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27 septembre 2005 2 27 /09 /septembre /2005 00:00

Possesseur d'un antique manuscrit, un écrivain public mystérieusement enrichi aurait découvert la pierre philosophale recherchée depuis la plus haute antiquité par des générations d'alchimistes.

Est-il réellement parvenu à réaliser le Grand Oeuvre : la transmutation des métaux ?

L'histoire de l'alchimie occidentale commence au XIIe siècle en Espagne, alors frontière entre le monde occidental et monde arabe.

Les catholiques reprennent peu à peu la péninsule Ibérique et s'approprient les trésors des bibliothèques arabes, riches en textes sur la médecine, les mathématiques, l'astronomie et l'alchimie.

Les Européens découvrent les écrits de Djabir ibn Hayyan et Muhammad ibn Zakariyya al-Razi (Geber et Rhazes en latin), alchimistes arabes des VIIIe et IXe siècles, outre les traductions de textes arabes, de nombreux manuscrits originaux circulent en Europe.

La plupart ne sont que des livres de recettes chimiques élémentaires, sans portée ésotérique.

Il est difficile d'en déterminer les auteurs et les dates : les alchimistes emploient souvent des noms d'emprunt.

Aux XIVe et XVe siècles, l'alchimie est au sommet de sa gloire.

Le livre d'Abraham le Juif

C'est à Pontoise, aux alentours de 1330, que naît Nicolas Flamel.

Ses parents sont d'origine modeste, mais il apprend à lire et à écrire le français ainsi qu'un peu de latin auprès des bénédictins.

Il devient apprenti écrivain public chez maître Gobert, puis rachète une charge de juré-librairie-écrivain.

Son échoppe est sise près de l'église Saint-Jacques-la Boucherie, dont il reste aujourd'hui encore la tour Saint-Jacques.

Dans sa boutique, à l'enseigne de "La fleur de lys", il dresse les comptes des petits commerçants, apprend aux bourgeois à signer de leur nom, copie et enlumine des manuscrits : l'imprimerie n'existe pas encore.

D'après ses récits, un ange lui apparaît une nuit en songe et lui montre un ouvrage extraordinaire. Mais il se réveille avant d'avoir pu en lire le contenu.

Intrigué, il garde le rêve en mémoire.

En 1357, un homme entre dans sa boutique et lui propose un volume relié de cuivre.

Flamel reconnaît le volume : il l'a vu dans les mains de l'ange.

Il n'hésite pas et l'achète pour la somme de deux florins.

L'ouvrage, signé Abraham le Juif, porte sur la première page une malédiction destinée à ceux qui oseraient aller plus loin dans la lecture, à l'exception des prêtres et des écrivains.

Entrant dans cette dernière catégorie, Flamel se sent protégé et commence à lire.

Le volume provient sans doute des affaires abandonnées d'un juif arrêté ou ayant fui précipitamment pour échapper au bûcher.

Il contient vingt et un feuillets couverts de textes alchimiques que Flamel ne comprend pas.

La route pour Saint-Jacques

Pendant près de vingt ans, Nicolas Flamel tente avec l'aide de sa femme, Pernelle, de déchiffrer les mystérieux feuillets.

Il ne délaisse pas sa boutique, mais, chaque soir, passe plusieurs heures courbé sur le manuscrit hermétique.

Pourtant, le travail ne progresse pas et il désespère.

Les alchimistes consulté ne parviennent pas plus que lui à éclairer le texte mystérieux.

Il voudrait trouver l'aide d'un savant hébraïque, mais les juifs, persécutés depuis le très catholique Philippe le Bel, ont fui la France ou se sont convertis pour se fondre dans l'anonymat.

C'est en 1378, lors d'un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, que Flamel rencontre maître Canches, vieux médecin juif converti.

Maître Canches, enthousiaste, est persuadé qu'il s'agit d'un livre ayant trait à la kabbale, ancienne tradition juive ésotérique fondée sur l'interprétation mystique de l'Ancien Testament.

Le médecin décide d'accompagner Flamel à Paris pour voir le manuscrit original.

En chemin, il explique au Français ses clefs d'interprétation et les deux hommes se mettent au travail sur les extraits emportés par l'écrivain.

Mais, déjà malade avant sa rencontre avec Flamel, maître Canches doit s'arrêter à Orléans.

Il agonise plusieurs jours et meurt sans avoir vu Paris ni le manuscrit original d'Abraham le Juif.

De l'or !

Grâce à son aide cependant, Flamel en sait assez pour poursuivre ses recherches.

Pendant deux années, il étudie le manuscrit et tente des expériences.

Dans ses textes, il racontes que c'est le 17 janvier 1932 qu'il parvient à un premier résultat : "La première fois que je fis la projection, ce fust sur du mercure, dont j'en convertis demy-livre ou environ en pur argent, meilleur que celuy de la minière, comme j'ay essayé de faict plusieurs fois".

Selon ses dires, Flamel a découvert l'élixir blanc, le petit magistère, qui transmute le mercure en argent.

Il se sait proche du Grand Oeuvre, proche de l'or.

C'est en avril, trois mois plus tard, que Flamel réalise l'élixir rouge, la pierre philosophale.

"Je fis la projection avec de la pierre rouge sur semblable quantité de mercure, en présence encore de Pernelle seule, en la même maison, le vingt-cinquième d'avril suivant de la même année, sur les cinqu heures du soir, que je transmuay véritablement en quasi autant de pur or, meilleur très certainement que l'or commun plus doux et plus ployable."

A cinquante-deux ans, le petit écrivain public détient un pouvoir plus grand encore que celui du roi : il peut fabriquer de l'or.

Mais il reste discret et ne modifie pas ses habitudes de vie, de crainte d'attirer l'attention.

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