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Visiteurs curieux



11 juin 2005 6 11 /06 /juin /2005 00:00

 

 

 La naissance de l'égyptologie

 

Lorsque Napoléon Bonaparte débarque en 1798 en Egypte, il n'est pas accompagné que de soldats car de nombreux savants l'accompagnent.

C'est ainsi qu'une science nouvelle apparaît : l'égyptologie.

La découverte de la pierre de Rosette comportant un texte bilingue permettra à Champollion de traduire les hiéroglyphes en 1822 et Auguste Mariette découvrira en 1851 les nécropoles souterraines de Memphis.

 

 

Tout au long du XIXe siècle et au début du XXe, l'Égypte est à la mode.

Elle passionne l'Europe et l'Amérique et les expéditions se multiplient.

 

En 1831, le Pacha Méhémet Ali offre à Louis Philippe un des deux obélisques qui ornent l'entrée du temple de Louxor et trente-deux ans plus tard le Khédive Ismail crée le musée du Caire.

Mariette en devient le premier conservateur, et à sa mort un certain Maspero lui succède.

 

 

Dès 1880, les Anglais prennent la relève des français avec l'Egypte Exploration Society de Flinders Petrie.

 

Après la première guerre mondiale, les recherches reprennent dans les années 1920 de plus belle.

 


C'est en 1922, dans la Vallée des Rois, en haute Égypte, que fut découverte la plus grande trouvaille archéologique par un archéologue du nom de Howard Carter.

 

 

 


La tombe de Toutankhamon est la seule tombe royale d'un pharaon du Nouvel Empire jamais mise à jour avec tous ses trésors reposant là depuis trois mille ans et trois cents ans.

 

Mais ses ouvriers le préviennent, une malédiction est attachée à la sépulture, ceux qui la violeront mourront.

 

Or, peu de temps après, plusieurs personnes ayant pris par à l'expédition moururent dans d'étranges circonstances.

 

Malédiction ou coïncidence ?

 

 

 

 Le début de l'aventure

 

Jeune dessinateur et aquarelliste anglais, Howard Carter est un personnage hors du commun.

 

Autodidacte, passionné d'égyptologie, c'est à dix-sept ans, en 1890 qu'il trouve un emploi au British museum.

 

Il est chargé de faire des copies de hiéroglyphes, là commence vraiment la naissance de sa passion.

 


En 1891, il est envoyé sur le terrain et débarque pour la première fois au Caire.

Il apprend " sur le tas ", en particulier comme assistant du célèbre égyptologue Flinders Petrie et du célèbre suisse Edouard Naville, deux brillants fouilleurs.

 

Il ne se contente pas de son travail de copieur et d'aquarelliste, mais apprend rapidement l'écriture hiéroglyphique et devient un chercheur et un égyptologue compétent.

 


Neuf ans plus tard, Gaston Maspero, conservateur du musée du Caire, lui confie un poste d'inspecteur des antiquités ; ses rapports difficiles avec les amateurs venus visiter les fouilles lui font renoncer à cette fonction l'année suivante.

 

Sans emploi, il ne se résout pas à rentrer en Angleterre.

 

En 1906, Maspero lui présente lord Carvarnon, riche passionné d'égyptologie.

 

Il se fait attribuer une concession de fouilles et engage Carter.

Dès la première année, les deux hommes et leur équipe découvrent la tombe d'un prince de la 17ème dynastie, pillée mais où subsiste un certain nombre d'objets encore intacts.

 

Cela décuple l'enthousiasme du lord, d'autant que Carter lui expose son raisonnement qui est le suivant.

 

En effet, il a étudié tout ce qui a trait à ce site prestigieux qu'est la Vallée des Rois et où furent enterrés en grande pompe les plus célèbres pharaons du nouvel empire égyptien entre 1600 et 1100 environ av. J.-C.

 

 

Il a eu l'idée que la Vallée, sise au pied de la Montagne d'Occident, derrière les grands temples funéraires thébains, en face de Karnak, n'a pas livré tous ses trésors.

 

 

 

 

Il a passé en revue les travaux effectués depuis le XVIIIe siècle sur les hypogées royaux qui s'enfoncent dans la roche.

Il connaît les explorations des pionniers de l'archéologie.

Il a épluché toutes les publications des fouilleurs.

Il avait établi des listes de pharaons et mis en regard les tombes qu'ils occupaient.

 

Il demande donc a Carnarvon de reprendre la succession de l'Américain Davis qui venait de trouver une cache secrète avec entre autre un coffret au nom de Toutankhamon.

 

Pour lui, il n'y a aucun doute, il reste une tombe royale qui n'a pas été trouvée, celle de Toutankhamon.

 

Ils sont prêts à se lancer dans l'aventure lorsque la première guerre mondiale éclate.

 

Les deux hommes doivent attendre 1918 pour se remettre à la recherche de la tombe d'un pharaon méconnu.

 


Toutankhamon est né en 1347 av.  J.-C.

On ne sait pas s'il est le fils d'Aménophis III, celui d'Aménophis IV Akhenaton ou celui d'Ay , grand prêtre d'Amon, il est mort en 1338 av. J.-C. à l'âge de 20 ans.

 

 

 

 

Alors qu'il n'avait encore que neuf ans, Toutankhamon se marie à la troisième fille d'Akhenaton et de Néfertiti : elle s'appelait Ankhsenpaaton.

 

Il succédera à Smenkré, bref successeur d'Akhenaton Aménophis IV ou Akhenaton voulut croire en un Dieu unique, Aton, la divinité solaire.

 

 

 

 

Mais suite à des révoltes, Toutankhamon, voulant dire "parfait de vie est Aton", et sa femme se font rebaptiser.

Il devint Toutankhamon et elle Ankhsenamon.

 


Toutankhamon ne gouvernait pas réellement : il était trop jeune.

Ay était son tuteur.

Aidé par le général Horemheb, il était le plus puissant personnage et également le gouverneur de l'Etat.

 

 

Après la guerre de culte (hommage rendu à un ou des dieux), le jeune roi fit la paix avec le clergé puis rétabli l'ancienne religion.

 

Akhenaton devient "le grand criminel".

 

 

Après la mort de Toutankhamon, sa femme épousa Ay, qui devenu successeur de Toutankhamon pour quatre ans puis se fut Horemheb, premier pharaon à ne pas être de descendance royale.

 

 

 

 

 La découverte de la tombe de Toutankhamon

 

 

En 1918, après la première guerre mondiale, les fouilles se mettent enfin en place.

 

L'emplacement choisi par Carter se situe dans une zone que les autres archéologues ont transformée en dépôt pour leurs gravats.

 

Il s'appuie sur une série de propositions rigoureuses : il pense que la tombe doit se trouver dans la zone délimitée par les hypogées de Ramsès IV, de Mérenptah et de Ramsès II, un triangle d'un hectare environ.

 

 

Pendant cinq ans les résultats sont peu concluants malgré les milliers de mètres cube de terre enlevés à la main.

 

On a découvert des fonds de cabanes mais rien à signaler.

 

Le doute s'empare des fouilleurs.

Lord Carnarvon s'impatiente.

Il décide de ne plus poursuivre les recherches au-delà de la campagne de 1922.

Mais pourtant Carter reste confiant.

 

En dernier ressort il revient à ces fonds de cabanes trouvés dès le début.

 

Il décide de raser ces vestiges pour fouiller en descendant jusqu'au sol vierge dans la partie la plus basse de l'ancien ouadi car il pense que si ces constructions datent bien de Ramsès VI (1156 av J.C.) elles doivent être postérieures de deux cents ans au règne de Toutankhamon (1354).

 

 

Le 4 novembre 1922, les ouvriers mettent au jour des marches qui s'enfoncent dans le sol et conduisent à une porte murée scellée de plusieurs sceaux de la nécropole royale au digne d'Anubis.

 

 

Au pied de la tombe de Ramsès IV, un endroit foulé par des milliers de visiteurs et que personne n'avait eu l'idée de regarder.

 

 

 

 

En regardant la porte de plus près il distingue parmi les sceaux un cartouche, celui de Toutankhamon, preuve qu'il a enfin trouve la tombe si longtemps recherchée.

 

Ils attendront le retour de lord Carvarnon, le 23 novembre pour commencer à déblayer la galerie menant à l'entrée de la tombe.

 

Ce passage incliné mène à une deuxième porte, dans laquelle Carter fait un trou pour passer la tête par laquelle apparaissent de multiples richesses.

 

 

 

Les personnes présentes n'en crurent pas leurs yeux, tout n'était qu'or et pierres précieuses.

 

Ils durent se résoudre à reboucher l'ouverture et à placer une solide grille de fer devant la première porte pour préparer la prospection scientifique.

 

Trois autres chambres seront découvertes pleines de trésors et d'offrandes, plus riche que la première.

 

 

 

 

 

 L'avertissement du canari

 

Depuis quelques temps, Carter possède un canari auquel son équipe s'est attachée.

Pour elle, le petit oiseau d'or est un porte-bonheur.

 

Mais quelques jours avant l'ouverture du tombeau, le canari connaît un sort tragique : un cobra se glisse dans sa cage et l'avale.

 

Le cobra est le serpent des pharaons, symbole de la royauté.

Les ouvriers voient dans l'anecdote un mauvais présage.

 

Alors que Carter et Carnarvon se préparent à ouvrir la première porte, un contremaître les met en garde : ils mourront comme l'oiseau, s'ils violent dans le repos de Toutankhamon.

 

 

Les archéologues ne tiennent aucun compte de l'avertissement.

Avec Evelyn, la fille de Carnarvon, et l'égyptologue Callender, qui procède à ses propres fouilles à quelques kilomètres de là, ils pénètrent dans la sépulture et c'est ainsi que sans se soucier du danger découvrent les trois salles remplies de trésors.

 

 

 

 

 

 

 

 L'oeuvre de la malédiction

 

Dans l'année qui suit, lord Carnarvon, à la suite de piqûres de moustiques, est pris de fièvre.

Son état empire rapidement.

On le ramène au Caire : il y meurt le 5 avril 1923 à deux heures du matin.

 

A cet instant précis, toutes les lumières de la ville s'éteignent, les installations électriques viennent de sauter.


La presse qui a eu déjà eu vent de l'avertissement lancé au moment de l'ouverture de la tombe, voit en Carnarvon la première victime de la malédiction : n'est-il pas le commanditaire, le véritable responsable de la violation du repos royal ?

 


La suite des évènements comble les journalistes, avides de sensationnel.

 

George Bénédicte, égyptologue attaché au Louvre, meurt après avoir visité le tombeau.

 

Son homologue américain Arthur Mace connaît le même sort, puis c'est le tour du frère de l'infirmière de lord Carnarvon, du secrétaire de Howard Carter …..

 

 

On dénombre jusqu'à vingt-sept morts mystérieuses.

 

La plupart des victimes sont atteintes de maladie, la presse évoque un virus resté captif de la tombe pendant trois mille ans.

Les analyses n'en révèlent pas la présence.


Le mal aurait-il été transporté par les chauves-souris ?

 

Les journalistes traquent chaque preuve supplémentaire de la malédiction, allant jusqu'à inventer une inscription, " ceux qui pénètrent dans ce tombeau sacré seront bientôt touchés par les ailes de la mort ", qui n'a jamais existé.

 

 

Cette succession de décès ne suffit cependant pas à accréditer l'idée, si séduisante soit-elle, que le pharaon s'est vengé d'avoir été troublé dans son repos éternel.


Outre que le climat de l'Egypte est notoirement malsain, il faut aussi reconnaître que, parmi les principaux acteurs à avoir pénétré dans la tombe, seul lord Carnarvon est mort à l'âge de cinquante-sept ans et de plus en très mauvaise santé depuis longtemps.

 

 

Howard Carter, Evelyn Carnavon et l'archéologue Callender, qui présidèrent avec lui à l'ouverture de la sépulture, ont terminé paisiblement leurs jours, bien des années plus tard.

 

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