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28 novembre 2006 2 28 /11 /novembre /2006 10:20

 

 

Bonjour Van,    

Cela se passe en 1941 dans un hôpital à Arlon.
Et c'est vrai que la médecine n'est pas à son apogée, loin s'en faut, les soins laissent à désirer car les médicaments sont distribués au compte goutte, et la priorité va aux soldats blessés.

L'hôpital est archi complet, des lits de malades partout, dans les couloirs, les salles d'attente, la chapelle, on enjambe les lits dans les chambres pour y caser des malades, des blessés, tant et plus.  
Mon petit lit à moi se trouvait derrière la porte, dans une chambre normale mais comprenant au moins 4 à 5 lits.

Je me rappelle cette porte qui, chaque fois qu'elle s'ouvrait, cognait le lit, me secouant sans répit de jour comme de nuit.
J'étais là, en attente d'une opération qui s'avérait chaque jour plus urgente à effectuer, mais le seul et unique chirurgien était débordé.

C'est une mastoïdite qui m'a terrassée et l'infection gagnant, le médecin m'opère enfin.
Je me rappelle bien cette opération puisque je me réveillais au beau milieu, l'anesthésie étant sans doute insuffisante, puis ce fut le néant !
Lorsque je me réveillais, je n'étais pas dans mon lit, mais assise sur l'appui de la fenêtre ouverte et je regardais le jardin en contre-bas !
Je ne me souvenais de rien, du moins je ne me posais pas de question, légère, je me sentais bien, saine, pas de bobos, pas de bandages.

Je regardais les patients dans leur lit, je les connaissais bien. Les plus valides, dressés sur leurs coudes regardaient vers la porte.
Puis je vis ma mère, ma grand mère, en pleurs, les deux religieuses qui s'agitaient en tous sens, un médecin qui accourt : " Reculez, reculez !", criait-il. 

Une des religieuses égrenait un Jésus-Marie-Joseph convaincant, bref, un remue-ménage des plus réussis ! 

Et je me sentais bien, j'avais envie de m'envoler vers le jardin, toucher les fleurs (que je pourrais encore décrire et dont je respire encore le parfum quand je me re-projette dans ces souvenirs), me promener dans les allées. J'avais l'impression que tout ces va-et-vient ne me concernaient pas. 
Et puis je me suis vue dans ce lit, pâle, la tête entièrement bandée, et j'ai pensé que c'était comme ça qu'on était lorsqu'on était mort ! Je comprenais ce qui se disait autour de ce lit, je l'entendais ! 

Ma mère se tordait les mains, ma grand-mère s'énervait sur les gens qui s'activaient autour de moi. 
J'ai soupiré, comme quand on s'amuse bien et que soudain il faut tout arrêter pour ranger, se laver, aller au lit, et j'ai pensé qu'il fallait que je retourne dans ce corps qui était le mien et que je ne pouvais plus attendre pour le faire. Un dernier regard au jardin, regrets de ne pouvoir m'envoler...
 
Lorsque j'ai ouvert les yeux, bien plus tard, j'ai appris que l'on m'avait donnée pour morte, puis que soudain j'étais "revenue"....  le curieux de cette histoire, c'est que, tant que j'eus la tête dans les bandages, je n'entendais rien.
 
La surprise de ma mère lorsque je lui demandai plus tard : "Pourquoi t'as dit ça... ?" Et elle répondait  : " Mais comment sais-tu ça, tu étais... ?" Elle se retenait à temps pour ne pas dire "morte".

Pour moi, pas de trou noir, pas de lumière, pas de musique, rien de tout cela. 
Il m'est resté ces souvenirs vivaces, une demi-surdité, des rêves de légèreté et d'envols, et certains dons. 

Je ne sais si cette petite histoire apportera sa pierre à l'édifice de la Connaissance, mais pour moi elle a orienté valablement ma vie et je ne regrette rien, pas plus que je ne tire de conclusion malgré tout ce que cela m'a apporté de merveilleux, parfois, mais cela c'est une autre histoire.

Amicalement
 

Shamyra

 

 

 

 

 

>> Bonjour Shamyra et merci de m'avoir fait parvenir votre vécu.

Il est vrai que selon ce qui nous arrive (choc psychologique, N.D.E, etc.) cela peut déclencher des dons. On en a tous à la base, et cet événement a tout déclenché pour vous. Amitiés *Van

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commentaires

Parvati 28/11/2006 12:36

Bonjour, Shamyra,
Tu as fait une sortie hors du corps et ça ne m'étonne pas. Beaucoup de gens en font lorsque les circonstances s' y prêtent (souvent quand elles sont sur la table d'opération). Elles voient tout ce qui se passe et le médecin est stupéfait quand elles racontent ce qu'elles ont vu, étant donné que tout est exact. Pour moi, cela prouve une chose, c'est que l'âme ne meurt pas, et que la mort physique n'est pas une fin, mais juste une étape. Beaucoup de sceptiques ont changé d'avis après avoir vécu une expérience similaire, notamment un psychiatre qui considérait de tels récits comme de l'affabulation ou effets psychologiques dû à l'état du patient à ce moment-là. Il a été bouleversé lorsque cela lui est arrivé. Depuis, il considère les récits comme le tien avec beaucoup plus d'attention, et de compréhension. Il n'a plus l'attitude un peu hautaine du "spécialiste" face au profane. Et il devrait savoir que d'autres font une sortie hors du corps alors qu'ils ne sont même pas malades, l'effet psychologique n'a donc rien à y voir.

Marie/Ormael 28/11/2006 11:14

Bonjour Shamyra,Quel beau témoignage que le vôtre ! Vous êtes sortie de votre corps, et cela a suffi pour vous donner morte, car à l'époque, il n'y avait pas les appareils que nous avons maintenant. En fait, si vous n'étiez pas rentrée dans votre corps à ce moment là, vous auriez connu le tunnel et la lumière. Je pense qu'après cela, vous n'avez plus peur de la mort, sachant que le corps contient le "moi", mais que ce "moi" peut quitter le corps et finalement vivre sans lui, comme Descartes lui-même l'avait expérimenté !Merci pour ce beau témoignage.Marie/Ormael