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28 juillet 2005 4 28 /07 /juillet /2005 00:00

 

MESMER ET LE MESMERISME

 

 

 

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, Paris se passionne pour un nouveau procédé, le magnétisme, qui semble opérer des guérisons miraculeuses.

La méthode est décriée par la médecine oficielle, mais elle n'en est pas moins à l'origine d'un certain nombre de découvertes scientifiques.

 

 

 

En 1779, Mesmer fondateur du magnétisme, publie son Mémoire sur la découverte du magnétisme animal.

Il y expose, en vingt-sept articles, sa doctrine, et le texte devient la chartre à laquelle se réfèrent tous les fidèles.

 

 

Le magnétisme animal

 

Né en Allemagne en 1734, Franz Anton Mesmer suit des études de médecine à l'école de Vienne et en sort diplômé en 1766.

 

A cette époque, il est déjà docteur en philosophie.

Il ouvre un cabinet à Vienne et, en 1772, commence à expérimenter la méthode magnétique sur ses patients.

L'Allemand part du postulat qu'il existe un fluide universel qui est en interaction avec les corps célestes et les autres corps animés.

Il en résulte de cette influence mutuelle des effets de flux et de reflux, qui agissent sur l'homme en s'insinuant dans la substance des nerfs.

 

 

Or, toutes les maladies proviennent d'une mauvaise répartition du fluide à l'intérieur du corps.

Le lien entre l'homme et l'univers étant du même genre que le lien existant entre les objets aimantés, il suffit donc, grâce à un aimant ("magnétisme minéral"), de drainer le fluide afin de rééquilibrer l'organisme.

 

 

Mesmer soigne tout d'abord ses malades en leur appliquant des aimants qu'il fait fabriquer par les ouvriers de l'Observatoire de Vienne afin qu'ils puissent convenir à différentes parties du corps.

 

Puis, après un an de pratique, s'apercevant qu'il obtient d'aussi bons résultats par l'imposition des mains, il abandonne les aimants. Il passe ainsi du "magnétisme minéral" au "magnétisme animal", c'est-à-dire transmis par le corps même, en l'occurence les doigts.

 

 

 

Controverse et succès

 

La thérapeutique de Mesmer consiste en une imposition des mains ("passe"), localisée ou générale suivant la maladie.

Elle doit redonner du tonus nerveux aux patients et  supprimer notamment les douleurs et les tics.

 

La première relation de ce traitement concerne un certain Osterwald, membre de l'académie de Bavière, que Mesmer aurait quasi miraculeusement guéri d'une paralysie et d'une cécité totales.

Mais à l'Hôpital général de Vienne refuse d'authentifier cette guérison.

Il s'agit là de la première confrontation entre Mesmer et la médecine officielle, laquelle niera toujours toute légitimité à ses pratiques.

 

 

Mesmer décide ensuite de tenter de guérir des affections comme l'hémiplégie, l'ophtalmie ou encore les vomissements de sang.

Et il semble, en effet, obtenir des résultats. Le grand-duc de Bavière, Maximilien-Joseph, le fait venir à deux reprises à Munich àpour qu'il lui expose sa méthode.  

Il devient réellement célèbre avec la guérison du baron Horka, qui souffre de spasmes du pharynx et qu'aucun médecin n'a pu auparavant soulager.

 

 

Mais en 1775, l'académie de Berlin publie une lettre dans laquelle elle traite le magnétisme de mystification.

Mesmer n'en continue pas moins ses traitements. Plusieurs échecs, pourtant, et l'opposition continuelle des médecins le font quitter Vienne pour Paris, où il s'installe en 1778.

 

L'année suivante, son Mémoire sur la découverte du magnétisme animal lui assure un succès de curiosité et il reprend ses traitements.

 

 

 

Le "baquet" de Mesmer

 

S'apercevant que les propriétés de l'aimant peuvent se transmettre à d'autres objets, comme à des barres de fer, Mesmer pense que le magnétisme animal peut lui aussi se transmettre, notamment à l'eau.

 

Il invente ainsi son fameux "baquet" et développe les pratiques de "magnétisme collectif" qui regroupent une dizaine de patients.

Le magnétisme collectif alterne avec le "magnétisme individuel", qui peut se pratiquer au domicile du malade.

 

Mesmer se livre alors à des manipulations qui se limitent à l'organe déficient du malade, ces manipulations pouvant parfois prendre la forme de longs massages. Il prescrit en général peu de médicaments.

 

 

Dans les années 1783-1784, le mesmérisme devient la cure à la mode : c'est alors que la Faculté de médecine obtient l'interdiction des séances, ce qui entraîne la colère des patients et de l'opinion.

 

A la suite de cette affaire, Louis XVI décide de créer deux commissions chargées d'étudier le phénomène. L'une composée de membres de la Société royale de médecine, l'autre de savants de l'Académie des sciences.

Leur verdict est sans appel. Il conclut à l'inexistence du fluide universel et insiste sur le rôle de l'imagination dans la pratique du magnétisme.

Un dernier rapport note que le mesmérisme peut être dangereux pour les moeurs à cause de ses connotations sexuelles (notamment les attouchements par l'imposition des mains).

 

 

 

Du magnétisme à l'hypnotisme

 

Désabusé, et la pratique du magnétisme lui étant interdite malgré les guérisons attestées par les malades, Mesmer se retire à Constance, où il vit paisiblement jusqu'à sa mort (1815).

 

Mais ses disciples, dont les principaux sont Deleuze, l'abbé Faria et le marquis de Puységur, continuent son oeuvre.

 

En 1784, Puységur a la surprise de voir ses patients s'endormir lorsqu'il pratique l'imposition des mains.

Il découvre ainsi le phénomène du somnambulisme artificiel (qu'il dénomme "sommeil spasmodique").

 

Le chirurgient anglais James Braid, désireux d'affirmer une certaine rupture avec le mesmérisme, remplace en 1843 le mot somnanbulisme par hypnotisme.

 

Le professeur Charcot (1825-1893), enfin, neurologue exerçant à la Salpêtrière, utilise à son tour l'hypnose dans ses thérapies.

 

Le mesmérisme, voué aux gémonies par les médecins du vivant de son initiateur, connaît donc une longue descendance au sein de la médecine officielle.

 

 

 

 

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commentaires

yara 29/07/2005 14:46

je ne sais pas is tu connais mais dans artémis fowl, il parle du mesmer!