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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 09:04

Un satellite photographie un "trou" au pôle Nord

On pourrait croire, au XXe siècle, que la thèse selon laquelle la Terre comporterait une vaste cavité intérieure est devenue définitivement caduque.

Les adeptes de la Terre creuse se recrutent surtout dans les sectes ou parmi les illuminés rêvant d'un gigantesque royaume souterrain habité par des surhommes.

Tous les moyens leur sont bons pour "prouver" la véracité de leur théorie,  y compris le détournement abusif de documents officiels.

Deux photographies énigmatiques

Le 23 novembre 1968, le satellite américain Essa-7 prend une série de clichés du pôle Nord. Moins d'un an et demi plus tard, le ministère du Commerce fait publier deux photographies montrant, l'une le pôle recouvert de nuages et l'autre la même région polaire remplacée par un immense "trou" qui semble découpé à l'emporte-pièce dans la couche nuageuse.

(JPEG)

En juin 1970, la revue américaine Flying Saucers, un magazine à sensation, spécialisé sur le projet des OVNI, publie à son tour les deux documents.

Son rédacteur en chef, Ray Palmer, enfourche immédiatement le vieux cheval de bataille de la Terre creuse. Pour lui, le "trou" sur la photo est l'ouverture donnant sur le monde intérieur où vit une civilisation inconnue qui se manifeste , entre autres, par les OVNI !

En fait, Palmer est un personnage aussi suspect que la théorie de la Terre creuse, et son seul véritable don est de trouver des sujets sensationnels qui font le succès des magazines populaires.

Dans les années 1940, il s'est signalé par ce qu'on appelle alors "l'affaire Shaver", une mystification concernant le continent légendaire de la Lémurie.

Une fois le fameux cliché publié dans sa revue, Palmer tente de réhabiliter la thèse de la Terre creuse en se référant une nouvelle fois à des déclarations falsifiées de l'explorateur Richard Byrd, amiral de l'US Navy mort en 1957 et célèbre pour ses survols des pôles Nord (1926) et Sud (1929, 1933-1935, 1939-1941, 1946-1947 et 1956).

Selon Palmer, Byrd aurait dit avoir découvert en Antarctique un grand passage souterrain par lequel il serait descendu avec son avion vers le centre de la Terre, où il aurait aperçu un pays verdoyant.

Les déclarations réelles de Byrd (qui ne parle que d'une "zone inconnue pour laquelle nous avons dû tant lutter" à propos du désert glacé entourant le pôle Sud) étant disponibles dans le National Geographic d'octobre 1947, la polémique finit par s'enliser d'elle-même.

D'autant plus qu'il est rapidement prouvé que le "trou" observé sur les clichés est dû à un effet d'absence de lumière passager résultant d'une inclinaison particulière du globe terrestre par rapport au soleil.

Des précédents

L'affaire de 1968 ne fait qu'actualiser une polémique aux origines très anciennes. Dès le XVIIIe siècle, on trouve des savants, certains très célèbres, pour imaginer que notre planète est creuse et qu'elle renferme un univers éclairé par un minuscule soleil intérieur. Parmi eux, Edmund Halley, mieux connu par lar découverte de la comète qui porte son nom.

A la décharge de ces savants, il faut dire qu'on ne sait pas, à l'époque, qu'une étoile d'aussi petite taille est une impossibilité physique.

Le mythe est entretenu ensuite au XIXe siècle (surtout par l'Américain Symmes) et au XXe siècle. Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, une expédition est même ontée par le gouvernement nazi en direction du Grand Nord pour tenter de prouver l'existence d'une entrée vers el monde intérieur !

Plus récemment, le pseudo-lama Lobsang Rampa (un anglais du nom de Cyril Henry Hoskins et qui n'a jamais mis les pieds au Tibet), auteur en 1956 du best-seller international le Troisième Oeil, se fait le champion de la Terre creuse.

Dans l'un de ses derniers livres, il consacre un chapitre entier à ce thème en comparant notre planète à une noix de coco percée à chacune de ses extrémités et vidée de son lait...

Comme ses prédécesseurs, il évite bien d'expliquer comment les eaux des océans ne se déverseraient pas dans le "trou" du pôle Nord. Mais il prétend en revanche que, si aucun astronaute n'a vu les fameux orifices, c'est qu'ils sont trop occupés par d'autres tâches.

Quant aux explorateurs polaires, rien ne prouve, en fait, qu'ils ont atteint réellement les pôles, ce qui expliquerait pourquoi ils n'ont pas découvert de "trou". Et, pour Rampa, les aurores boréales ne seraient que "le reflet du soleil interne".

Ce genre de déclaration pour le moins hasardeuse ne l'empêche pourtant pas de se moquer des tenants de la Terre plate (une association anglaise défend cette théorie) qui proclament; eux, que toutes les photos prises de l'espace ont été volontairement truquées pour cacher la vérité...

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