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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 15:02

 

Le 28 mai 1972, le vieux Sammy Clifford vint s’installer à Sierra Cruz. Non pas que ce minuscule village ait présenté le moindre intérêt touristique, mais le vieux Sammy y était venu, vingt ou trente ans plus tôt. Et tout le temps qu’il avait mis à vieillir, dans la cafétéria crasseuse de New York où il passait ses journées à servir des cafés et à réchauffer des pizzas molles comme du carton, il n’avait cessé d’embellir ce village, les maisons basses, l’église de type espagnol, et derrière, le désert poussiéreux qui menait au Mexique. Pendant toute sa vie, Sammy avait économisé pas mal d’argent, et le jour de sa retraite il eut à sa disposition un gentil pécule qui le mettait à l’abri du besoin jusqu’à la fin de ses jours. Il dit adieu à ses amis new-yorkais, embarqua dans un énorme autocar pullman rouge et traversa la presque totalité des Etats-Unis, les yeux brillants d’excitation, souriant aux enfants, aux femmes, aux vieillards, à tout le monde, même aux flics menaçants, aux Noirs, aux curés. L’autocar arriva à Sierra Cruz le 28 mai 1972, vers dix heures du matin. Le vieux Sammy fut le seul voyageur à descendre, ce qui n’était guère étonnant. Qui voudrait s’arrêter dans ce trou perdu ? Sammy Clifford, son gros sac de voyage à la main, traversa la rue principale. Il ne se doutait pas, le pauvre vieux, que la seule chose qui l’attendait ici, à Sierra Cruz, c’était la mort.

Après avoir visité toutes les maisons à vendre dans le village, le vieux Sammy fixa son choix, à la stupéfaction du marchand de biens qui lui servait de guide, sur une étrange construction, en vérité une gare. Sierra Cruz avait été longtemps desservie par les trains, mais, le trafic devenant chaque jour moins important, la ligne avait été fermée et la gare, désaffectée, mise en vente. En trois ans, il ne s’était pas présenté un seul acheteur pour cette bâtisse longue, basse, aux innombrables portes vitrées. Mais le vieux Sammy était têtu, il voulait sa gare, et il l’acheta. A vrai dire, cette ancienne gare, à l’écart du village, isolée au milieu du décor féérique du désert, ne manquait pas de charme. Repeinte, ravalée, aménagée, entourée d’un jardin, ombragée de quelques arbres, elle n’aurait pas été laide. Oui mais voilà. Le vieux Sammy n’aura pas le temps d’arranger sa petite maison. Moins d’une semaine après son installation, il s’était déjà fait une réputation à Sierra Cruz. Il était assez causant et ne cachait pas un penchant assez prononcé pour le bourbon et quelques autres boissons alcoolisées. Catalogué à tout jamais comme gentil ivrogne, Sammy avait rapidement rassemblé autour de lui la plupart des alcooliques impénitents du village. Toujours est-il que, lorsqu’on le vit ce matin-là arriver au village un peu plus tôt que d’habitude, nul ne s’étonna de lui voir la mine fatiguée, les traits tirés et les yeux cernés. Plus d’un pensa à cet instant : « Aujourd’hui, le vieux Sammy en tient une bonne… » Rien n’était plus faux. Le vieux Sammy n’était pas ivre. Il avait peur.

Il hésita longtemps avant de se diriger vers le poste de police. D’un pas nonchalant, il s’approcha de la petite maison de bois, poussa la porte qui s’ouvrit en grinçant et entra dans le bureau du shérif où il resta debout, triturant son chapeau avec ses grosses mains rouges. Anthony Marden, le shérif, était un homme jovial, aux gros sourcils noirs constamment agités de frémissements très surprenants. Il leva ses yeux par-dessus ses lunettes et aperçut Sammy.

- Tiens, voilà une bonne surprise. Le vieux Sammy est venu me rendre visite… Assieds-toi, mon gars. 

Le shérif leva son imposante carcasse et poussa une chaise branlante vers son visiteur.

- C’est pas la grande forme, ce matin, hein ? 

Le vieux Sammy restait muet.

- Ben, alors, parle , insista le shérif. Il aimait bien le vieux Sammy, c’était un type sans histoire, qui se tenait tranquille, qui aimait boire un bon coup de temps en temps, mais cela, pour le shérif, c’était presque une qualité. Sammy secoua la tête :

- Je ne sais pas comment dire…

- Parle, décidément, je ne t’ai jamais vu comme ça…

- Eh ben voilà, la nuit, je peux pas bien dormir, à cause du bruit.

Le shérif écarquilla les yeux :

- Du bruit, chez toi ? Dans ton coin où il ne passe jamais personne ? Tu veux rire ?

- Non, non, shérif, je ne ris pas du tout, je vous jure qu’il y a un sacré bruit, la nuit…

Anthony Marden ne put s’empêcher de penser que le vieux Sammy avait tout de même un peu taquiné la bouteille avant de venir le voir.

- Je voudrais savoir, dit soudain Sammy, si quelqu’un a déjà entendu des bruits par chez moi…

Marden le regarda avec curiosité.

- Non, ça je dois dire que tu es le premier à entendre des bruits à l’ancienne gare… Mais, dis donc, de quels bruits s’agit-il ?

Le vieux Sammy se mit presque à pleurnicher :

- Mais c’est ça qui est incroyable, shérif, c’est ça, justement…

- Mais quoi, parle, Bon Dieu, en voilà assez, ça fait un quart d’heure que tu tournes autour du pot, alors, c’est quoi, ces bruits ?

Le vieux Sammy prit son courage à deux mains.

- Des bruits de trains, shérif. Des trains qui passent toute la nuit devant MA gare…

L’ancienne gare de Sierra Cruz possédait encore un tronçon de rails. Des rails qui s’étendaient sur une cinquantaine de mètres, juste devant la gare à présent habitée par Sammy Clifford. Au bout de ces cinquante mètres de rails, de part et d’autre, il y avait de l’herbe. Ces rails n’allaient nulle part et ne venaient de nulle part. Il était donc raisonnablement impossible qu’un train pût rouler sur ces rails. Le shérif Marden regarda pensivement le vieux Sammy pendant une longue minute. Sammy avait dû boire un coup de trop, il avait fait un cauchemar, c’était la seule explication possible. En souriant, Marden se leva, tapa gentiment sur l’épaule de Sammy et lui dit :

- Je vais voir cette affaire, mon vieux, pour l’instant, rentre chez toi et repose-toi. Je viendrai te voir.

Sammy salua le shérif, poussa la porte qui s’ouvrit en grinçant et dit sur un ton étrange :

- Je n’aime pas les trains.

Sammy fit quelques courses : du bourbon bien sûr, le journal et des petits oignons dont il était friand. Puis, ayant salué de la main ses amis de comptoir, il reprit lentement le chemin de SA gare. En marchant, Sammy était persuadé que le shérif ne l’avait pas cru. Mais que faire, et maintenant, que penser ? Car maintenant, Sammy savait que personne n’avait jamais entendu de trains depuis que la gare avait été désaffectée. Alors, comment expliquer qu’il avait entendu des trains passer devant la porte de sa maison ? Le soleil se couchait lentement et teintait de rouge le sable du désert. Sammy arriva devant sa maison, regarda si tout était en ordre, jeta un coup d’œil à ses poules, et rentra chez lui. Ce soir-là, il se fit une énorme omelette aux herbes et aux petits oignons dont il ne mangea pas même la moitié. Puis il s’assit sur le vieux rocking-chair qu’il avait acheté par correspondance et lut lentement son journal. La nuit tombait rapidement et il fut obligé d’allumer la lampe qui éclairait ce qui fut jadis la salle d’attente de la gare de Sierra Cruz. Sammy n’avait pas envie d’aller se coucher. Il voulait attendre. Il voulait comprendre. Il voulait voir. Il but un, puis deux, puis trois verres de bourbon. Et, tout doucement, il s’assoupit. Et puis, brutalement, quelque chose le réveilla. Un bruit. Un grondement. Un ronflement qui se rapprochait vite, très vite de lui. Sammy courut jusqu’à la porte, hésita, ouvrit et disparut dans la nuit. Le vacarme était assourdissant. Exactement le bruit que pouvait faire un train en passant devant une gare.

Le shérif Marden claqua la porte de sa voiture, une Oldsmobile bleu ciel, aux portières décorées avec des lettres adhésives formant le mot « POLICE ». Il brancha sa radio, mit en route son gyrophare et reprit la direction de Sierra Cruz. La chaleur le fatiguait, et il avait hâte de se retrouver chez lui pour prendre un bon bain. Soudain, alors qu’il se rapprochait du village, il pensa à Sammy Clifford. Son histoire était décidément incroyable. Marden s’aperçut alors qu’il n’avait pas vu le vieux Sammy de la journée. En souriant, il pensa que le vieux retraité n’avait pas osé se montrer, une fois sa cuite passée. « Bah, je vais aller boire un verre chez lui. » Marden s’arrêta devant la gare et descendit de voiture.

-Hé, Sammy, c’est moi, Marden. Où es-tu ?

Aucun bruit ne se fit entendre dans la vieille gare. Le shérif visita toutes les pièces de la maison, la trouva remarquablement rangée, et finit par conclure que Sammy n’était pas là. Avant de repartir, il décida d’aller jeter un coup d’oeil à cette fameuse voie ferrée, et il sortit sur le derrière de la maison. Le shérif Marden resta pétrifié. Ses yeux refusaient de croire ce qu’il voyait. Sur la portion de rails, vestige de l’ancienne voie ferrée, sur ces rails qui n’allaient nulle part et qui ne venaient de nulle part, était étendu le corps de Sammy Clifford. Et je vous prie de le croire, les rapports de police sont formels : les pieds et la tête du vieux Sammy avaient été sectionnés à l’endroit exact des rails. Et le médecin légiste était catégorique : Sammy Clifford avait été écrasé par un train. L’enquête de police conclut dans ce sens. Et pourtant tout le monde savait qu’aucun train ne passait plus depuis longtemps à Sierra Cruz.

 

L'INCROYABLE VERITE (René-Victor Pilhes, Jean-Pierre Imbrohoris et Grégory Frank)

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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 17:54

 

C'était l'année 1958, à la fin du mois de juillet, et alors que mon mari était en voyage d'affaires, il m'arriva quelque chose d'étrange cette nuit-là. J'avais déplacé mon lit, car je voulais me rapprocher d'une grande fenêtre, dans l'espoir de profiter de la brise tiède qu'apportait une tempête annonciatrice d'orage, prêt à éclater au-dessus de l'horizon, et venant du sud-ouest. Il faisait une chaleur étouffante et je ne parvenais pas à trouver le sommeil.
J'éteignis donc la lampe de chevet et m'allongeais tranquillement, essayant de m'endormir.
Je finis par m'assoupir. J'ignore combien de temps j'ai dormi, mais je me réveillai en sursaut. Un léger grattement se fit entendre tout près de mon visage, en provenance de la fenêtre, à travers l'écran de protection. Je restai immobile, fixant la fenêtre pendant que les secondes s'écoulaient. Soudain un éclair très vif illumina la fenêtre l'espace d'un instant. Je fus saisie d'horreur et j'en eus le souffle coupé. Une espèce de loup, imposant, le pelage hirsute, s'aggripait à l'écran de protection, et de ses yeux plissés et rougeoyants me foudroyait du regard. Sa gueule ouverte découvrait la blancheur de ses crocs.
Je m'emparai de la lampe de poche qui se trouvait sur la table de nuit et bondis hors du lit. Je dirigeai le faisceau de lumière vers la fenêtre, juste à temps pour apercevoir cet animal monstrueux alors qu'il s'enfuyait. Il traversa la cour et pénétra dans un épais bouquet d'arbustes qui bordait la route.
J'attendis que l'animal réapparaisse, mais après un petit moment, à la place d'un loup au pelage hirsute qui aurait dû continuer sa course, la silhouette d'un homme exceptionnellement grand écarta l'épais feuillage et marcha en toute hâte le long de la route, se fondant dans l'obscurité.
Je fus parcourue de picotements glacés. Je fermai la fenêtre et tirai le verrou. Je m'endormis avec toutes les lumières allumées pour le reste de la nuit.
 
Mrs Delbert Gregg, Greggton, Texas, mars 1960
Compilé par Fate Magazine

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 17:59

 

Paul Shaw (mon père) était géomètre chez H. M. Customs and Excise, et en cette année 1906, on l'envoya à Ballyhaunis, une petite ville dans l'ouest de l'Irlande. Il emmena avec lui sa jeune épouse anglaise, ainsi qu'il le faisait souvent lors de ses fréquents déplacements loin de chez eux à Herne Bay, dans le Kent (Angeterre).
Ils ignoraient combien de temps durerait sa mission et au lieu de louer une maison, ils prirent donc une chambre à l'hôtel Mc Crory, l'unique auberge dans cette petite ville tranquille. Contre toute attente, la vie était loin d'y être monotone. On y donnait des réceptions, des bals, et l'on se rencontrait aux courses, sans oublier les longues soirées d'hiver devant un bon feu, propices à se raconter des histoires.
Ma mère se passionnait pour ce pays et ses habitants, tout nouveaux pour elle, mais elle avait tendance à rire à l'écoute des histoires de fantômes et d'esprits, et autres faits paranormaux auxquels les Irlandais adhéraient avec enthousiasme.
Néanmoins, à de multiples occasions, au retour d'une bal ou d'une réception, elle avait bien vu que les chevaux refusaient de traverser un certain pont à l'extérieur de Ballyhaunis. Il reculaient, terrifiés, si on les y obligeait. Pour les amener à le franchir, les hommes devaient descendre de la voiture et leur couvrir les yeux avec un bandeau. On disait couramment que le pont était "hanté".
Pourtant, cela n'empêchait pas ma mère de qualifier ces histoires à dormir debout de "crépuscule celtique". Il arriva qu'un soir au milieu du mois d'avril elle et mon père allèrent se coucher tôt. C'était une nuit étouffante pour la saison et suivant la mode de l'époque les lourdes tentures et les volets sombres des fenêtres procuraient à la pièce une isolation quasiment hermétique. Mon père, après une journée harassante, s'endormit immédiatement mais Mère ne le pouvait pas. Elle était là, allongée à ses côtés, lorsqu'elle entendit soudain un véhicule approcher. Le clip-clop réguler des sabots des chevaux, le grincement des roues du carosse et le tintement du harnais résonnaient distinctement dans la quiétude profonde et le silence de la ville endormie.
"Comme un corbillard", pensa-t-elle.
Elle l'entendit s'avancer avec constance. Comme le véhicule s'engageait dans la place de la ville, les bruits se firent plus distincts. Puis à sa grande stupeur, les chevaux firent halte devant l'entrée de l'hôtel. Curieuse, ma mère ne put résister à la tentation ! Elle sortit du lit, tout en réveillant mon père, et après avoir chaussé ses pantoufles alla à la fenêtre.
Elle ouvrit les volets et plongea son regard dans la rue. Le clair de lune éclairait brillamment la place. Elle vit une grande voiture hippomobile de couleur sombre, le cocher assis immobile sur son siège, tenant haut son fouet, et quatre chevaux noirs attendant sagement entre les limons.
- Que peut-il bien faire là ? se demanda-t-elle à haute voix.
- Quoi qu'il en soit, ça ne te regarde pas, bougonna mon père. Reviens tout de suite te coucher.
Elle obéit à contrecoeur mais elle avoua qu'elle avait dû s'endormir très vite car elle n'avait entendu personne quitter l'hôtel pour être emporté par la voiture ni quelqu'un en descendre et entrer dans l'hôtel.
Le lendemain matin, ne tenant aucun compte des scrupules de Père, elle dévala les escaliers, bien décidée à avoir le fin mot de cette étrange affaire. Qui était cet hôte d'importance arrivé à l'hôtel si tard dans la nuit ? Elle avait vu ce carosse absolument magnifique qui devait appartenir à une personne de haut rang et fortunée.
Saluant Mme McCrory, la femme du propriétaire, Mère demanda innocemment :
- Que faisait cet immense carosse noir devant l'hôtel cette nuit ?
Mme McCrory pâlit et se dépêcha de se signer. Elle marmonna quelque chose d'inintelligible et se retira prestement.
L'auberge McCrory était un modeste hôtel géré en famille et Mère, en tant qu'invitée et bienvenue, participait à sa gestion. Mais maintenant elle sentait que l'ambiance était tendue. Bien qu'on ne l'y ait pas invitée, elle suivit Mme McCrory dans les appartements où logeait la famille, mais elle s'arrêta sur le seuil, sentant pour la première fois qu'elle était de trop.
La famille McCrory était réunie au salon, il y avait le prêtre de la paroisse, et tous étaient agenouillés et priaient. Certains des aînés étaient en larmes. Plus intriguée que jamais, Mère avisa l'aînée des filles, Eileen, avec qui elle s'était liée d'une solide amitié, et insista pour avoir une explication, qu'Eileen semblait étrangement réticente à donner.
- Sûr que ce présage de mort pour les McCrory, c'est juste une vieille superstition, dit-elle, gênée.
Mère savait que beaucoup de familles irlandaises d'ascendance exclusivement milésienne* (celtibère) avaient dans leurs familles des signes annonciateurs de malheurs, telles que la banshee, la sidhe**, ou quelque autre fée. Elle se rendit compte que les McCrory étaient persuadés que le grand carosse noir qu'elle avait rapporté avoir vu était une manifestation surnaturelle et qu'à leurs yeux cela était forcément un présage concernant leur famille. Elle continua d'interroger Eileen et apprit qu'en réalité peu de personnes l'avaient vu et quelques-uns l'avaient seulement entendu. Cela semblait extraordinaire qu'une personne ne faisant pas partie de la famille, et même pas irlandaise (une étrangère, pour ainsi dire) ait pu entrevoir le fantôme.
Pour une fois, Mère était sans voix.
On n'arrêtait pas d'aller et venir toute la journée. Les membres de la famille se rassemblèrent derrière des portes closes pour s'entretenir à voix basse. Enfin, dans la soirée du 20 avril 1906, Mère eut de nouveau matière à réflexion. Les nouvelles n'allaient pas vite à cette époque; les journaux anglais nous parvenaient tard dans la journée après qu'ils aient été publiés. Et quand ils arrivèrent avec le dernier train, ils faisaient leurs gros titres sur le tremblement de terre de San Francisco du 18 avril 1906.
Trois jours plus tard les McCrory reçurent un télégramme et ne manifestèrent aucune surprise. La dépouille de leur fils Andrew, qui exerçait sa prêtrise en Californie, avait été retrouvé dans les décombres.
 
 
*Les actuels Irlandais sont notoirement qualifiés de Milésiens, parce que le peuple authentique, de souche celtique, est censé descendre de Milésius d'Espagne, dont les fils, raconte la légende, ont envahi l'Irlande et l'ont dominée un millier d'années avant Jésus-Christ.
**être surnaturel lié à la mythologie celtique des Gaëls.
 
 
Maureen Wakefield, juin 1970
Compilé par Fate Magazine

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 17:20

 

Claude Brown, 16 ans, travaillait dans un magasin de chaussures à Chicago, où il s'occupait de la gestion des stocks et dont j'étais la co-gérante, en cette année 1979. Il était au courant de mes activités, découlant de ma passion pour la parapsychologie et la métaphysique, qu'il préférait qualifier de sorcellerie.
En plus de ses tâches quotidiennes, il avait pris l'habitude de me taquiner au sujet de mes croyances. Il déclarait n'être absolument pas superstitieux, et allait même jusqu'à me narguer : "Allons ! Essaies de me faire quelque chose pour me le prouver."
C'était tous les jours que nous en plaisantions, mais je refusais de mordre à l'hameçon. Je tentais de lui expliquer la différence entre sorcellerie et psy, mais cela tombait dans l'oreille d'un sourd.
Un beau jour il se pencha sur mon bureau, et arborant un sourire malicieux, il insista pour que je fasse quelque chose afin de le convaincre de mes dons de sorcière.
Nous nous regardâmes fixement pendant quelques secondes et j'acquiesçai de la tête.
- C'est d'accord, Claude, dis-je, en prenant un crayon et du papier. Je vais écrire quelques mots sur cette feuille, la mettre dans une enveloppe, et la ranger dans un tiroir de mon bureau fermé à clé. Nous verrons bien ce qui arrivera.
Il s'éloigna, gloussant de ma naïveté. Il croyait sans doute avoir gagné la partie.
Plusieurs semaines passèrent. Et les provocations de Claude dans ce domaine se faisaient au fil des jours moins virulentes. Je remarquais que certains jours, il arrivait au magasin avec des bandages aux mains, ou bien ailleurs. Il me regardait quelquefois avec un air interrogateur, sans rien dire. Ce jour-là, il faisait un froid mordant comme seul Chicago pouvait en connaître lorsque Claude, qui s'activait dans la réserve, se fit piquer par une abeille à la main.
Il entra en trombe dans mon bureau.
- C'est bon, Mme K. J'ignore ce que vous avez écrit, mais depuis ce jour j'ai des blessures aux mains. Quoiqu'il en soit, auriez-vous l'amabilité d'y mettre fin ?
J'ouvris le tiroir du bureau et lui tendis l'enveloppe fermée. Après l'avoir ouverte, il me jeta un regard bizarre et ressortit.
Voici ce qu'il y avait écrit sur le papier : toutes les fois qu'il te viendra une pensée injuste ou mauvaise, cela se traduira par une blessure aux mains. Tu contrôles pleinement la situation.
Je crois que nous fûmes tous deux plus que surpris par le résultat.
 
Irene Krawitz, Glenview, Illinois, avril 1991
Compilé par Fate Magazine

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 18:24

 

De nature sceptique, et ce depuis toujours, je n'avais jamais cru à la réalité des ovnis, n'en ayant jamais vus. Mais je ne demandais qu'à changer d'avis, si l'un d'eux voulait bien me faire le plaisir de se montrer à moi. Depuis cette journée d'octobre 1974, où j'étais exténuée après avoir conduit sur des centaines de miles le long de l'Alaska Highway avec mon amie Nuria Hanson, je ne le suis plus.
Nuria et moi avions assisté à une réunion de l'Association chrétienne copte d'Amérique à Kalamazoo, dans le Michigan. Hamid Bey, le responsable, m'avait donné sa bénédiction pour le trajet de retour : "Guide-là, protège-là, et aide-la à voir ta lumière."
Pendant que nous parcourions les 1500 miles (2413,500 km) qui nous séparaient d'Anchorage, le temps se gâta. Nous avions dépassé Fort Nelson, en Colombie Britannique, et la route se couvrit de verglas, tandis qu'un brouillard épais réduisait notre visibilité à quelques mètres. La prochaine auberge était distante de 30 miles (48,27 km) et nous étions impatientes de nous reposer. J'avais l'impression d'avoir lutté avec la voiture, à chaque mile de gagné, montant et descendant des collines abruptes, négociant des virages serrés, et la peur d'une embardée qui nous aurait projetées dans le vide ne nous quittait pas.
Nous aperçumes alors une lumière sur le flanc d'une montagne que nous prîmes tout d'abord pour une balise destinée aux avions. La lumière s'approcha de nous dans un mouvement fluctuant jusqu'à arrêter sa course entre nous et la montagne; elle était maintenant trois fois plus grosse qu'une pleine lune. En la voyant planer, nous savions que ce ne pouvait être un avion, ni même un hélicoptère. Elle nous faisait penser à un chapeau melon, avec des hublots tout autour près du "bord". Nous pouvions même distinguer le haut en forme de dôme, qui bien que n'étant pas éclairé était visible grâce à la lumière reflétée par les hublots.
"Waouh !" m'exclamai-je. "A tous les coups, c'est une soucoupe volante, Nuria !"
Nous l'observâmes pendant un long moment avant de nous décider à reprendre la route. Soudain, je me rendis compte que la voiture ne m'opposait plus aucune résistance. A dire vrai, je ne conduisais pas; elle avançait toute seule ! Je lâchais le volant, tout en gardant mes mains juste au-dessus pour ne pas que Nuria s'en aperçût. Je n'avais nul besoin d'intervenir quand un virage se présentait. Je découvris aussi que je ne pouvais modifier la vitesse quand bien même j'appuyais très fort sur l'accélérateur.
Finalement, Nuria s'en aperçut : "Puisque tu n'as pas besoin de manoeuvrer, profites-en pour mettre les mains sur tes genoux !"
Ce que je fis. La vitesse était constante et la voiture continuait de négocier les virages sans aucune difficulté. Nous n'étions pas plus intriguées que cela. Nous passions un agréable moment, emplies d'une douce sérénité. Une lumière paraissait envelopper la voiture et lorsque nous baissâmes les vitres et sortîmes la tête pour regarder vers le ciel, nous apercûmes, pour la première fois de notre vie, un nuage tout ce qu'il y avait de plus joli et floconneux. De la lumière émanait de lui. Nous étions d'avis que l'OVNI aperçu plus tôt devait nous guider, nous protéger, et conduire la voiture. Quelle charmante attention de sa part; c'était vraiment très gentil.
En fin de compte, nous fîmes une halte à une auberge près de Muncho Lake pour nous dégourdir les jambes. Comme nous revenions, un jeune homme brun et barbu quittant la route marcha vers nous à grands pas.
- Puisque vous prenez la route, puis-je espérer monter avec vous ? demanda-t-il.
- J'ai bien peur qu'il n'y ait pas de place, dis-je. Comme vous pouvez le voir, l'arrière de la voiture est chargé de bagages et nous n'avons que des sièges-baquets à l'avant, juste de la place pour deux.
Il ne nous vint pas à l'idée, à Nuria et moi, de lui demander d'où il était sorti, pourquoi il était vêtu seulement d'une chemise et d'un pantalon, sans pardessus ni chapeau, ou encore pourquoi il n'avait pas de bottes (en caoutchouc par exemple), pour protéger ses chaussures de ville dans le style Oxford. La température était de quelques degrés au-dessus de zéro, et à cette altitude, le sol se couvrait de neige.
Je lui demandai s'il allait loin.
- A la prochaine auberge, répondit-il, ajoutant qu'il y travaillait. C'est à environ 80 miles seulement (128,72 km).
- A condition que Nuria s'assoie sur vos genoux, ou que vous vous asseyiez sur ses genoux. Si vous êtes d'accord, il n'y a pas de problème.
Cela lui convenait parfaitement. A ma grande surprise il s'assit sur les genoux de Nuria, plutôt que de lui proposer le contraire, ce que beaucoup d'hommes auraient fait. Mais je ne tarderais pas à comprendre la raison pour laquelle il agissait ainsi. Etant donné qu'il était très grand et que le plafond de la voiture était trop bas pour lui, nous parcourûmes ces 80 miles (128,72 km) tandis qu'il avait le dos courbé. Je n'arrêtais pas de penser qu'il me rappelait quelqu'un. Il en était de même pour Nuria, me dira-t-elle plus tard. Mais le moment était mal choisi pour lui poser des questions car je devais me concentrer sur la conduite.
Au bout de plusieurs minutes, je demandai au jeune homme comment il s'appelait.
ll se pencha et plongea intensément son regard dans le mien pendant quelques secondes. Puis il dit :
- Je m'appelle Gordon.
Ce n'est que plus tard que je fus frappée par la signification de ce prénom.
Après avoir parcouru environ 5 miles (8,045 km), Nuria s'éclaircit la gorge et demanda à Gordon :
- Comment se fait-il que je ne vous sente pas ?
- Que voulez-vous dire ?
- Gordon ! Vous êtes assis sur mes genoux depuis que nous roulons et vous ne pesez rien du tout ! Comment est-ce possible ?
Il se mit à rire.
- Oh, je suis très léger. Je ne pèse que quelques grammes. C'est vous qui vous imaginez que je ne pèse rien du tout.
Aussi incroyable que cela nous paraisse aujourd'hui, nous trouvâmes cette explication très plausible. Mais j'étais sûre qu'il devait pâtir de cette position très inconfortable et je le lui dis. Il m'assura qu'il était très à l'aise.
Je lui dis qu'il serait plus à son aise s'il s'asseyait sur la console entre les deux sièges-baquets. Je tendis le bras vers l'arrière et ramenai un oreiller.
Tout en le plaçant sur la console, j'insistais pour qu'il s'y assît afin de se reposer. Il s'exécuta, et s'installa de façon à nous entourer de ses bras, qui reposaient sur les sièges-baquets.
Peu après j'aperçus la lumière de l'OVNI sur notre gauche; celle-là même que nous avions vue plus tôt.
- Hey, Nuria, revoilà notre "étoile".
Elle proposa de nous arrêter pour pouvoir l'observer afin de savoir ce qu'elle voulait cette fois. Nous sortîmes toutes deux de la voiture, mais Gordon resta à l'intérieur. La lumière, "que l'on voyait" juste sous la cime des arbres, ne bougeait pas. Tout à coup, elle avança très rapidement, et s'arrêta.
Cherchant confirmation que nous n'avions pas rêvé, je me tournai vers Gordon :
- Là ! Tu l'as bien vue, n'est-ce pas ? Elle s'est avancée, oui ou non ?
- Eh bien, ou elle a avancé, plaisanta-t-il, ou alors les arbres ont fait un bond pour la dépasser pour ensuite reculer.
Nous reprîmes la route et nous lui racontâmes tout ce que nous avions vu cette nuit.
- Croyez-vous en ces choses qu'on appelle soucoupes volantes ? demanda-t-il. Croyez-vous qu'il y ait de la vie ailleurs que sur cette planète ?
- Jusqu'à cette nuit, j'étais sûre que non, dis-je, mais maintenant que nous les avons vues, je sais qu'elles existent. Quant à une vie ailleurs, ce serait stupide de notre part de penser que nous sommes les seuls dans tout l'univers.
Il nous demanda ensuite si nous croyions aux anges.
- D'après vous, à quoi ressemblent-ils ? Pensez-vous qu'ils apparaissent avec un halo et des ailes d'oiseaux ?
Nous répondîmes que certainement, nous croyions en ces guides angéliques, quel que soit le nom qu'on leur donne.
- Quant à leur apparence, dis-je, eh bien, tu sais que la Bible nous prévient de ne rejeter personne parce qu'il se pourrait que nous "ayons affaire à des anges à notre insu". Après tout si quelque original venait vers toi entouré d'un halo et avec des ailes, tu serais parfaitement conscient qu'il s'agit d'un ange. Il est probable que ces images que l'on dessinait il y a longtemps et qui les représentaient avec des ailes n'avaient d'autre but que de nous indiquer leur nature céleste. On pourrait en conclure que les anges ne se distinguent pas des personnes ordinaires.
- Sais-tu que tu as raison sur tous les points ? Quiconque aide son prochain, après tout, est un ange.
Tout au long du trajet je prenais de plus en plus conscience de l'étrangeté de la situation. J'avais du mal à me l'expliquer précisément, mais je finis par comprendre ce qui me tracassait au sujet de Gordon. Il n'était pas assis sur l'oreiller, il était juste assis... quelques centimètres au-dessus !
Paniquée, j'agitai ma main sous lui, de façon à vérifier que je ne m'étais pas trompée. Bien évidemment, je pouvais promener ma main entre lui et l'oreiller, touchant celui-ci mais pas lui. Il n'avait pas l'air de s'en rendre compte.
Incapable d'appréhender la situation, je présumai qu'il devait se maintenir grâce à ses bras, qu'il avait posés sur les dos des sièges.
- Tu dois être terriblement mal à l'aise à devoir te maintenir dans cette position, remarquai-je.
- Je puis t'assurer que je suis parfaitement à mon aise, insista-t-il.
- Mais tes bras doivent te faire mal après tout ce temps passé dans cette position.
- D'accord, puisque tu insistes.
Sur ce, il releva les bras et croisa les mains sur ses genoux sans même s'affaler sur l'oreiller.
Je fus saisie de terreur. Je voulais désespérément crier, hurler, m'égosiller pour appeler à l'aide. J'avais le souffle coupé et faillis m'étrangler de peur. Mais avant que je puisse proférer un son, Gordon se pencha soudain, plongea ses yeux dans les miens, et dit doucement, distinctement et d'un ton pénétré :
- Vraiment, je suis très à l'aise. Je t'en prie, ne te fais plus aucun souci pour moi.
Etrangement, cela m'apaisa. Tous ces mystères s'évanouirent comme si tout cela n'avait aucune signification. Ce ne fut que quelques heures plus tard que cela me revint en mémoire.
Gordon nous fit promettre qu'une fois arrivées à la prochaine auberge, Fireside Inn, nous y resterions pour la nuit. Il nous dit qu'au delà la route était trop dangereuse.
Bien sûr, nous promîmes. Cela semblait tout naturel de lui donner notre accord. Il insista aussi pour que nous renonçâmes à conduire la nuit pour le reste du trajet. Là aussi, nous donnâmes notre accord. Il nous avait prévenues que tout en trouvant l'auberge ouverte, il ne nous serait pas possible de louer une chambre à cette heure. Il ajouta que nous pourrions dormir dans le vestibule jusqu'à l'ouverture de l'auberge à 7 heures du matin.
Nous arrivâmes à Fireside Inn vers les 4 heures du matin, en ayant parcouru 165 miles (265,48 km) depuis que nous nous étions arrêtées pour observer l'OVNI. Nous descendîmes de la voiture, et Nuria et moi nous tournâmes vers l'auberge. Gordon sortit derrière moi; Nuria et moi nous retournâmes pour prendre nos porte-monnaie, fermer la voiture à clé, et remercier Gordon pour son aide, mais il n'était pas là ! J'étais sûre de n'avoir pas regardé vers l'auberge plus de quelques secondes. Nuria me dit qu'une seconde, il était debout derrière moi, et la seconde d'après, il était parti. Il n'était pas remonté dans la voiture.
Nous le cherchâmes, en vain. Une neige fraîche était tombée mais nous ne vîmes aucune trace. Il n'y avait pas d'empreintes qui s'éloignaient de la voiture pour aller dans une quelconque direction. Néanmoins, Nuria se dirigea vers la route et cria son nom. Je marchai de chaque côté de l'auberge et je l'appelai. Les seules traces sur la neige fraîche étaient les nôtres.
A l'intérieur de l'auberge, la seule autre personne qui se trouvait dans le vestibule était un camionneur qui somnolait sur une chaise rembourrée. Il se réveilla lorsqu'il nous entendit, et il nous dit que nous étions les premières à entrer depuis des heures. Comme il jugeait impossible que nous ayons fait tout ce chemin depuis Steamboat Mountain, nous lui racontâmes naïvement tout ce qui nous était arrivé.
Ce fut une erreur. Il émit un sifflement ironique.
- Croyez-vous que vous allez me berner avec ce tas de mensonges ? rugit-il.
Nous comprîmes alors que nous n'avions pas intérêt à parler à quiconque de notre histoire.
Bizarrement, la disparition de Gordon ne nous causa pas un grand désarroi. Peut-être étions-nous plus fatiguées que nous le pensions. Dans tous les cas de figure nous en déduisîmes que quoi qu'il arrivât à Gordon, il était capable de se débrouiller. Après avoir chacune repéré un coin pour nous y blottir, nous nous enveloppâmes dans les couvertures que nous avions amenées avec nous, et nous nous assoupîmes pour quelques heures. Lorsque le gérant arriva au matin, nous louâmes une chambre pour quelques heures en vue d'un sommeil réparateur.
Le reste de la journée se passa à discuter de cette histoire dans les moindres détails. Nous étions effarées de constater à quel point nous avions été confiantes. Pourquoi n'avions-nous pas interrogé Gordon ? D'où venait-il ? Pourquoi était-il habillé de la sorte ? Pourquoi ne pesait-il rien ? Etait-il réel, ou bien une projection psychique que ces OVNIs avaient projeté dans notre esprit ? Etait-il un produit de notre imagination, une hallucination collective ? Où était-il allé après nous avoir quittées ? Gordon s'était-il rendu maître de notre esprit, et avait-il lu dans nos pensées ? Que s'était-il passé lorsqu'il avait plongé son regard aussi intensément dans le nôtre ?
Puis je "compris" à qui il me faisait penser : à Jim, mon mari ! Nuria était d'accord. Gordon avait la même couleur de cheveux, ainsi que les yeux, le physique, la barbe, et les manières. Et était-ce une simple coïncidence, lorsqu'il avait dit s'appeler "Gordon", le second prénom de Jim ? Il m'avait regardé un petit moment avant d'énoncer ce prénom. L'avait-il puisé dans mon subconscient ? Si effectivement, c'était une sorte de projection psychique, ou astrale, ou bien un être imaginaire projeté par l'OVNI, la ressemblance avec Jim avait-elle pour but de nous le faire accepter sans réserve ?
Je me rappelai la bénédiction toute spéciale d'Hamid Bey avant de prendre la route. Il avait imploré un accompagnement et une protection, et fait une demande pour que je voie la lumière. Nous nous demandâmes s'il n'avait pas quelque chose à voir avec les apparitions d'OVNIs.
D'autres choses nous revinrent aussi en mémoire. Quand nous avions parlé d'ovnis tous les trois, j'avais dit que je souhaitais qu'ils nous prennent avec eux, pour nous transporter jusqu'à Anchorage, et l'affaire serait réglée. Mais Gordon avait dit :
- A moins que cela ne t'ennuie pas de laisser ta voiture ici ?
- Oh non, dis-je. Mon mari ne me le pardonnerait pas.
- Eh bien, je ne crois pas qu'ils pourraient prendre aussi la voiture, avait-il répliqué. Il n'y aurait pas assez de place. Sachez qu'il y a une raison à tout, et quelquefois, vous ne devez pas vous abstenir de faire certaines choses, comme de poursuivre ce trajet, car cela pourrait vous apporter des expériences enrichissantes.
Il me souvint que quand il avait retiré son bras de l'arrière de mon siège, il ne s'y prit pas comme on aurait pu s'y attendre. Il déplaça en quelque sorte son bras depuis l'arrière et le mit sur ses genoux sans même le plier, se pencher de l'autre côté ou faire les gestes habituels.
En d'autres termes, il avait dû déplacer son bras et sa main en les faisant passer à travers mon épaule !
Le nuage blanc nous suivit pour le restant du trajet jusqu'à ce que nous fûmes à seulement quatre immeubles de chez moi à environ 5 h du matin, le 22 octobre. Puis la lumière clignota trois fois avant de s'élancer dans le ciel, en un arc-de-cercle, en direction du sud, et se fondre dans les étoiles. Elle s'était avancée vers nous avant d'effectuer cette ultime manoeuvre.
C'était là un adieu en beauté et approprié de la part de Gordon ou "eux". Qui que fût Gordon ou qui que fussent ces êtres, nous appréciâmes leur aide. Nuria et moi sommes convaincues qu'ils reviendront un jour ou l'autre, ici ou là, pour aider d'autres personnes tout comme ils nous ont aidées ce 18 octobre jusqu'au 22 octobre 1974. Peut-être qu'en ce moment même, ils sont en train d'apporter leur aide à quelqu'un.
Après tout, Gordon nous avait dit :
- Dans un proche avenir, tout le monde les verra, tout comme vous les avez vus.
 
Edmoana Toews, ainsi qu'elle l'a raconté à Joseph Brewers, Anchorage, Alaska, juin 1977

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 18:33

 

J'étais Maître de Loge dans une assemblée américano-allemande de francs-maçons basée à San Francisco, dans l'état de Californie. C'était un lundi, par une froide nuit de décembre 1966. Je venais juste de clôturer la réunion hebdomadaire et, comme à l'accoutumée, j'attendais que le dernier membre de la Loge fût parti pour éteindre les lumières.
Un confrère était encore là, occupé à mettre son manteau et son chapeau. Il s'appelait Richard Decker. C'était un homme aux cheveux blancs, frêle et distingué, âgé d'environ 70 ans. Il était patron d'une entreprise d'ingéniérie, basée à San Francisco.
J'avais toujours éprouvé une affection toute particulière pour Richard. Il avait, je crois, très peu d'amis (et encore) parmi ses confrères, peut-être parce qu'il faisait preuve d'une grande sobriété dans ses rapports avec les autres. Il ne participait pas aux manifestations sociales de la Loge, et je ne l'ai jamais vu rire, ou même sourire. Lorsque Richard s'exprimait, c'était bref, extrêmement précis et sans détails superflus. Cela lui avait valu la réputation d'un homme qui ne disait que ce qui était rigoureusement exact, quelqu'un de fiable et des plus sincères; de telles qualités lui avaient valu mon amitié et mon estime.
Quand il s'approcha de moi ce soir-là pour me serrer la main et dire au revoir, je remarquai qu'il portait une espèce d'ornement en métal argenté accroché au revers de son manteau. Il avait la forme d'une fleur en son centre, était petit et rond, avec des reflets irisés que je n'avais jamais vus auparavant. J'examinai attentivement la broche, la touchant du bout des doigts, et je demandai à Richard quelle était sa signification.
Il répondit :
- C'est la raison pour laquelle je suis le dernier à quitter la pièce, car je ne veux pas que les autres la voient et posent des questions à son sujet. Je t'apprécie et te fais confiance, je vais donc te répondre, mais tu dois me donner ta parole que tu ne dévoileras à personne ce que je vais te dire.
Je promis.
- Vois-tu, c'est comme ça que nous nous reconnaissons, dit-il, désignant la broche.
- Richard, qui reconnait qui ? demandai-je.
Alors Richard me raconta cette histoire :
- Personne ne le sait, Walter, mais je ne suis pas de ce monde. Je viens de l'étoile (il cita alors un nom que je n'avais jamais entendu, que je ne compris pas, et par conséquent ne puis m'en souvenir). Tu dois savoir que je ne suis pas seul; nous sommes des milliers ici sur Terre, et c'est pourquoi nous devons nous reconnaître.
- Je sais pour sûr que tu es né en Allemagne, que tu es venu aux Etats-Unis pour étudier l'ingéniérie, et que tu es membre de cette loge depuis longtemps.
- Bien sûr, tout cela est vrai, répondit-il. Lorsque l'un d'entre nous se voit confier une mission secrète sur Terre, nous avons la faculté de "renaître", ce qui veut dire que nous investissons l'embryon d'une Terrienne enceinte, souvent issue d'une classe sociale supérieure, et nous venons au monde comme n'importe quel enfant humain. Nous allons à l'école et faisons des études pour exercer un métier. Il nous arrive même de nous marier et de fonder une famille. Mais aussitôt que nous avons atteint l'âge adulte, nous nous consacrons à la mission qui nous a été confiée, dont la nature est tout ce qu'il y a de plus secret; personne ne sait; et même à toi je ne peux rien dire.
Une fois arrivés au stade de la vieillesse humaine, nous devons réintégrer notre étoile. Présentement, j'en suis à ma quatrième mission sur Terre. Très bientôt, je devrai, une fois de plus, rentrer chez moi, mais je sais qu'il y aura pour moi une autre mission sur Terre. La prochaine ne sera sûrement pas pour tout de suite, vous aurez déjà quitté ce monde.
Richard me rappela de garder secret tout ce que je venais d'entendre, me serra la main, et quitta la pièce. Je dus m'asseoir pendant quelques minutes, abasourdi par ce qui venait de m'être confié. Etant donné que je connaissais Richard Decker depuis des années, et savais à quel point il était sincère, je n'avais aucune raison de douter de ses révélations. Je suis docteur es sciences métaphysiques, et je crois fermement au paranormal ainsi qu'aux extraterrestres.
Quinze mois plus tard, en février 1958, Richard Decker disparut sans laisser de traces, mais je savais où il se trouvait. Je gardais ce secret pendant vingt-huit ans avant d'en parler à ma famille et aux membres de la Loge. Après une aussi longue période de temps, je crois que Richard aurait estimé que j'avais tenu ma promesse.

Walter H. Arden, San Raphael, Californie, août 1996
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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 16:56

 

 

Vos amis aussi proches que de la famille ? C'est génétiquement prouvé !

 
 
Selon une étude américaine publiée lundi, les individus ont tendance à choisir des amis qui leur sont génétiquement proches et n'ont aucun lien de parenté. Dans un même milieu social, on peut ainsi trouver 1% de gènes similaires.

 

Qui n'a jamais dit ou entendu : "il est comme mon frère", "elle est un peu de la famille" ou le traditionnel "nous sommes comme les deux doigts de la main" ? Non, avoir des liens avec certains amis plus forts qu'avec certains membres de sa famille éloignée n'est pas anodin. Selon des chercheurs américains, cela s'expliquerait même très facilement.
Une étude publiée lundi dans les Comptes rendus de l'Académie nationale des Sciences se fonde sur une large base de données du Framingham Heart Study, dans l'état du Massachusetts. Cette base regroupe près d'un million et demi de marqueurs génétiques de personnes et de leurs connaissances. Les chercheurs en ont étudié 1932 individus. Ils ont comparé des amis sans lien de parenté par paire, et des personnes totalement étrangères l'une à l'autre. Et il en résulte que nous chercherions des amis ayant des marqueurs génétiques communs aux nôtres.

Choisir des amis qui ressemblent à notre famille

Aucun détecteur de liens familiaux, même lointains, là-dessous. Selon les scientifiques, des individus appartenant au même cercle social partageraient environ 1% de gènes similaires. Bien plus que deux personnes prises aléatoirement dans la rue ou sans lien d'amitié. Un pourcentage "du niveau de celles de cousins au quatrième degré", explique l'étude. Bien que très faible, ce taux est "significatif" pour les généticiens, note Nicholas Christakis, professeur de sociologie, de biologie de l'évolution et de médecine à l'Université Yale et co-auteur des travaux.

Pour les besoins de l'étude, le panel étudié était majoritairement composé de blancs ou de personnes d'origine européenne. "D'une certaine manière, nous parvenons, parmi une myriade de possibilités, à choisir comme amis des gens qui ressemblent à notre famille", ajoute Christakis. Dans leurs conclusions, les chercheurs ont analysé que les liens génétiques étaient bien plus forts qu'un simple rapprochement ethnique ou de partage d'ancêtres. Qui se ressemble - même un peu génétiquement - s'assemble donc réellement.

 

Edité par M.D.S.
le 14 juillet 2014 à 22h11 , mis à jour le 15 juillet 2014 à 08h37.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 16:49

 

C'était l'année 1985. J'habitais une maison, du côté est de San Antonio, avec deux amis, Chris Caballero et Tony Anderson. Nous venions juste d'emménager. Patrick Najera nous avait apporté son aide. Il habitait tout près avec ses grand-parents, et c'étaient eux qui nous avaient trouvé la maison. Ce soir-là, Patrick et Vicki Germaine étaient venus nous voir.
Halloween approchant, nous décidâmes de nous raconter, à la lueur d'une bougie, des histoires à faire peur. Nous éteignîmes donc les lumières et allumâmes des bougies. Patrick se lança. Il nous dit que presque tout le monde, dans le voisinage, évitait la maison, sans qu'il sache pourquoi. Soudain, Vicky hurla : " Il y a quelque chose dans la cuisine ! Avec des yeux rouges !"
Nous pensions qu'elle jouait le jeu, ce qui nous amusa. A en juger par ce que nous pouvions voir de la cuisine par la porte ouverte, il n'y avait personne. Tony se leva pour aller aux toilettes, situées justement à côté de la cuisine. Au moment où il passait près de la porte, il cria : "Y a quelque chose !" Il lança une chaise, laquelle lui revint, atterrissant à ses pieds. Il ferma la porte. Tony insista pour dire que la chaise était restée en l'air avant de lui revenir, comme attrapée et lancée par des mains invisibles. Tony et Vicky étaient tous les deux formels pour dire que l'entité dans la cuisine n'avait rien d'humain, qu'elle avait des yeux rouges, et qu'elle ressemblait à une gargouille. Nous veillâmes toute la nuit, trop effrayés pour dormir.
Le lendemain, Patrick et moi allâmes rendre visite à ses grand-parents. Nous demandâmes à son aïeule, Mme Najera, si elle savait quelque chose à propos de l'histoire de cette maison. Elle nous dit qu'il n'y avait rien eu d'anormal jusqu'à il y a cinq ans environ, lorsque la fillette qui y habitait était morte, percutée par une voiture devant la maison. Après sa mort, les gens rapportèrent qu'ils avaient vu une étrange créature rôder tout autour.
Quelques jours après ses premières apparitions, la cuisine fut ravagée par un mystérieux incendie, et la famille qui habitait cette maison déménagea. La maison était restée inoccupée jusqu'à notre arrivée. Jusqu'à notre départ, chacun d'entre nous vit cette entité au moins une fois. Elle se tenait habituellement au-dessus de nous pendant notre sommeil. Elle ne nous a jamais fait le moindre mal. Elle se contentait de nous observer, ou peut-être nous protégeait-elle.
 
Alton Carroll, San Antonio, Texas, avril 1995
Compilé par Fate Magazine

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 16:13

 

Originaire de Springfield, petite communauté rurale du Colorado, j'ai grandi au sein d'une famille athée. On m'a enseigné à porter sur le monde un jugement rationnel. Mes parents m'ont toujours dit que les dieux, fantômes, ovni, et autres manifestations psychiques n'étaient que des sornettes. Je les croyais; jusqu'à l'âge de 12 ans où je fus témoin de quelque chose qui changea ma vie.

C'est arrivé au début de l'automne en 1967. J'étais tout seul, assis devant notre téléviseur noir et blanc, et je regardais ma série préférée, Combat : Vic Morrow et ses hommes tiraient sur les Allemands depuis les ruines d'une vieille maison de ferme construite en briques. La série fut interrompue par la publicité. Quand elle reprit, je remarquai un changement. Trois hommes noirs se battaient avec les soldats et bizarrement ils se trouvaient maintenant en pleine jungle. Les soldats allemands étaient devenus des Asiatiques, Vic Morrow avait disparu et c'était un jeune rouquin qui donnait les ordres.

Cela m'agaçait. De toute évidence, un employé s'était trompé de bobine. Au lieu de projeter la suite de Combat, la chaîne diffusait un film de guerre où l'on se battait contre les Japonais. Je me levai donc, avec la ferme intention d'éteindre le poste. A ce moment-là, celui qui commandait la section attira mon attention. Il avait les cheveux roux ! Et la jungle état verte ! La scène était en couleurs, alors que nous avions un téléviseur noir et blanc !

Arrêté net dans mon élan, sidéré, j'entendis le soldat aux cheveux roux, qui paraissait tout juste sorti de l'adolescence, dire à ses hommes de foncer dès qu'il se mettrait à tirer. Puis je le vis ramper sur le ventre et dans la boue jusqu'à ce qu'il parvienne à une petite colline. L'adolescent se leva, à découvert, et tira une rafale avec son fusil. Presque tous les soldats ennemis répliquèrent en vidant leurs chargeurs. Son corps fut réduit en charpie.

Soudain mon étonnement fit place à l'horreur. Ce garçon aux cheveux roux qui se faisait trouer la peau, c'était Frank, mon frère ! Je courus à la cuisine pour le dire à ma mère, mais lorsque je lui montrais l'écran du poste de télévision, les images étaient revenues au noir et blanc, et Vic Morrow faisait à nouveau la guerre aux Allemands.

Quand mon père revint de son travail aux champs, je lui racontais ce que j'avais vu. Lui et ma mère finirent par me convaincre que j'avais dû m'endormir, que Frank allait très bien, et que rien n'allait lui arriver. J'avais fait un mauvais rêve.

J'oubliai cet incident jusqu'à ce jour où, quelques semaines plus tard, deux militaires frappèrent à notre porte. Ce fut ma mère qui alla ouvrir. Lorsque je l'entendis pleurer, j'allai au salon voir ce qui se passait. J'appris alors que Frank avait été tué. Les militaires nous dirent qu'il avait fait le sacrifice de sa vie pour sauver son peloton. Mon frère état un héros, et le gouvernement fit don à ma famille d'une toute petite médaille.

Deux mois après les funérailles, je reparlai à mes parents de ce que j'avais vu sur l'écran de télévision. Ils se fâchèrent et me défendirent de dire un seul mot à ce sujet. Je renonçai donc définitivement à leur en parler.

Depuis ce jour ma vie a changé du tout au tout. Mon athéisme a fait place à une passion pour le religieux et les sciences occultes. Et je ne suis plus seul quand je regarde la télévision.

 

Wyatt Clay Kaldenberg, Idaho Falls, Idaho, août 1987

Compilé par Fate Magazine

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 17:59

 

Cette histoire m'est arrivée un jour d'automne 1929, alors que Los Angeles était à la veille d'une crise financière.  Néanmoins, les affaires continuaient comme si de rien n'était, mais les sociétés de crédit refusaient de négocier les délais de paiement sur les secondes hypothèques, ou d'augmenter les premières hypothèques sur les maisons individuelles.

A cette époque, j'avais deux hypothèques sur ma maison; la deuxième était un acte de fiducie*, pour un montant avoisinant les 2500 dollars, et arrivait à échéance dans moins d'un mois. Tous mes efforts pour le renouveler ou augmenter la première hypothèque furent vains.

La perte de sa maison est un drame pour les personnes concernées. J'étais la seule à subvenir à mes besoins et à ceux de ma fille adolescente. Je gagnais juste assez pour faire face à mes besoins élémentaires, payer les impôts et les mensualités de la maison; j'avais donc toutes les raisons de m'inquiéter.

Fort heureusement, peu avant la date qui avait été prévue pour procéder à la saisie, un ami qui m'avait vendu un bien immobilier dans un autre état, m'offrit son aide sous forme d'un prêt qui me permit de régler la deuxième hypothèque sur ma maison et il se porta garant pour la caution. Il me signa un chèque émis par une banque domiciliée dans un autre état.

Le lendemain, je me rendis en ville pour déposer ce chèque dans la banque estimée comme étant l'établissement financier le plus sûr de la ville. Son président, un citoyen éminemment respectable, avait la réputation enviable d'un homme d'affaires rusé et digne de confiance. L'immeuble où la banque avait ses bureaux était splendide, à l'intérieur comme à l'extérieur.

Lorsque j'entrai, un homme, qui portait un uniforme de prix, me conduisit au guichet de l'employé préposé à l'ouverture des comptes. Je restais là pas mal de temps derrière une longue file de déposants qui ouvraient eux aussi un compte.

Enfin, ce fut mon tour et je dis à l'employé que je voulais ouvrir un compte. Il me demanda mon nom et adresse, remplit le bordereau de dépôt, puis me le donna avec un stylo pour que je puisse encaisser mon chèque de 2500 dollars.

Derrière moi, il y avait dix personnes, impatientes de pouvoir enfin ouvrir un compte. Je pris le stylo et commençai à écrire mon patronyme quand quelque chose me poussa en dehors du guichet; tellement fort que je faillis perdre l'équilibre.

Affolée, je fis tomber le stylo, repris mon chèque et sortis prestement de la banque pendant que toutes les personnes présentes me dévisageaient comme si j'avais perdu la tête.

Une fois dehors, je respirai profondément, en me fichant bien de ce qu'on pouvait penser de ma fuite. Je me rendis ensuite directement à la société de crédit, encaissai mon chèque comme convenu, et pris mes dispositions pour remettre à mon ami les titres (et valeurs) correspondants.

Environ une semaine plus tard, les manchettes des journaux de Los Angeles annonçaient que le président de la banque de laquelle je m'étais enfuie s'était tiré d'une balle dans la tête à cause d'investissements risqués et d'une mauvaise gestion. Ce fut le crash boursier de 1929.

La banque ferma définitivement ses portes. Les déposants avaient perdu des centaines de milliers de dollars. Leurs chèques ne valaient plus rien. Mon foyer à moi était en sécurité, et c'était grâce à mon ami invisible qui m'avait éjectée du guichet où j'allais ouvrir un compte.

 

* Dérivée du « trust » anglo-saxon (= acte unilatéral), la fiducie correspond à un transfert de propriété (= contrat) limité dans son usage et dans le temps.

 

Clara R. Lain, Burbank, Californie, mars 1966

Compilé par Fate Magazine

 

 

 

 

 

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