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26 juin 2005 7 26 /06 /juin /2005 00:00

 

 


En l’an 1357, la veuve d’un noble français, Godefroy Ier de Charny, cède à l’église collégiale de Lirey, dans le diocèse de Troyes, un suaire marqué de l’empreinte d’un corps qu’on dit être celui du Christ.

Les vicissitudes de la guerre et de la politique font que le suaire quitte la Champagne en 1418.

On le trouve ensuite à Liège, puis à Chambéry (1453), où il est partiellement détruit dans un incendie en 1532.

En 1578, il arrive à Turin, où il est, depuis, conservé et vénéré par des milliers de fidèles.

 

 

De la Palestine à la Champagne  

Le nom de « Saint Suaire » a été donné il y a quelques siècles au linceul dans lequel Joseph d’Arimathie est censé avoir enveloppé le corps du Christ après la crucifixion.

Entre ce moment-là et la réapparition du linge à Lirey près de quatorze siècles plus tard, on perd totalement sa trace.

Les tenants de l’authenticité du suaire ont retrouvé cependant une piste intéressante, même si elle doit, au départ, beaucoup à la légende.

 

Abgar, un roi d’Edesse (la ville d’Urfa, en Turquie) converti au christianisme au début du 1er siècle, aurait gardé le suaire après avoir été guéri de la lèpre à son contact.

Son successeur étant retourné au paganisme, les chrétiens de la ville auraient dissimulé la relique durant cinq siècles dans une niche.

En 944, les Byzantins, qui la nomment mandylion (mot grec désignant une robe ecclésiastique), l’auraient reprise aux musulmans alors maîtres d’Edesse.

Le suaire serait demeuré à Constantinople jusqu’en 1204, année du premier sac de la ville.

 

Comment, ensuite, le retrouve-t-on en France ?

Peut-être grâce aux Templiers, qui auraient sauvé la relique : un grand maître du Temple de Normandie, qui périt sur le bûcher avec Jacques de Molay en 1314, s’appelait en effet Geoffroy de Charney, une variante de Charny.

Il pourrait être à l’origine de la réapparition du suaire en Champagne, avant 1356.

 

 

Une falsification de génie ?
Mort en 1356 à la bataille de Poitiers, Godefroy Ier de Charny emporte avec lu ile secret de l’acquisition du suaire.

 

Les chanoines de Lirey présentent, eux, la relique comme étant une « figure ou représentation du suaire de Notre Seigneur Jésus-Christ », formule qui ne tranche pas le problème de son authenticité.

 

Intrigué, l’évêque de Troyes fait procéder à une enquête dont nous ne savons guère que la conclusion : elle aboutit à l’aveu d’un peintre qui dit avoir réalisé l’image. L’ostension de celle-ci est dès lors interdite.

 

En 1389, Geoffroy II de Charny obtient pourtant du légat du pape d’Avignon, Clément VII, l’autorisation d’exposer à nouveau le suaire.  

Les pèlerins affluent aussitôt pour vénérer ce qu’ils considèrent comme l’empreinte incontestable du corps du Christ, et cette crédulité populaire inquiète tant l’évêque de Troyes qu’il renouvelle au bout de quelques mois l’interdiction d’exhiber l’image contestée, cette fois sous peine d’excommunication.

 

Sa décision est cassée dès 1390 par le pape Clément VII, qui demande toutefois aux chanoines de Lirey de bien avertir les fidèles qu’il ne s’agit que d’une

« peinture faite pour représenter le Suaire ».

 

 

 

Lors du séjour de la relique à Liège, l’évêque de la ville condamne encore ceux qui veulent la faire passer pour authentique.

 

Mais, dès le XVIe siècle, elle fait l’objet d’une immense vénération et nul ne songe plus à mettre en doute son authenticité. Pourtant, l’Eglise s’abstient toujours de confirmer celle-ci.

 

 

Rebondissement scientifique  


C’est, paradoxalement, au XXe siècle, au temps des expertises, scientifiques modernes, que le problème de l’origine et de la date du suaire se trouve de nouveau posé, en des termes tout à fait insolites.

 

En 1898, la première photographie jamais faite de l’objet montre, sur le négatif, un luxe de détails invisibles jusque là :

 

 

 

 

 

 

Par la suite, les études se succèdent, à partir de clichés de plus en plus précis, puis d’analyses sur la relique elle-même.

 

Des 1902, un biologiste et un anatomiste français, les professeurs Paul Vignon et Yves Delages, font remarquer l’extraordinaire précision anatomique du dessin porté sur le suaire – précision inconcevable dans les conditions de la peinture du XIVe siècle.

 

Bien plus tard, dans les années 70, le tissu et la poussière le couvrant sont soigneusement étudiés.

Le linge est fait de lin entremêlé de coton, selon un procédé de tissage typique du Moyen-Orient, et les pollens contenus dans la poussière prouvent qu’il a séjourné dans la région du Jourdain et en Turquie – ce sont autant d’indices de son authenticité.

 

En 1978, des examens plus poussés encore sont menés par une équipe internationale comprenant des membres de la NASA.

Ils montrent la présence de traces de sang dans le tissu et mettent en évidence une très étrange particularité dans le dessin figuré sur le linceul : sa reproduction photographique, passée au simple analyseur d’images, produit un effet de relief que ne restituent sur des photographies d’images « normales » que des appareils extrêmement sophistiqués.

 

 

Enfin, plus récemment, une analyse au carbone 14 est effectuée – l’autorisation de la mener avait été longtemps refusée aux scientifiques, de peur que l’examen n’endommage la relique.

Elle confirme la possible authenticité de l’image, en indiquant que le lin composant le tissu du linceul a été cueilli bien avant le Moyen Age, et plus précisément aux environs des débuts de l’ère chrétienne, entre 100 avant notre ère et 200 de notre ère…

 

Mais toutes conclusions scientifiquement incontestables sont purement négatives : si elles rendent peu défendables la version, celle d’un œuvre peinte tardivement par une main humaine, elles ne disent nullement comment, pourtant, l’empreinte d’un corps peut effectivement s’être trouver imprimée sur le linge…

De sorte que la relique peut, désormais plus que jamais, être livrée à la foi et à l’adoration à Turin.
 

Le mystère du suaire de Turin reste entier…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  >> Sur la plaque de verre surgit en effet, non la silhouette pâle et floue que présente le suaire, mais l’image nette d’un homme d’une impressionnante beauté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

IL 21/01/2006 20:33

C'est à Oviedo en Espagne que se trouve le Sudarium ( linge dont on recouvrait le visage du mort ) que la tradition attribue au Christ.  Le sang de ce linge est du même groupe AB que le saint suaire.
 
 
 

Laurent Isabelle 27/09/2005 22:21

il existe en espagne ( je ne sais plus où) une relique représentant un linge souillé de sang et que la tradition populaire attribue au christ
les analyses adn du sang montreraient qu'il s'agit du même sang que le suaire de Turin
un livre intéressant sur le suaire: CONTRE ENQUETE SUR LE SAINT SUAIRE de Maria Grazia SILIATO
 
>> Merci, pour avoir indiqué ce livre ! *Van/fée

lionllionelellionell 08/08/2005 17:58

:0038: la vérité dans la foi se vit selon son état d'esprit à soi!
amitié
L.I.O.N.E.L

Mayou 02/08/2005 16:25

ce que les scientifiques ont reproduit c'est juste une peinture du suaire. D'après d'autres scientifiques, cette reproduction n'a aucun rapport avec le suaire ... ce n'est pas la même façon de tisser ... de plus, ils ont fait une peinture. Alors que le suaire est un négatif ...
 
>>Mais d'après les dernières news que j'ai entendu, les scientifiques n'auraient pas découpé un morceau de tissu de leur choix. Donc il y aurait des contradictions sur les dates données au carbone 14. Vu que le tissu aurait été rapiécié et que le prélèvement aurait été pris vers les bords de l'étoffe.
Donc, le mystère du saint n'est pas encore élucidé. *Van/fée

Seb 28/06/2005 21:32

Très récemment ('ai entendu l'info ily a moins de deux semaines), on a reproduit TRES simplement un suaire identique (y compris l'effet de négatif) avec des moyens de l'époque et en moins de 15 minutes.
 
>> Exact ! Alors qui sait, le suaire ne serait qu'une peinture, tout est possible ! *Van/Fée