltergeist se réduit considérablement.

Lorsqu’elle revient, en bien meilleure santé, le phénomène touche à sa fin.

 

Un médium hollandais du nom Gmeling-Meyling met un terme définitif aux manifestations après avoir opéré, dit-il, une intervention sur le « plan astral ».

Vers avril 1979, tout se termine enfin.

 

 

Quelle que soit l’explication à donner à ce poltergeist fameux (plus de 1 500 incidents enregistrés), il est à noter que l’on retrouve au départ une situation de forte tention née du divorce récent des parents ainsi que des enfants approchant de la zone de turbulence mentale et physique de la puberté.

 

L’histoire du phénomène montre qu’il se développe souvent sur ces bases-là.

 

 

 

La chambre de l'Anglais J. Glynn, à Runcorn, dans le Cheshire, après les manifestations du poltergeist.

Celle-ci se poursuivirent en présence de la police sur les lieux.

 

 

 

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