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Visiteurs curieux



14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 20:27

 

Je remercie Parvati pour ce texte.

 

 

 

Le délok est un phénomène curieux, familier aux Tibétains mais peu connu en Occident. En tibétain, dé lok signifie "qui est revenu de la mort" et, traditionnellement, les déloks sont des personnes qui, à la suite d'une maladie, semblent "mourir" et se retrouvent voyageant dans le bardo. Ils se rendent dans les mondes infernaux, y assistent au jugement des morts et sont témoins des souffrances de l'enfer; ils visitent aussi parfois des paradis ou des royaumes de bouddhas. Il arrive qu'une divinité les accompagne pour les protéger et leur expliquer ce qui se passe.

 

Au bout d'une semaine, le délok est renvoyé à son corps, chargé par le Seigneur de la Mort d'un message pour les vivants les exhortant à la pratique spirituelle et les invitant à un mode de vie bénéfique.

Les déloks éprouvent souvent beaucoup de difficultés à faire admettre leur récit. Ils passent ensuite le reste de leur vie à raconter aux autres leur expérience, afin de les inciter à suivre le chemin de la sagesse.

 

Les biographies de quelques-uns des plus célèbres déloks ont été mises par écrit. Elles sont chantées dans tout le Tibet par des ménestrels itinérants.

 

Sous certains aspects, l'expérience des déloks correspond non seulement, comme on pouvait s'y attendre, aux enseignement sur les bardos, mais également aux E.P.M.


Lingza Chökyi était une célèbre délok vivant au XVIe siècle. Dans sa biographie, elle raconte comment, ne s'étant pas aperçue qu'elle était en train de mourir et se retrouvant hors de son corps, elle avait vu, allongé sur son propre lit, un cochon mort habillé de ses vêtements. Ayant tenté désespérément, mais en vain, de communiquer avec les membres de sa famille occupés à préparer à son intention les pratiques pour les morts, elle entra dans une grande fureur quand elle constata qu'ils ne faisaient aucune attention à elle et ne lui servaient pas son repas.

 

Quand ses enfants se mirent à pleurer, elle sentit tomber "une grêle de pus et de sang" qui lui causa une vive douleur. Elle raconte qu'elle ressentait de la joie chaque fois qu'on accomplissait des pratiques et qu'elle éprouva un bonheur infini quand, se trouvant enfin en présence du maître qui pratiquait pour elle et demeurait dans la nature de l'esprit, son propre esprit et celui du maître ne firent qu'un.


Au bout d'un certain temps, elle entendit une voix qui l'appelait et, croyant reconnaître celle de son père, elle la suivit. Elle parvint ainsi dans le royaume du bardo, qui lui apparut comme une contrée. De là, raconte-t-elle, partait un pont qui conduisait aux mondes infernaux et au lieu où le Seigneur de la Mort comptabilisait les bonnes et les mauvaises actions des morts. Dans ce royaume, elle rencontra diverses personnes qui lui racontèrent leur histoire, puis elle vit un grand yogi qui s'était rendu dans les mondes infernaux dans le dessein de libérer les êtres qui s'y trouvaient.


Finalement, Lingza Chökyi fut renvoyée dans le monde car une erreur s'était glissée dans son nom et celui de sa famille, et son temps n'était pas encore venu de mourir. Chargée du message pour les vivants que lui avait confié le Seigneur de la Mort, elle revint à son corps, recouvra la santé, et passa le reste de sa vie à faire le récit de ce qu'elle avait appris.


Le phénomène des déloks n'appartient pas seulement au passé; il s'est perpétué au Tibet jusqu'à une époque très récente. Il pouvait arriver qu'un délok quitte son corps pendant près d'une semaine et rencontre des personnes décédées, parfois totalement inconnues de lui, qui le chargent de messages destinés à des membres de leur famille encore en vie, leur demandant d'effectuer certaines pratiques à leur intention. Le délok retourne alors à son corps et transmet les messages. C'était, au Tibet, un fait admis, et l'on avait élaboré des méthodes ingénieuses pour vérifier que les déloks n'étaient pas des imposteurs.

 

La fille de Dilgo Khyentsé Rinpoché a raconté à Françoise Pommaret, auteur d'un livre sur les déloks, qu'au Tibet, tandis que le délok se trouvait dans cet état particulier, on bouchait les orifices de son corps avec du beurre et on recouvrait son visage d'une pâte confectionnée avec de la farine d'orge. Si le beurre ne fondait pas et si le masque ne se fissurait pas, le délok était reconnu comme authentique.


La tradition des déloks se perpétue aujourd'hui dans les régions himalayennes du Tibet. Ce sont des individus tout à fait ordinaires, souvent des femmes, qui sont animées d'une dévotion et d'une foi fervente. Ils "meurent" à certaines dates spéciales du calendrier bouddhiste, pendant un certain nombre d'heures; ils ont pour fonction principale de servir de messagers entre les vivants et les morts.

 


Extrait du livre de Sogyal Rinpoché, Le livre tibétain de la vie et de la mort.

 

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commentaires

Parvati 17/05/2010 18:49



Personnellement, je ne pense pas que ces déloks créent toutes ces images, qui ne seraient pas la "vérité"...


Comme ces expérienceurs qui voient le "Christ"...


Les Orientaux, comme les Occidentaux, sont manipulés.


Et le fond du message est toujours le même : il faut délaisser les plaisirs terrestres pour se consacrer à la spiritualité...


Ben voyons


C'est qu'il faut garder le troupeau humain sous contrôle



masquerytte 15/05/2010 20:22



c'est ce qu'on appelle chez-nous les NDE!!et puis l'esprit  de l'individus selon sa culture crée ce qu'il voit de l'autre coté du voile,et comme il revient il n' a pas le temps de voir la
"vérité"..



Fée 17/05/2010 07:56



Tout à fait, TOut le monde y a droit (aux EMI). Peu importe la culture ou la religion; ùaos de là à dire que ce qu'ils voient c'est l'autre côté du voile, j'émets un gros doute.