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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 17:59

 

Cette histoire m'est arrivée un jour d'automne 1929, alors que Los Angeles était à la veille d'une crise financière.  Néanmoins, les affaires continuaient comme si de rien n'était, mais les sociétés de crédit refusaient de négocier les délais de paiement sur les secondes hypothèques, ou d'augmenter les premières hypothèques sur les maisons individuelles.

A cette époque, j'avais deux hypothèques sur ma maison; la deuxième était un acte de fiducie*, pour un montant avoisinant les 2500 dollars, et arrivait à échéance dans moins d'un mois. Tous mes efforts pour le renouveler ou augmenter la première hypothèque furent vains.

La perte de sa maison est un drame pour les personnes concernées. J'étais la seule à subvenir à mes besoins et à ceux de ma fille adolescente. Je gagnais juste assez pour faire face à mes besoins élémentaires, payer les impôts et les mensualités de la maison; j'avais donc toutes les raisons de m'inquiéter.

Fort heureusement, peu avant la date qui avait été prévue pour procéder à la saisie, un ami qui m'avait vendu un bien immobilier dans un autre état, m'offrit son aide sous forme d'un prêt qui me permit de régler la deuxième hypothèque sur ma maison et il se porta garant pour la caution. Il me signa un chèque émis par une banque domiciliée dans un autre état.

Le lendemain, je me rendis en ville pour déposer ce chèque dans la banque estimée comme étant l'établissement financier le plus sûr de la ville. Son président, un citoyen éminemment respectable, avait la réputation enviable d'un homme d'affaires rusé et digne de confiance. L'immeuble où la banque avait ses bureaux était splendide, à l'intérieur comme à l'extérieur.

Lorsque j'entrai, un homme, qui portait un uniforme de prix, me conduisit au guichet de l'employé préposé à l'ouverture des comptes. Je restais là pas mal de temps derrière une longue file de déposants qui ouvraient eux aussi un compte.

Enfin, ce fut mon tour et je dis à l'employé que je voulais ouvrir un compte. Il me demanda mon nom et adresse, remplit le bordereau de dépôt, puis me le donna avec un stylo pour que je puisse encaisser mon chèque de 2500 dollars.

Derrière moi, il y avait dix personnes, impatientes de pouvoir enfin ouvrir un compte. Je pris le stylo et commençai à écrire mon patronyme quand quelque chose me poussa en dehors du guichet; tellement fort que je faillis perdre l'équilibre.

Affolée, je fis tomber le stylo, repris mon chèque et sortis prestement de la banque pendant que toutes les personnes présentes me dévisageaient comme si j'avais perdu la tête.

Une fois dehors, je respirai profondément, en me fichant bien de ce qu'on pouvait penser de ma fuite. Je me rendis ensuite directement à la société de crédit, encaissai mon chèque comme convenu, et pris mes dispositions pour remettre à mon ami les titres (et valeurs) correspondants.

Environ une semaine plus tard, les manchettes des journaux de Los Angeles annonçaient que le président de la banque de laquelle je m'étais enfuie s'était tiré d'une balle dans la tête à cause d'investissements risqués et d'une mauvaise gestion. Ce fut le crash boursier de 1929.

La banque ferma définitivement ses portes. Les déposants avaient perdu des centaines de milliers de dollars. Leurs chèques ne valaient plus rien. Mon foyer à moi était en sécurité, et c'était grâce à mon ami invisible qui m'avait éjectée du guichet où j'allais ouvrir un compte.

 

* Dérivée du « trust » anglo-saxon (= acte unilatéral), la fiducie correspond à un transfert de propriété (= contrat) limité dans son usage et dans le temps.

 

Clara R. Lain, Burbank, Californie, mars 1966

Compilé par Fate Magazine

 

 

 

 

 

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 18:57

 

De nos jours encore, l'ouest de l'Angleterre est le royaume de la superstition, de la sorcellerie, de la magie, et de toutes sortes de choses bizarres. La plupart des villages a sa propre Dame grise, son cheval fantôme, et sa sorcière locale.

Le village de Pacham où j'habitais ne faisait pas exception, et souvent, lorsque j'étais enfant, j'écoutais, les yeux écarquillés, les histoires du loup fantôme. Elles racontaient que, certaines nuits, le loup hurlait autour du village, et on pouvait le voir dans la clarté de la lune, bondissant le long du Green Walk qui menait depuis chez moi jusqu'au cottage d'un jardinier en bordure du bois.

L'un des anciens du village, un type jovial nommé Tapp, affirmait que du vivant de son père, le loup avait reçu une balle dans la patte et le jour suivant, on avait vu la vieille Amy Prouse, une sorcière qui habitait le village voisin, marcher en clopinant. Interrogée sur le pourquoi du bandage qui recouvrait sa jambe, elle répondit qu'elle s'était blessée en coupant du bois !

Tapp racontait aussi que, petite fille déjà, on avait vu Amy en train de cueillir des herbes dans les haies. Quand on lui avait demandé pourquoi, elle avait répondu : "Je collecte des victuailles pour les crapeaux de ma mère."

Sa mère était considérée comme la dame sage d'Aston, le village voisin. Tapp avait été la voir à cause de ses verrues, et pour sûr elle savait comment s'en débarrasser : avec du suc de couleur orangée, extrait d'une herbe qui pousse en abondance dans le Somerset. Il trouvait que son cottage était un endroit fascinant. Des bouquets d'herbes sèches étaient suspendus aux vieilles poutres en chêne. Des crapauds desséchés, des pots contenant des peaux de serpents réduites en poudre, et des sacs de plumes calcinées garnissaient les étagères. Sur la cheminée, au-dessus d'un foyer large et ouvert, se tenaient de nombreuses et étranges figures d'argile. On pouvait voir, suspendu à l'intérieur même de la cheminée, tellement grande que l'on pouvait y jeter un oeil pour voir le ciel, un assortiment de coeurs d'animaux séchés fichés d'épingles. Le ramoneur du coin en attestait aussi la véracité, étant donné que ces choses mystérieuses étaient enlevées et soigneusement mises de côté pendant qu'il ramonait la cheminée.

Des envoûtements amoureux et des rituels étaient au nombre des étranges activités de la vieille dame. L'un de ces rituels consistait à percer avec une aiguille l'omoplate séchée d'un lapin. Il fallait répéter huit fois l'opération et à chaque fois ce refrain :

Je n'ai pas l'intention de transpercer cet os

Mais par ce moyen, je veux que mon véritable amour pense à moi

Et qu'il ne jouisse ni du repos ni du sommeil

Jusqu'à ce qu'il vienne à moi pour me parler.

 

A la suite de quoi on jetait cet os dans le feu, dans l'attente fébrile du résultat.

Elle faisait aussi commerce de produits de beauté, et il fallait bien reconnaître qu'elle et sa fille Amy avaient un teint sublime, qui n'était pas flétri ni jauni malgré les années, et, chose étonnante, sans une ride. Aujourd'hui encore au village, on applique sur le visage un de ces masques qu'elle a concoctés.

Au fil des ans, j'ai interrogé beaucoup de gens au village, et il semblait qu'Amy Prouse et le loup fantôme étaient, d'une certaine manière, liés. Tapp était persuadé qu'elle était capable de se changer en loup lorsque cela lui convenait. Bien sûr, cela faisait longtemps qu'elle était morte, et les raisons pour lesquelles elle prenait l'apparence d'un loup étaient un mystère, mais, d'après beaucoup de gens, elle se changeait bien en animal, et toujours en loup. Ceux qui en avaient été témoins juraient qu'il était tellement puissant qu'il pouvait même traverser la rivière en marchant sur l'eau.

On m'avait raconté que le loup parcourait en bondissant de nombreux miles à travers le pays, par delà les vallées et les vallons, en partant du village d'Aston, où Amy Prouse avait vécu, pour arriver au Green Walk près de chez moi. J'affectionnais tout particulièrement cet endroit de mon jardin. En été, quand il faisait beau, mon ami Tom Turner et moi avions l'habitude d'y passer la nuit. L'endroit était très agréable. Un vaste espace envahi par les herbes, abrité par les branches de chênes, et pas du tout inquiétant. A l'autre bout, se trouvait une vieille bicoque blanchie à la chaux avec un jardin non entretenu, envahi par de hautes herbes. Il était à l'abandon depuis de nombreuses années, car les villageois juraient que l'eau du puits attenant n'était pas bonne. Le rebord du puits était couvert de ronces, et le mécanisme du dessus avait disparu depuis belle lurette.

Le dernier jardinier à avoir habité dans cette bicoque était Ted Prouse, un lointain cousin d'Amy. C'était un gars bizarre et radin, qui vivait seul avec pour seule compagnie Nelly, sa chienne colley. Un soir, cette dernière avait mystérieusement disparu. On ne la retrouva pas, et quelques semaines plus tard, Ted mourut.

Tapp m'avait dit qu'Amy était venue d'Aston pour nettoyer le cottage et emporter le peu de meubles qu'il contenait. Il se souvenait de son père lui parlant de la rage qui s'était emparée d'elle de ne pas trouver d'argent dans la maison, et qu'elle était très ennuyée de n'avoir pu mettre la main sur ce pot d'un litre à trois anses qui lui venait de sa mère.

Un soir d'été de 1912, je buvais un verre avec Tapp et, comme à l'accoutumée, évoquais Amy et sa sorcellerie, lorsque j'émis l'idée, pas si mauvaise d'après moi, de faire du camping au Green Walk. Le temps était au beau, bien qu'un orage semblât se préparer, et qui sait, pensais-je, j'aurais peut-être la chance de voir le loup fantôme. Dès que j'eus fini de boire ma bière, je sortis précipitamment pour aller voir Tom Turner. Il était très content à la perspective de dormir sous la tente pour quelques nuits, et ensemble nous allâmes chercher notre matériel de camping. Nous finîmes par nous installer confortablement pour la nuit, en rabattant vers l'extérieur un côté de la tente. Malgré tout, je ne pouvais pas dormir. Il faisait très chaud, et nous étions à l'étroit. De temps en temps, des éclairs étaient visibles au loin. Des formes gris argenté et noires dansaient sur l'herbe. Non loin de là, un hibou ulula plaintivement.

J'étais couché sur le côté et je regardais par le côté resté ouvert de la tente, lorsque je pris soudainement conscience que quelque chose se déplaçait le long du Green Walk. Ma peau se tendit et mon cuir chevelu fut parcouru de fourmillements. Croyant que je rêvais, je me tournai vers Tom. Il était éveillé lui aussi.

"Tom, regarde", dis-je dans un souffle. "Là, le long de l'allée. Est-ce que ce ne serait pas lui, le loup fantôme ?"

Tom se mit à rire et dit : "Bon Dieu ! J'espère que tu ne crois pas à ces sottises !" Mais en regardant dans la direction que je lui indiquais, la peur lui fit écarquiller les yeux. A cet endroit, s'avançant lentement vers nous et se détachant nettement sur un fond lumineux, il y avait un loup gigantesque. De la salive phosphorescente semblait dégouliner de ses mâchoires. Au fur et à mesure qu'il approchait, une odeur méphitique se répandit dans l'air. Je me mis à réciter à haute voix le Notre Père. Tom ne tarda pas à se joindre à moi. Aux mots de "délivre-nous du mal", il y eut un éclair aveuglant, suivi par un roulement de tonnerre. Au même instant, le loup changea de direction et marcha sur le sentier menant à la maison. Nous pûmes observer une autre silhouette émerger des ronces près de la tête du puits. Elle avait l'aspect macabre d'un vieux colley de couleur grisâtre. Une lutte silencieuse mais des plus horribles s'engagea alors entre le loup et le chien. Ils grognaient, roulaient ensemble et sautaient, tantôt sur la margelle, tantôt autour du puits. A la fin, le loup parut soulever le chien dans les airs, et ce dernier atterrit dans le puits.

Frappés d'horreur, nous vîmes le loup, toujours entouré d'un halo verdâtre, s'éloigner en bondissant vers la chaumière, pour y entrer en traversant la porte.

Un autre éclair mit fin à notre torpeur hébétée. Nous constatâmes que la chaumière avait été foudroyée et qu'elle était déjà la proie des flammes. Le toit de chaume et le bois de construction étaient très secs. Nous enfilâmes à toute vitesse nos pantalons, et courûmes chercher de l'aide. Mais à cette époque, il n'y avait pas de téléphone au village. Lorsqu'enfin les pompiers arrivèrent, il ne restait plus rien de la maison.

Quelques années plus tard, on construisit un autre cottage non loin du site. On rasa le puits, pour en rebâtir un autre. Pendant les travaux, on découvrit dans une des parois du vieux puits, à l'intérieur d'une niche, un curieux pot d'un litre à trois anses, plein de pièces, ainsi que le squelette de ce qui ressemblait à un colley, que l'on repêcha au fond du puits.

Je n'ai jamais eu le courage de dormir de nouveau sur le Green Walk, histoire de voir si le loup s'y promène toujours.

 

Compilé par Fate Magazine 

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 16:20

 

                 

Empreinte supposée du yéti (G) découverte par des Japonais au Dhaulagiri et comparée à une empreinte de pied humain, le 20 octobre (voir ci-dessous)

 

 

SCIENCES - Il se pourrait que le mystère qui entoure l'abominable homme des neiges soit enfin levé...

On l'imagine mi-homme, mi-singe, un être légendaire poilu et griffu. On se souvient des photographies d'empreintes géantes dans la neige, prises dans l'Everest par l'alpiniste britannique Eric Shipton en 1951.
L'abominable homme des neiges vient-il de perdre son mystère?
Mi-ours, mi-ours
D'après un chercheur britannique qui s'est penché sur la question, le yéti serait en réalité le fruit d'un croisement entre un ours polaire et un ours brun. Tout simplement.
Pour en arriver à cette conclusion, Bryan Sykes de l'université d'Oxford, a comparé l'ADN d'animaux non identifiés de l'Himalaya et celui d'un «ancêtre de l'ours polaire».
Et les poils sont formels. «Nous avons trouvé une correspondance génétique totale entre deux échantillons provenant de l'Himalaya et un ancêtre de l'ours polaire», affirme ce jeudi le généticien sur la BBC. Lui-même surpris, il évoque «un résultat passionnant et complètement inattendu».
100% de correspondance
L'ADN des deux créatures de la région de Ladakh en Inde et du Bhoutan correspond donc à 100% avec l'échantillon prélevé sur la mâchoire d'un ours polaire trouvée sur l'archipel norvégien de Svalbard où il a vécu il y a 40.000 ans à 120.000 ans.

Par chance, en levant le voile, Bryan Sykes a créé un nouveau mystère: «cela pourrait dire qu'il y a une sous-espèce d'ours brun dans l'Himalaya qui descend de l'ancêtre de l'ours polaire», s'interroge le scientifique. Autre hypothèse, une hybridation a pu avoir lieu entre l'ours brun et le descendant de l'ours polaire ancestral. «Si son comportement est différent des ours classiques, comme le rapportent des témoins, cela (son caractère hybride) peut être la source du mystère et de la légende», a estimé le scientifique.

 

Publié le 18 octobre 2013

Retrouvez cet article sur 20minutes.fr

 

 

Empreinte supposée du yéti (G) découverte par des Japonais au Dhaulagiri et comparée à une empreinte de pied humain, le 20 octobre

Empreinte supposée du yéti (G) découverte par des Japonais au Dhaulagiri et comparée à une empreinte de pied humain, le 20 octobre

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 16:48

 

Rosa Kuleshova naquit en 1941 à Nijnii Taghil, ville située au coeur de l'Oural, entre Perm et Sverdlovsk. Plusieurs de ses parents étaient atteints de cécité congénitale, et tout naturellement, après son travail scolaire, l'enfant, au cours des longues soirées familiales, apprit à lire le braille avec ses doigts.

Il fut bien vite évident qu'elle possédait un système nerveux et sensoriel extraordinaire, car bien que dotée d'une vue parfaitement normale par ses yeux, elle voyait aussi avec le bout de ses doigts et même par chaque fibre de sa peau.

Une tare héréditaire modifiant les facultés physiologiques était-elle cause de l'anomalie ? Cette tare avait-elle déterminé une sorte de mutation cellulaire ?

C'est ce que pensent les médecins de l'Institut de Neurologie de Moscou qui, en 1963, étudièrent le cas de Rosa Kuleshova, hospitalisée dans leur service pour des crises d'épilepsie.

Le docteur Isaac Goldberg constata avec stupeur que Rosa lisait du bout du doigt (avec le majeur droit), non seulement les caractères brailles imprimés en relief, mais aussi les textes écrits à l'encre ou imprimés sur un livre ou sur un journal.

Des expériences furent effectuées sous le contrôle des médecins de l'Institut, afin de déceler une supercherie.

On banda soigneusement les yeux de la jeune fille. La lecture visuelle ne pouvait s'exercer par l'espace compris entre le foulard et les joues, trucs habituels des illusionnistes.

Rosa, en effleurant chaque ligne avec un doigt, lut d'abord les titres d'un journal disposé devant elle, puis à haute voix, lentement, mais sans marquer de temps d'arrêt, elle déchiffra tout le texte d'un article.

Le test était probant : il n'y avait nulle fraude, mais la plupart des assistants pensa que le doigt intelligent, sensible, tâtait et discernait le relief infime de l'impression par encrage. On plaça une plaque de verre sur le journal et Rosa ne put lire les petits caractères en corps 8 ou 10, mais elle lut parfaitement les gros titres dont les lettres étaient espacées.

Il s'agissait donc bien de vision par la peau et non de sensibilité extrême d'un épiderme doté d'un réseau nerveux exceptionnel.

La preuve devint plus évidente encore quand on présenta au doigt des photos qui furent formellement identifiées.

- Je vois, dit Rosa, des soldats qui marchent sur une place publique. Ils ont des casques et des fusils. Des avions les survolent... Cette autre photo représente des gens qui déjeunent au bord d'une rivière. Sur celle-ci, je vois un homme âgé. Il a une forte moustache et trois décorations sont épinglées sur sa poitrine.

Elle décrivit fidèlement une photo en couleurs, désignant le vert des arbres, le bleu du ciel, le gris et le rouge des costumes.

Des feuilles de papier diversement teintées furent identifiées avec facilité :

- Cette page est bleue... cette page est rose... cette autre jaune, celle-ci blanche, celle-ci noire, marron, verte, rouge.

Avec des lumières projetées sur un écran, le test se révéla aussi probant, le sujet" voyant" non plus avec son doigt, mais sans doute par la peau de son visage et de son corps, de la même façon, mais en plus nuancé, que les vers de terre, naturellement privés d'yeux, distinguent la lumière et les intensités d'éclairement.

D'autres expériences montrèrent que Rosa pouvait lire et voir les couleurs avec le bout de son nez et avec sa langue.

Avec ses doigts de pied, elle lisait aussi couramment qu'avec son majeur droit, effleurant le texte soit avec le gros doigt soit du bout délicat de ses autres orteils.

Ces phénomènes pouvaient s'expliquer de deux manières : ou bien Rosa lisait avec sa peau pourvue de cellules nerveuses inconnues et sensibles à la lumière; ou bien elle "voyait" avec son sensorium, comme les médiums et les voyantes.

De toute façon, un mystérieux inconnu entrait en jeu, soit avec les yeux des cellules de l'épideme, soit avec le Troisième Oeil.

Le cas n'est pas unique et de tout temps des phénomènes semblables furent enregistrés. Dans un hôpital de Bangkok, en Thaïlande, on apprend sous hypnose aux jeunes aveugles à distinguer les contours des objets par réception directe des images-lumière sur la peau des joues.

Les biologistes ne sont pas éloignés de croire que chaque cellule du corps humain est un microcosme comportant en puissance toutes les destinations possibles et toutes les spécialisations fonctionnelles. Sont-ce ces pouvoirs inconnus qu'utilisent certains êtres d'exception monstrueusement développés ou que cultivent les initiés à l'ésotérisme transcendant ?

 

Robert Charroux, Histoire inconnue des hommes depuis cent mille ans

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 15:53

 

Nous étions dans les années 1960, et mes trois filles suivaient les cours au collège de Dunedin. J'étais divorcée et je travaillais à l'extérieur de mon garage en tant que peintre des signes. Cela me permettait de garder un oeil sur les huit à douze adolescents qui viendraient samedi soir pour regarder le "Shock Theater".
La police municipale n'appréciait guère que les garçons ayant une voiture profitent que des emplacements prévus pour se garer étaient inoccupés pour s'y réunir, s'asseyant sur les voitures, buvant du Coca, et mangeant des Twinkies. Elle leur disait toujours de déguerpir et de rentrer chez eux.
Par une nuit exquise, le chef de la bande se pointa et annonça qu'il avait découvert un endroit où les flics ne pourraient pas les surprendre - une vieille route poussiéreuse à sens unique, devenue depuis l'artère principale reliant Dunedin à St-Petersbourg.
Sur ce, les jeunes (nombreux) s'entassèrent dans les quatre voitures, et hop ! les voilà partis. Environ une heure plus tard le chef et sa bande étaient de retour et c'est paniqués qu'ils se garèrent dans la cour.
Le chef prit la parole. Il me montra les éraflures sur le coffre de sa voiture gris métallisé, puis me demanda un crayon et du papier pour chacun d'eux. Ils firent tous le même dessin, et je reconnus celui qu'en avait fait un chercheur d'or, dans un numéro de Fate des années 1940 !
Je les mis en garde et leur racontai comment ce chercheur s'était traîné jusqu'en ville, victime d'un effroyable coup de soleil, et qu'il avait fini par en mourir, après s'être approché de cette créature.
Avec deux amis qui étaient avec moi, j'accompagnai les jeunes jusqu'à cette route pour les voir (il y en avait plusieurs). Ce fut le début d'une période très étrange de ma vie, s'étalant sur deux semaines. Nous téléphonâmes à la base aérienne de Mac Gill à Tampa, mais on ne voulut rien savoir. Les autres parents refusèrent de voir par eux-mêmes ces entités, qui se déplaçaient en flottant depuis les nombreux pins bordant la route, le soir entre 21 h 45 et 22 h, puis disparaissaient dans un champ où se trouvait un troupeau de vaches laitières. Nous rencontrâmes enfin un groupe de personnes qui guettaient l'apparition d'ovnis, mais si elles étaient d'accord, aucune d'elles ne voulait sortir de sa voiture.
Le lendemain soir, nous vîmes trois soucoupes. La première était dans le ciel, pendant qu'une deuxième s'élevait depuis le champ où elle s'était posée avec une troisième. Cette dernière s'élança dans le ciel enveloppée d'une immense flamme. Elles disparurent toutes trois dans le ciel au-dessus du Golfe du Mexique.
Je cherchai à savoir si d'autres avaient été témoins, et j'appris qu'une vache qui broutait s'était quasiment liquéfiée, et qu'une femme avait fait une crise d'hystérie, au point qu'on l'avait admise dans un hôpital psychiatrique où elle mit deux semaines à se remettre. Fort heureusement cette fois, les garçons furent très prudents, et personne ne fut blessé, bien que ces "monstres aux yeux verts" nous aient tracassés pendant longtemps.
 
Grace Kerin, Dunedin, Floride, juin 1992
Compilé par Fate Magazine

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 14:27

 

Mon père Louis Virden était sergent-chef à la Signal Corp., au Texas. En 1943, il fut muté à Hattiesburg, dans l'état du Mississipi. Lui et ma mère Maurine, mes frères Louis et George, et moi-même, âgés respectivement de 12, 6, et 9 ans, habitions dans un quartier réservé aux militaires et leurs familles. Nous menions donc, pendant les années de guerre, une vie considérée comme normale. Toutefois, il se produisit quelques mois plus tard un incident qui était tout sauf normal.
Au milieu d'une froide nuit de novembre, nous fûmes réveillés par les cris hystériques de Mère. Notre père étant de garde, nous, les trois garçons, nous efforçâmes de la calmer, mais elle n'arrêtait pas de dire en sanglotant : "Son visage était vert, vert, je vous assure !"
Nous étions sur le point de lui poser la question : "Le visage de qui ?", lorsque l'air fut ébranlé par la détonation d'un fusil de chasse de calibre 12. Nous sortîmes en courant dans la nuit glacée pour voir notre voisin d'à-côté, un homme chauve qui n'était autre que le sergent Thorne, tenant un fusil encore fumant à la main. Il avait tiré sur ce qu'il prenait pour un rôdeur et donc la cause des hurlements de ma mère. Il répétait : "Je l'ai touché. Je sais que je l'ai touché en plein dans le dos, mais il a continué à courir !"
Quelqu'un arriva muni d'une lampe de poche, et tous, nous marchâmes dans la direction prise par cet intrus, jusqu'à l'autoroute qui traverse Mc Lauren. Et là, sur l'asphalte, on pouvait voir de grandes éclaboussures de sang jaune !
Nous n'étions pas loin de croire que ce quelque chose qui avait affolé ma mère n'avait rien à voir avec un simple rôdeur, avec son visage vert et hideux. Bien qu'on eût vidé le chargeur d'un fusil de calibre 12 sur son dos, cela ne l'avait pas empêché de courir, et comme si ça ne suffisait pas, il y avait ce sang de couleur jaune ! Je crois que les adultes avaient tout aussi peur que nous, les enfants.
Le sergent Thorne demanda à ma mère, qui s'était quelque peu calmée, comment elle en était venue à voir l'intrus. Elle força ses trois garçons, qui ne cessaient de jacasser, à entrer dans la cabane, mais à travers les murs peu épais, nous pûmes l'entendre raconter ce qui s'était passé.
Elle avait été réveillée car on tambourinait très fort à la porte d'entrée. Elle se leva pour aller répondre, mais lorsqu'elle tira le rideau pour voir au dehors, il n'y avait personne. A ce moment-là, elle entendit frapper à la porte de derrière. Se dirigeant de ce côté-là, elle entendit de nouveau qu'on frappait fort, à la porte de devant ! Au comble de l'exaspération, et pensant que quelqu'un était en train de lui jouer des tours, elle revint sur ses pas et tira d'un coup sec le rideau.
Et là elle vit, à travers la fenêtre, non pas un être humain, mais une créature qui ressemblait à un homme, au visage vert et brillant ! Ce visage plein de haine, venu d'un autre monde, l'avait choquée au point qu'elle avait eu une crise de nerfs.
Plus jamais l'on ne revit cet "homme" effrayant venu d'ailleurs. Mais longtemps après la petite communauté avait toujours peur. Se basant sur la description de Mère et le témoignage de ceux qui avaient vu le sang jaune, tout le monde était convaincu qu'un être venu d'un autre monde avait rendu visite à notre communauté. Aujourd'hui encore, si on lui demande de parler de cette nuit, Mère dira avec effroi : "Son visage était vert, vert, je vous assure !"

J. Russel Virden, Arcadia, Californie, février 1970.
Compilé par Fate Magazine

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 17:18

 


Programme des premières Rencontres du Mystère et de l'Inexpliqué :

http://www.bob-toutelaverite.fr/1eres-rencontres-du-mystere-et-de-l-inexplique_a1543.html
 

Il faut retenir son pass dès maintenant, le nombre de places étant limité, et ses places pour les conférences qui nous intéressent.
Merci.

Aline

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 17:25

 

Cette journée d'octobre 1910 était plutôt maussade. On m'avait confié la garde de ma petite soeur pendant que mes parents étaient allés au verger, situé à une dizaine de miles de notre petite maison à Earlington, dans l'état de Washington.

Je regardai mon père conduire la charrette et s'éloigner, me sentant seule et à l'écart. La cueillette des pommes dans notre communauté était l'évènement de l'année et j'y avais toujours pris part. Mère avait hésité à emmener la petite Susan aux cheveux carotte car il faisait mauvais temps. Cela signifiait que je devais la garder au lieu de m'amuser, et pire encore, être privée de poulet rôti et d'autres bonnes choses qu'on aurait disposées sur les tréteaux à l'ombre des pommiers.

Mère m'avait laissé une longue liste de corvées, et ses dernières paroles furent : "Prends bien soin de Susan, et allume un bon feu dans le poële de la cuisine de sorte que je puisse me mettre à table sitôt rentrée." Puis après une tape affectueuse elle monta aux côtés de Papa et de mes plus jeunes frères et peu après, je les perdis de vue.

Le temps passait vite à m'acquitter de toutes ces corvées, et bientôt je n'avais plus rien à faire. Il ne me restait plus qu'à m'asseoir et attendre le retour de la charrette en surveillant la route. Cette journée semblait ne jamais finir. La maison paraissait vide et lugubre, et des ombres noires étaient tapies dans tous les coins. Il se mit à pleuvoir et à 16 h 30 il commençait à faire sombre. Je pris Susan dans mes bras et rentrai à la maison pour m'asseoir dans la cuisine près du poële. Je la serrais dans mes bras, et me berçais, d'avant en arrière, attendant impatiemment le retour de la grande charrette. Même la lumière de la lampe à kérosène ne parvenait pas à dissiper la morosité qui avait envahi la pièce. Je ne pouvais pas m'ôter cette idée de ma jeune tête que quelque chose de terrible allait arriver.

Il était déjà 5 heures lorsque j'entendis le crissement familier des roues de la charrette dans l'allée. Puis, me rappelant l'ordre de Mère d'allumer un bon feu, je déposai Susan par terre, et j'entrepris de mettre du bois dans la grille du gros poële. Je levai le couvercle et jetai des morceaux de bois sec sur les braises de charbon. Des flammes jaillirent et juste au moment où je jetais le dernier morceau de bois dans la grille, le cri de quelqu'un à l'agonie s'éleva lentement dans l'air. Les flammes s'élançaient haut au-dessus du poële et l'on y distinguait nettement un visage d'homme, que je reconnus, grimaçant de douleur. Cette apparition demeura visible dans les flammes tout le temps que dura le cri. Ensuite les flammes baissèrent d'intensité, jusqu'à atteindre le niveau de la grille. Incapable du moindre mouvement et devenue muette, je regardais mon père, qui était pâle comme un mort. Il avait entendu et s'était précipité à l'intérieur pour voir ce qui se passait.

Ce fut Mère qui nous ramena à la raison. "Qu'est-ce que tu attends pour rabattre le couvercle, tu veux mettre le feu à la maison ?" ordonna-t-elle. Elle était pâle, elle aussi, car elle avait aussi vu, et reconnu, le visage dans les flammes. Papa s'épongea la figure et rabattit le couvercle. "Il est arrivé quelque chose à Ned", dit-il enfin. "Quelque chose de terrible !"

En ces temps-là, les communications n'allaient pas vite et nous attendîmes près de deux semaines pour avoir des nouvelles de Little Rock (Texas). Oncle Ned Clinkingbeard avait péri dans l'incendie qui avait détruit sa cabane en rondins, le 12 octobre 1910, à 17 heures. L'heure exacte à laquelle nous avions vu son visage dans les flammes de notre poële et entendu ses hurlements d'agonie, à des milliers de miles de là.

 

Kay Norton, Fontana, Californie, septembre 1964

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 15:24

Je me suis toujours passionnée pour les phénomènes d'enlèvements et l'ufologie en général, mais ce fut un fait ô combien étrange qui m'éveilla à une certaine réalité dont je n'ai plus aucune raison de douter.  

Il y a environ trois ans, je vivais à San Francisco. Michael, mon colocataire, affirmait avoir été enlevé tout au long de sa vie. Il racontait que des êtres le traquaient de ville en ville, et peu importe où il habitait, ils continuaient de se manifester, habituellement la nuit. Ils apparaissaient tout d'abord sous la forme d'une lumière brillante, et se matérialisaient ensuite dans sa chambre. D'après ses dires, il avait même été enlevé dans la maison que nous partagions, mais s'il ne m'avait pas parlé de ces visites, c'était de crainte que je ne le prenne pour un fou.

Trois semaines plus tard, une amie vint passer la soirée chez nous. Michael alla se coucher le premier, et ce n'est que deux heures plus tard qu'elle et moi décidâmes d'aller nous coucher pour nous endormir aussitôt.

Soudain, je fus complètement réveillée ! Des lumières d'une brillance exceptionnelle resplendissaient à travers les sombres rideaux de mes trois baies vitrées. Je m'assis bien droite sur mon lit et hurlai : "Les lumières, les lumières, vois-tu les lumières ?" Mon amie, qui dormait profondément à côté de moi, se réveilla et dit : "Quoi ?"

Elle n'avait rien vu, mais elle me dit que j'étais aussi blanche qu'un fantôme. Je lui dis que je m'étais réveillée d'un profond sommeil, comme si, inconsciemment, je me doutais de quelque chose. A ce moment-là, toute la fenêtre s'illumina. Je regardai l'horloge, qui indiquait 2 h 03. Malgré les propos rassurants de mon amie, qui ne se faisait aucun souci, j'eus du mal à me rendormir.

Au matin, je me levai sans bruit, afin de ne pas la déranger, et j'allai à la cuisine me préparer un bol de céréales. Michael était en train de se faire du café. L'air on ne peut plus sérieux, il me dit : "Ils sont venus cette nuit. Je sais bien que pour toi, ce sont des histoires, mais ils sont revenus cette nuit, vers les 2 h."

Je lui fis part de que j'avais vu, non sans avoir failli faire tomber mon bol. Michael était soulagé de voir qu'enfin je le croyais.

Depuis lors, j'ai appris que les personnes se trouvant aux côtés des "abductés" peuvent parfois assister aux évènements.

J'ai évidemment changé d'opinion. Plus que jamais, je crois qu'une intelligence supérieure s'est manifestée cette nuit-là, et je peux, de par mon expérience, étayer les récits des témoins.

 

Lise Milner, Los Angeles, janvier 1997

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 16:30

 

Je suis sûrement venue au monde avec une contrepartie psychique ou un double. Au début je voyais en elle une autre enfant, mais en grandissant, je me rendis compte qu'il y avait quelque chose de bizarre à son sujet. et je commençai à avoir peur.

"Tu te fais des idées, Weenie", me dit ma mère, Vera Williams. "Ca te passera".

Mais pendant les cinq années qui suivirent, je continuais de le voir et cet "autre moi" me faisait peur. Elle surgissait toujours sans crier gare. Elle ne disait jamais rien et disparaissait quelques secondes après.

En 1935, j'avais dix ans et nous vivions dans une petite ferme que nous louions près de Gladewater, au Texas. C'était une ville pétrolière en pleine essor.

Ma mère me mettait régulièrement en garde : "Ne t'aventure pas toute seule dans les champs de melons !" Bien qu'habitant face à l'autoroute, une rangée de plants nous en cachait la vue depuis la maison et beaucoup de vagabonds en profitaient pour se servir.

Mais par une chaude journée de juillet, tandis que ma mère était occupée, je décidai de ne pas attendre d'être accompagnée. Je me dissimulai derrière le poulailler et la grange, de sorte qu'il était impossible à ma mère de me voir avec ma robe rouge vif, et je me glissai à travers les arbres.

Je voyais l'air vibrer en cadence, sous l'effet de la chaleur, au-dessus du sable blanc et du champ de melons. Aucun pépiement d'oiseau. Je décidai d'aller prendre de ces melons qui étaient cultivés à l'ombre d'une rangée de sassafras à l'autre bout du champ. Après avoir repris mon souffle, je courus jusque là-bas, regrettant de ne pas avoir mis des chaussures.

Arrivée dans la plantation, je pris un melon, lorsque j'entendis quelqu'un : "Eh ! Est-ce que je peux acheter ce melon, fillette ?" Un homme grand, portant des vêtements marrons et sales, clopinait vers moi en s'aidant de sa canne. Il s'était probablement caché dans les buissons pour m'épier, à mon insu, pendant que je longeais le chemin, seule.

- Oh, prenez donc un melon, dis-je poliment.

- Mais non, ça ne serait pas bien, répondit-il en s'approchant.

Il fouilla dans sa poche et en sortit une pièce de monnaie.

- Voilà, tiens.

- Non, Monsieur, dis-je, alors qu'il insistait.

Je commençais à reculer.

- C'est mon frère qui s'en charge.

Il se mit à jurer et remit la pièce dans sa poche. Je compris alors, horrifiée, qu'il était un exhibionniste.

J'étais clouée au sol, pétrifiée par la peur. Il leva sa grande canne au-dessus de ma tête. Il était sur le point de me frapper !

Tout à coup, une petite voix s'écria :

- Cours, Weenie, cours !

Derrière cet homme, il y avait une petite fille à la robe rouge vif et aux cheveux blonds : mon double. L'homme se retourna aussitôt, comme s'il avait entendu quelque chose, lui aussi. Ce fut justement ce réflexe qui lui fit manquer sa cible (moi).

Pas le temps de penser, ni de crier. Tandis qu'il brandissait sa canne dans l'intention de me frapper, je me mis à courir. Mes pieds touchaient à peine le sol, esquivant les melons, pendant que je me frayais un passage à travers la plantation. J'avais presqu'atteint l'extrémité de la rangée d'arbres quand mon orteil heurta quelque chose. Je tombai, en m'étalant de tout mon long.

Je rampai sur les genoux et jetant un coup d'oeil derrière moi, je vis une scène étrange. L'homme avait cessé de me poursuivre et frappait l'air de sa canne comme s'il se battait avec quelqu'un. Tandis que je reprenais péniblement mon souffle, il se retourna en un éclair et avec des bonds de géant il regagna la rangée de sassafras.

Une fois sur pieds je courus d'une traite, sans même crier, jusqu'à la maison. Mère finit par comprendre, en dépit de mes sanglots et propos incohérents, qu'on avait tenté de m'agresser.

Nous étions isolés, pas de téléphone, mais étant donné que je n'avais rien, nous attendîmes que mon beau-frère Lonnie Williams revienne de la ville.

Père alla au champ où il put voir les traces de pas et les marques de la canne qui confirmèrent mon histoire, mais comme il fallait s'y attendre, l'inconnu avait filé.

Je ne revis pas mon double avant dix ans. J'étais revenue de l'hôpital où j'avais rendu visite à ma mère. J'allumai la lumière de ma chambre. Et voici que mon double était là, assis sur le bord de mon lit. Elle aussi avait grandi. Elle portait, comme d'habitude, les mêmes vêtements que les miens. Ses mains reposaient sur ses genoux et elle avait au doigt un double de ma bague d'écolière. Je la fixai du regard, et elle disparut. Je ne l'ai plus jamais revue.

 

Florence Sypert, Longview, Texas, août 1975.

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