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4 août 2005 4 04 /08 /août /2005 00:00

 

Atteintes d'une véritable hystérie, les dix-sept soeurs du couvent des ursulines de Loudun hurlent qu'elles sont possédées par le diable.

Elles donnent un nom à celui qui par le démon est entré en elles : Urbain Grandier, curé d'une paroisse de la ville, en conflit avec la bourgeoisie locale.

Après deux ans d'accusations, Grandier est reconnu coupable de sorcellerie et brûlé. Pourant, les crises de possession des soeurs ne cessent pas.

 

 

Apparitions et possessions

En 1632, la petite ville de Loudun en Touraine compte plus de 14 000 habitants.

Entre mai et septembre, une terrible épidémie de peste tue plus de 3 700 personnes.

La ville est désespérée, traumatisée. Le fléau est ressenti comme un signe de la colère divine : c'est dans une atmosphère de fin du monde qu'apparaissent les premiers cas de possessions.

Au cours de la nuit du 21 septembre, dans le couvent qui abrite dix-sept ursulines, la prieure Jeanne des Anges et deux soeurs voient apparaître l'ombre de leur confesseur, le prieur Moussaut, mort de la peste quelques semaines plus tôt. 

Dans les jours qui suivent, d'étranges phénomènes se manifestent : une boule noire vole à travers le réfectoire, un fantôme se promène dans les couloirs.

Au début d'octobre, plusieurs soeurs manifestent des signes de démence, hurlent et se roulent par terre. Les contorsions se généralisent, tout le couvent est bientôt atteint.

Les prêtres accourent et leur conclusion tombe rapidement : les ursulines sont possédées, victimes du Malin.

Suivant la logique des religieux, Lucifer ne peut pas apparaître s'il n'a été appelé par un sorcier.

Il y a donc quelque part quelqu'un coupable de cet acte démoniaque.

De toute la région, puis de toute la France, des prêtres arrivent. Ils se livrent à des séances d'exorcisme, traquant le diable, cherchant l'homme qui l'a fait venir.

Le 11 octobre, une religieuse possédée, dit-elle, par le démon Astaroth lâche un nom : celui d'Urbain Grandier, curé de l'église Saint-Pierre-du-Marché, au centre de Loudun.

Un coupable désigné, l'accusation est reprise par d'autres soeurs et, en ville, les rumeurs se répandent rapidemment : Urbain Grandier est un sorcier. Le peuple a déjà jugé.

 

 

Grandier, un prêtre qui dérange

Urbain Grandier est un grand et bel homme, vif et intelligent. Il captive son auditoire lorsqu'il monte en chaire, mais on lui reproche son libertinage et, très précisément, son goût pour ses paroissiennes.

L'affaire, restée jusque là religieuse, devient peu à peu politique.

L'homme n'est jamais entré dans le couvent des femmes : mais la ville entière parle de lui, les ursulines le savent et se mettent à rêver de lui.

Les bourgeois de Loudun, eux, critiquent sa hauteur et son extrême ambition. Les capucins, eux aussi installés à Loudun, profitent de la mise en cause de Grandier pour dénoncer en lui l'auteur d'un violent pamphlet contre Richelieu.

Or, le baron de Laubardemont, commissaire du minisitre-cardinal, arrive dans la ville en septembre 1633, pour une mission sans rapport avec l'affaire.

Sur place, il n'entend parler que des crises incessantes des religieuses, des exorcistes qui se succèdent et des présomptions contre le curé de Saint-Pierre.

De retour à Paris, il se fait attribuer le dossier.

Le 8 décembre, il est de retour à Loudun avec les pleins pouvoirs, chargé par Richelieu d'instruire le procès de Grandier.

 

Un procès exemplaire

Le lendemain de son arrivée, Laubardemont fait arrêter Grandier. Il perquisitionne chez le prêtre sans rien y trouver de compromettant et, durant le mois de janvier 1634, il recueille dépositions et témoignages.

Du 4 au 11 février, il interroge Grandier. Le prêtre nie les accusations de sorcellerie puis refuse de répondre aux questions de Laubardemont.

Dans leur couvent, soumises depuis plus d'un an à des exorcismes réguliers, les possédées ne sont toujours pas délivrées. On vient les voir se contorsionner, hurler le nom de leur démon et injurier les prêtres.

Laubardemont décide de les séparer pour examiner chaque cas : cela n'empêche pas le public de venir assister, en foule, aux innombrables exorcismes.

Les médecins, conviés par Laubardemont à obserer les possédées, rendent bientôt leur conclusion : "Toutes lesquelles choses nous jugeons surpasser absolument les forces et les moyens de la nature...".

L'affaire est entendue : les religieuses sont victimes du surnaturel. 

Le procès s'ouvre le 8 juillet 1634. Douze juges ont été désignés, ils viennent de petits tribunaux de la région. Ils lisent les comptes rendus d'instruction de Laubardemont, interrogent les possédées et cherchent sur Grandier des "preuves extraordinaires".

Une cicatrice au pouce désigne ainsi l'endroit, ancienne blessure qu'il se serait infligée pour signer de son sang un pacte avec le diable.

L'insensibilité d'une épaule devient la preuve que le Malin s'est emparé de cette partie de son corps et la fait échapper aux lois de la nature.

Ces preuves sont considérées comme décisives.

Le 18 août, à 5 heures du matin, les juges prononcent la sentence. Deux heures plus tard, Laubaremont vient chercher Grandier dans sa prison.

Il est soumis à la question, c'est-à-dire torturé, puis, dans l'après-midi, amené sur la place du Marché où l'attend son bûcher.

L'hystérie de quelques nonnes coûte la vie à un homme coupable d'avoir été l'objet de leurs fantasmes.

Les possédées sont devenues une attraction que l'on vient voir de loin : les crises, toujours spectaculaires, continuent plusieurs années après la mort de Grandier, jusqu'au jour où la plus virulente des possédées, Jeanne des Anges, change de personnage et devient une visionnaire habitée par Dieu.

 

 

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commentaires

mandaroux 09/11/2016 09:18

merci pour ce témoignage, cela va bien nous aider pour les TPE.
Ilena et Felicie

Discover More 26/08/2016 11:20

Très bon poste. J'ai simplement tombé sur votre blog et voulais dire que je ?? ai vraiment chéri regardant vos messages weblog. En dépit de tout ce que je vais en toute probabilité être abonnés à votre flux et j'espère que vous écrivez dès supplémentaires prochainement!

Nemesis 16/10/2012 20:33


Bonjour,


Article très intéressant. Je suis loudunaise d'origine et m'intéresse particulièrement à cette affaire depuis quelques temps.


Du coup, j'en profite pour vous demander si vous avez des informations plus précise quand à la localisation du dit couvent, car c'est un endroit que j'aimerais visiter moi-même.


Merci d'avance, et bonne continuation !

Parvati 20/10/2012 17:03


Je réponds à la place de Fée (qui s'occupe de son bébé) : personnellement, je n'ai pas d'informations.


Samuel Rooke 22/03/2010 23:50


Bonjour

Ça fait très longtemps que nous nous somme pas parlé ! Je t'ais envoyer un message à propos de ce titre. En gros j'aimerais savoir les sources de cette article

Sinon, ce que je pourrais dire de ça, c'est qu'il n'y as pas grand chose de paranormal. Le contexte socio-historique (inquisition) mène à la conclusion que c'est un des nombreux abus de l'Église.
Plusieurs prémisses font en sorte qu'un coup monté ait été fait, malgré les "possessions" qui continuèrent. Grandier courrait les jupons et s'opposait farouchement à la contre-réforme catholique
crée face à la monté d'autres branches religieuses (lutherisme, calviniste). Il critiquait aussi la démolition des fortification commandé par le Cardinal Richelieux. Le prieur n'était pas aussi
aimé par les religieuses du couvant.

Tout cela fait en sorte que Grandier était une cible facile pour le buché. L'utilisation de ce genre d'accusation n'était pas rare à cette époque et Grandier a toujours dénié les accusation porté
contre lui malgré les tourtures qu'il a subit, et ce, au nom de dieu.

Sources sur demandes ! Merci
Sam    


Fée 23/03/2010 09:27


Hello !

Ca fait un bail en effet !
Je n'ai pas étudié cette histoire à fond, mais l'hypothèse que tu cites est intéressante.

La source de cette histoire est au niveau du sommaire (comme pour chaque histoire de cette rubrique à ce jour - 23 mars 2010-)

Voici le lien du sommaire en construction : http://entite.over-blog.com/article-1915095.html


Dimitri G. 09/04/2008 22:53

Hello ! Un pti message juste pour préciser que Loudun ne se trouve pas en Touraine mais tout simplement dans le Loudunais... Je vis dans les environs de Loudun, cette histoire d'Urbain Grandier m'interesse beaucoup... on y trouve encore quelques références à l'entrée de l'eglise de Loudun, et à l'eglise Sainte-Croix, sur la place où il me semble qu'il a été brûlé...