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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 16:30

 

Je suis sûrement venue au monde avec une contrepartie psychique ou un double. Au début je voyais en elle une autre enfant, mais en grandissant, je me rendis compte qu'il y avait quelque chose de bizarre à son sujet. et je commençai à avoir peur.

"Tu te fais des idées, Weenie", me dit ma mère, Vera Williams. "Ca te passera".

Mais pendant les cinq années qui suivirent, je continuais de le voir et cet "autre moi" me faisait peur. Elle surgissait toujours sans crier gare. Elle ne disait jamais rien et disparaissait quelques secondes après.

En 1935, j'avais dix ans et nous vivions dans une petite ferme que nous louions près de Gladewater, au Texas. C'était une ville pétrolière en pleine essor.

Ma mère me mettait régulièrement en garde : "Ne t'aventure pas toute seule dans les champs de melons !" Bien qu'habitant face à l'autoroute, une rangée de plants nous en cachait la vue depuis la maison et beaucoup de vagabonds en profitaient pour se servir.

Mais par une chaude journée de juillet, tandis que ma mère était occupée, je décidai de ne pas attendre d'être accompagnée. Je me dissimulai derrière le poulailler et la grange, de sorte qu'il était impossible à ma mère de me voir avec ma robe rouge vif, et je me glissai à travers les arbres.

Je voyais l'air vibrer en cadence, sous l'effet de la chaleur, au-dessus du sable blanc et du champ de melons. Aucun pépiement d'oiseau. Je décidai d'aller prendre de ces melons qui étaient cultivés à l'ombre d'une rangée de sassafras à l'autre bout du champ. Après avoir repris mon souffle, je courus jusque là-bas, regrettant de ne pas avoir mis des chaussures.

Arrivée dans la plantation, je pris un melon, lorsque j'entendis quelqu'un : "Eh ! Est-ce que je peux acheter ce melon, fillette ?" Un homme grand, portant des vêtements marrons et sales, clopinait vers moi en s'aidant de sa canne. Il s'était probablement caché dans les buissons pour m'épier, à mon insu, pendant que je longeais le chemin, seule.

- Oh, prenez donc un melon, dis-je poliment.

- Mais non, ça ne serait pas bien, répondit-il en s'approchant.

Il fouilla dans sa poche et en sortit une pièce de monnaie.

- Voilà, tiens.

- Non, Monsieur, dis-je, alors qu'il insistait.

Je commençais à reculer.

- C'est mon frère qui s'en charge.

Il se mit à jurer et remit la pièce dans sa poche. Je compris alors, horrifiée, qu'il était un exhibionniste.

J'étais clouée au sol, pétrifiée par la peur. Il leva sa grande canne au-dessus de ma tête. Il était sur le point de me frapper !

Tout à coup, une petite voix s'écria :

- Cours, Weenie, cours !

Derrière cet homme, il y avait une petite fille à la robe rouge vif et aux cheveux blonds : mon double. L'homme se retourna aussitôt, comme s'il avait entendu quelque chose, lui aussi. Ce fut justement ce réflexe qui lui fit manquer sa cible (moi).

Pas le temps de penser, ni de crier. Tandis qu'il brandissait sa canne dans l'intention de me frapper, je me mis à courir. Mes pieds touchaient à peine le sol, esquivant les melons, pendant que je me frayais un passage à travers la plantation. J'avais presqu'atteint l'extrémité de la rangée d'arbres quand mon orteil heurta quelque chose. Je tombai, en m'étalant de tout mon long.

Je rampai sur les genoux et jetant un coup d'oeil derrière moi, je vis une scène étrange. L'homme avait cessé de me poursuivre et frappait l'air de sa canne comme s'il se battait avec quelqu'un. Tandis que je reprenais péniblement mon souffle, il se retourna en un éclair et avec des bonds de géant il regagna la rangée de sassafras.

Une fois sur pieds je courus d'une traite, sans même crier, jusqu'à la maison. Mère finit par comprendre, en dépit de mes sanglots et propos incohérents, qu'on avait tenté de m'agresser.

Nous étions isolés, pas de téléphone, mais étant donné que je n'avais rien, nous attendîmes que mon beau-frère Lonnie Williams revienne de la ville.

Père alla au champ où il put voir les traces de pas et les marques de la canne qui confirmèrent mon histoire, mais comme il fallait s'y attendre, l'inconnu avait filé.

Je ne revis pas mon double avant dix ans. J'étais revenue de l'hôpital où j'avais rendu visite à ma mère. J'allumai la lumière de ma chambre. Et voici que mon double était là, assis sur le bord de mon lit. Elle aussi avait grandi. Elle portait, comme d'habitude, les mêmes vêtements que les miens. Ses mains reposaient sur ses genoux et elle avait au doigt un double de ma bague d'écolière. Je la fixai du regard, et elle disparut. Je ne l'ai plus jamais revue.

 

Florence Sypert, Longview, Texas, août 1975.

Compilé par Fate Magazine

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commentaires

masquerytte 02/02/2014 21:03

Dans la série de livres de Guy Breton et Louis Pauwels "Histoires magiques de l'Histoire de France"on peut lire diverses histoires de ce genre,plus ou moins cocasses,mais il semblerait bien que certaines personnes subissent ce phénomène

Parvati 03/02/2014 19:09

Bonsoir,

Les Allemands l'appellent le Doppelgänger. Le double d'une personne (en fait son corps éthérique) apparait parfois quelques semaines avant sa mort, ce qui explique pourquoi, dans certaines cultures, on considérait son apparition comme un mauvais présage. Mais ce récit prouve que ce n'est pas toujours le cas, et heureusement !