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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 07:20

 

C'était la fin de l'hiver, et cette nuit calme et paisible, avec une lune trônant haut dans le ciel, faisait douter qu'on était au plus fort de la première guerre mondiale, et de sa boucherie.

 


Mon mari Théodore et moi habitions à Baudette (Minnesota), près de la frontière canadienne, avec Ruth Stevens, ma belle-mère, et son plus jeune fils, Charles. Edward, le fils aîné de Ruth, était dans l'armée britannique mais il nous avait écrit qu'il ne resterait pas à Liverpool et qu'il nous ferait savoir quand il reviendrait aux Etats-Unis. Ce pouvait être n'importe quand. Par conséquent nous surveillions anxieusement le courrier et les trains venant de Winnipeg.

  


Toutefois, justement cette nuit-là, nous apprîmes qu'il n'y aurait pas de trains, à cause de problèmes sur la voie ferrée. Ce soir-là, vers 22 heures, Ruth et moi regardions par la grande fenêtre, du côté nord, et nous vîmes les phares du train de passagers en direction du sud, qui luisaient dans le lointain. La voie ferrée était à moins de 400 mètres de la maison et les trains nous apparaissaient toujours très nettement, ce qui ne nous empêcha pas d'être un peu étonnées à la vue de celui-ci. Quoiqu'il en fut, nous en déduisîmes que les problèmes de voie ferrée étaient résolus.

  


Nous observions les lumières se rapprocher, et la blancheur de la neige devenue solide rendait leur brillance éblouissante. Puis une chose étrange se produisit. La locomotive ralentit puis finit par s'arrêter; ses phares brillaient et tous les wagons étaient éclairés. Nous remarquâmes toutes deux que leurs stores étaient à moitié baissés et l'éclairage était si intense que nous pûmes voir clairement les sièges. Pas âme qui vive n'était assise ! Aucun passager, aucun conducteur, aucun cheminot n'était présent sur toute la longeur du train.

  


C'était d'un calme surnaturel, comme si la terre s'était arrêtée de tourner. Les phares se mirent à clignoter plusieurs fois comme s'ils transmettaient un message. Nous attendions que le train démarre, mais il demeura immobile. Nous l'observâmes pendant environ dix minutes : qu'est-ce qui avait amené la locomotive à s'arrêter net ?

  


Le lendemain matin, Charles, mon beau-frère, courut au bureau de poste dès l'heure d'ouverture... et revint à toutes jambes pour nous dire qu'il n'y avait eu aucun train la veille au soir. On lui avait dit que le train n'arriverait pas avant midi puisqu'il n'avait pas quitté Winnipeg avant 22 heures la nuit dernière.

 


Mais nous l'avions vu ! Ruth et moi avions vu le train immobilisé à 22 heures la nuit passée. Nous nous souvenions aussi des stores à demi baissés et des sièges vides. Qu'est-ce que cela signifiait ?

 


Ruth attendit en vain une autre lettre de son fils Edward. Nous ne l'avons plus revu et n'eûmes plus jamais de ses nouvelles à partir de ce jour.


Y avait-il un rapport entre sa disparition et le train fantôme ?
 


Extrait de "Strange but True" de Corrine Kenner & Craig Miller

 


Traduit par Parvati

 

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